Page 24 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°9
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n°9
ClUB ENtrEPrENdrE Portrait - Franchisé de Speed Burger
Un burger nommé désir
aPhilippe deberly est arrivé sur le tard dans l’univers de la franchise. aujourd’hui, à 44 ans, il est à la tête de trois emplacements pour Speed Burger. retour sur son investissement personnel et à son sens aigu de l’humain.
u départ, Philippe deberly ne indispensable pour résoudre les pro- se destinait pas vraiment à la blématiques posées par la gestion franchise. après son bac, pen- d’une quinzaine de personnes... C’est
dant qu’il passe son BtS, il travaille une vie trépidante, et j’aime ça », ré-
à mi-temps – tous les week-ends – dans un Macdonald’s qui venait d’ou- vrir sur amiens. « J’avais de bonnes relations avec le responsable, qui me montrait un peu de l’envers du décor : le management, les chiffres... Cela m’a donné l’envie, un jour, d’ouvrir un MacDonald’s », se souvient Phi- lippe. le responsable voulait qu’il reste pour devenir manager, mais Phi- lippe n’a pas choisi cette voie. au lieu de cela, il est parti en école de commerce. Pourtant, il avait pris du plaisir à travailler là-bas, du moins jusqu’à ce qu’une nouvelle équipe ra- tionalise le fonctionnement de l’endroit. En 1993, après l’école de commerce, Philippe arrive sur le marché du tra- vail... et reste neuf mois au chômage ! Ce qui provoque une grosse remise en question, et quand – un peu par ha- sard - l’opportunité se présente d’ouvrir un cabinet de courtage en assurance, il se lance. il y restera 15 ans. Un an et demi après l’ouverture, il rachète le cabinet à son embaucheur d’origine, parti à la retraite. Sans lui déplaire, il sent que quelque chose manque, que ce n’est pas exactement ce qui convient à son caractère.
Les montures atten- dent leurs cow-boys...
sume Philippe. En bref, il faut de la passion. Sinon, cette situation peut très vite devenir un fardeau. les rela- tions avec Speed Burger sont bonnes et franches – « peut-être un peu trop de ma part, je suis quelqu’un d’entier, sourit Philippe. Si j’ai un souci, je n’hésite pas à me manifester ! » Et par ailleurs, il reconnaît volontiers qu’il pourrait avoir des relations plus proches avec les autres franchisés de l’enseigne, mais ce n’est pas vraiment sa façon de procéder.
LE DÉCLIC DE LA FRANCHISE
au fur et à mesure que la routine s’installe, l’envie d’entreprendre se fait plus forte. Et un jour, une oppor- tunité frappe à sa porte : un ami lui parle de Speed Burger. il se renseigne,
lors de la signature du contrat de franchise, Philippe avait déjà manifesté son intention d’ouvrir plusieurs points de vente. Si cela lui a pris – à son sens – plus longtemps qu’il ne l’avait prévu, il ouvre son second magasin à Metz, le 24 juin 2013. Comme pour son pre-
MANAGEMENT DE PROXIMITÉ
Pour manager des enseignes aussi éloi- gnées les unes des autres, Philippe conçoit ses différents emplacements comme des unités autonomes. il s’oc- cupe lui-même de la gestion, car il aime garder un œil sur la santé de l’entreprise : la comptabilité, les rela- tions sociales, celles avec les fournis-
est convaincu, décide d’aller plus loin – et signe, à la fin de l’année 2007, un contrat de franchise avec le réseau de livraison de burgers à domicile. il suit la formation, et ouvre son premier magasin à Nancy, le 15 décembre 2008. « J’ai découvert un nouveau monde, se souvient Philippe. C’était un style de management complètement différent. Cela m’a pris trois, quatre ans pour l’apprivoiser et vraiment ap- préhender les facteurs-clés de suc- cès. »
dans lequel elle se réalise. »
Si le meilleur livreur du monde se présentait devant moi, mais que le contact ne passait pas, il ne serait pas embauché
assez rapidement, le nouvel empla- cement prend son rythme de croisière. les choses s’accélèrent début 2015, Philippe se voit proposer par le président du réseau, Bruno Bourrigault, d’ouvrir un nouveau point de vente à reims. Philippe accepte, l’ouverture ayant eu lieu le 20 octobre dernier.
Cette façon très personnelle de faire les choses se retrouve également dans sa façon d’embaucher. il se fie plus à son instinct qu’à une feuille de sélec- tion. « Je recherche la confiance, ex- plique-t-il. C’est à moi de leur fournir les compétences. » Si ses techniques sont plutôt empiriques, elles marchent : former des équipes soudées est un facteur-clé de succès, et l’aspect humain est important, surtout dans le métier de Speed Burger, où la livraison, pri- mordiale, est avant tout affaire de main-d’œuvre. l’unité et la cohésion sont essentielles. « Si le meilleur livreur du monde se présentait devant moi, mais que le contact ne passait pas, il ne serait pas embauché », sourit Phi- lippe. travailler avec des gens que l’on veut avoir dans son équipe, plutôt que de rechercher la performance pure et dure. de façon évidente, cela marche – « sinon je ne me serais pas vu pro- poser Reims », souligne-t-il. Pour l’avenir, Philippe avoue ne pas être décidé. il ne serait pas contre d’autres magasins, mais sa vie personnelle
mier magasin, il s’est débrouillé seul pour trouver l’emplacement et conduire les opérations nécessaires, mais c’était par choix : Philippe se définit lui- même comme étant quelqu’un qui aime faire les choses par lui-même. il confie la gestion du point de vente de Metz à sa femme, qui vient du monde de la boulangerie - et était donc déjà habituée au contact client et au travail intense – et avait vu les débuts du ma- gasin de Nancy. « Je l’ai un peu em- menée dans mon rêve, au début, re- connaît Philippe. Mais c’est un milieu
seurs... Pour l’instant, l’organisation est un peu déséquilibrée, avec l’ou- verture de reims, mais l’objectif à terme est de consacrer un temps égal à chaque magasin. « La présence phy- sique, sur place, est indispensable, souligne Philippe. Mon rôle est de fixer le cap, et pour cela, je dois être là. » la distance ne lui pose pas de soucis de gestion, car il a intégré ces contraintes dans son style de vie. « Il faut aimer les challenges, se débrouiller pour résoudre des problèmes, et par- dessus tout, il faut aimer l’humain –
pâtir. il est donc dans l’hé-
Speed Burger en chiffres
Créé en 1995, Speed Burger a lancé sa franchise en 2004. Le réseau compte aujourd’hui plus de 48 implantations à travers toute la France.
Droits d'entrée : 12 000 €
Apport personnel : 60 000 € Investissement global : de 180 à 270 000 € CA réalisable après deux ans : 553 355 € Surface moyenne : 100 m2
Redevance fonctionnement : N.C. Redevance publicitaire : 2 %
Royalties : 3 % (les villes de – 70 000 habi- tants) ou 5%
Type de contrat : Franchise
24 déCEMBrE / JaNViEr / FéVriEr
pourrait en.
sitation. Mais une chose est certaine : il ne regrette pas son choix. « En un sens, ce retour au burger, c’est un peu comme si je réalisais mon ambition de jeunesse, réfléchit Philippe. Même si je n’ai jamais directement établi un lien de cause à effet, inconsciemment, cela a dû jouer lorsque je me suis en- gagé... »
Jean-Marie Benoist


































































































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