Page 14 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°5
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n°5
CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée
Soins à petits prix
Les bas tarifs sont apparus dans la franchise, dans les secteurs de la coiffure et de la beauté notamment. Avec ses coupes à dix euros dans des gares ou supermarchés, Beauty Bubble espère bousculer le marché. Esthetic Center mise sur une tarification agressive sans rogner sur le confort. Focus sur deux stratégies qui rebondissent sur la baisse du pouvoir d'achat.
Pouvez-vous me présenter votre activité en quelques mots ? NL : L’idée est de proposer des séances de coiffure express dans des lieux à fort trafic. Il s’agit de coiffure à sec en une dizaine de minutes, avec coupe ou brushing. Nous ne faisons rien de compliqué : pas de
à dix euros au lieu du tarif normal font une sacrée différence dans un budget de rentrée. C’est pour cette raison que les grandes surfaces ont été sensibilisées à notre aventure.
DM : Notre positionnement reste la qualité à prix doux. Nous sommes sur des prix tout à fait attractifs. Sur l’épilation par exemple, une
véritables cabines fermées où chaque personne bénéficie de son confort. Musique d’ambiance, lumières tamisées, lits de travail...
Comment défendez-vous votre image tout en communiquant sur des prix bas ?
NL : Notre stratégie est de démontrer notre profession-
nalisme. Dans nos salons, nos clients ne sont pas cachés dans le fond, tout le monde peut voir ce qui s’y passe. C’est le principe de nos « bulles ». Si vous voyez une femme entrer chez nous avec le cheveu triste et ressortir avec une belle coupe, vous avez envie d’entrer. Nous créons un achat d’impulsion. De toute façon, nous n’avons pas le choix : notre modèle low- cost nous impose d’avoir un très grand nombre de consommateurs. C’est pourquoi nous nous positionnons dans les gares, les métros, les aéroports, et même à l’intérieur des
rayons beauté de certains supermarchés.
DM : Notre modèle repose sur des prix bas, mais il n’est pas question de faire du low- cost. Notre politique tarifaire n’entache pas notre réputation, au contraire. Aujourd’hui, pour nous, la formation continue de nos équipes est un élément primordial. L’esthéticienne
diplômée a un rôle décisif sur la fidélisation des clients. Tous les diplômes sont d’ailleurs affichés dans nos magasins. Nous sommes très en avance sur nos concur- rents sur un certain nombre de points, comme les machines que nous utilisons. Nous intégrons des technologies spécifiques pour les cures d’amincis- sement, la beauté du visage, etc.
Pourquoi le choix de la franchise ?
NL : La première franchise a ouvert il y a trois ans. Aujourd’hui, un peu moins de la moitié de notre réseau
est développé sous cette forme. Pour l’heure, nos points de vente gérés en franchise sont ceux qui se trouvent dans les rayons beauté des grandes surfaces. Ils sont moins lourds à installer que ceux que nous plaçons dans des stations de métro ou des gares de RER. Un franchisé est plus proche du terrain, à la fois pour connaître sa clientèle et pour
sont très efficaces pour gérer du personnel. Si trois esthéticiennes tombent malades le même jour, par exemple, la situation est très difficile à gérer à distance. Le franchisé, lui, est présent, il peut résoudre les problèmes. Ce serait différent si nous étions sur un métier de produit. Pour nous, l’humain est important. C’est pour cette raison que nous proposons des formations en permanence.
Avez-vous des difficultés à recruter des franchisés ?
NL : La conjoncture n’est pas bonne, donc le recrutement est plus difficile. Etre entrepreneur n’est pas facile aujourd’hui, et cela se sait. Les gens qui se tournent vers nous ont généralement une expérience en entreprise. Ils peuvent venir de l’univers de la coiffure, mais pas obligatoirement. L’objectif est d’encadrer des équipes, et il est parfaitement envisageable de gérer une boutique sans être coiffeur. Beaucoup de gens viennent nous voir parce qu’ils sont convaincus que le low-cost a vraiment un avenir. Nous avons aussi des coiffeurs qui se sont rendu compte que le marché du milieu de gamme
coloration, par exemple.
DM : Esthetic Center est un réseau de salons d’esthétique et de beauté, qui regroupe principalement quatre activités : épilation, soin du corps et du visage, beauté des mains et bronzage. Nos instituts emploient des esthéticiennes diplômées. C’est une obligation, puisque nous utilisons des machines high-tech qui nécessitent une formation.
Quel est votre positionnement par rapport à vos concurrents ?
NL : Nous appliquons le modèle low-cost à la coiffure, en éliminant une série de coûts superflus, ce qui nous permet de proposer des coupes à dix euros. Nous supprimons tout ce qui n’est pas indispensable au consommateur. Par exemple, pas besoin d’être diplômé de coiffure pour se laver les cheveux soi-même, donc nous ne proposons pas de shampoing. En revanche le coup de ciseau du professionnel ne peut être reproduit par le consommateur lui-même, donc nous le gardons. Je suis tenté de faire une comparaison avec Easyjet : la sécurité de l’avion et la formation des pilotes est un élément clé, en revanche, la distribution de magazines et les boissons offertes à bord ne sont pas essentielles. Il faut bien trouver une solution à l’esprit de crise qui règne en France : si vous avez deux enfants, deux coupes
zone coûte à partir de 4,90 euros chez nous, ce qui est tout à fait accessible : notre but est de démocratiser l’accès à la beauté pour tous. Nous essayons surtout de proposer des formules pratiques pour nos clientes et nos clients. Nous avons par exemple un club proposant un abonnement mensuel de 9,90 euros par mois, ce qui donne au client le droit à des remises de 30 à 70% sur les prestations. C’est ce qui va le fidéliser, et l’inciter à revenir plus souvent. Nous associons cette politique de prix à un cadre de bien-être dans nos salons : nous proposons de
manager des équipes. Un patron de franchise est avant tout un patron : il peut accepter un client à 18h45 alors que le magasin ferme à 19h, parce qu’il sait que c’est dans son intérêt. Ce modèle nous permet aussi de nous développer plus rapidement.
DM : Nous travaillons dans le secteur des services. Qui dit services, dit beaucoup d’humain. Cela nécessite des structures d’encadrement performantes. Une filiale représente une organisation très importante, très lourde au niveau de la structure. En revanche, les franchisés
n’était pas en forme.
Nombre de salariés : 25
Chiffre d'affaires : 35 millions d'euros
Dominique Munier
Nombre de salariés : N/C
Chiffre d'affaires : Quelques dizaines de millions d'euros
Nicolas Langer
Fondateur de Beauty Bubble, 31 ans Nicolas Langer commence sa carrière chez L'Oréal Mini bio : Après un passage chez L'Oréal et Coty à New York, puis chez Cavaillès, Nicolas Langer décide de créer Beauty Bubble. En 2010, à moins de 30 ans, il dé- cide de se lancer, toujours dans le domaine de la beauté, et crée l'enseigne Beauty Bubble. Un an plus tard, la franchise est lancée. Aujourd'hui, son objectif est d'at- teindre 200 sites d'ici à la fin de l'année.
© DR
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Directeur Général d’Esthetic Center, 53 ans
Sorti des études avec un simple diplôme de gestion en poche, Dominique Mu- nier se présente comme un autodidacte. Il travaille de 1991 à 2000 chez Deneu- ville en tant que directeur commercial, puis enchaîne les expériences comme directeur général : cinq ans chez Jardin des Fleurs, six ans chez Monceau Fleurs et trois ans chez Troc.com, jusqu'à son arrivée cette année chez Esthetic Center. En 24 ans de carrière, il estime avoir côtoyé près de 1 000 franchisés.
14 DÉCEMBRE / JANVIER / FÉVRIER
DM : Nous avons toujours plusieurs centaines de candidats par an. La mauvaise conjoncture a pour conséquence qu’il nous faut faire un tri. Le vrai problème n’est pas de trouver des candidats, mais de convaincre les banques. Elles disent qu’elles veulent prêter de l’argent, mais restent très frileuses, imposant de tels critères qu’il est très difficile de débloquer les fonds nécessaires. Trouver le bon local au bon prix est également une vraie problématique. De nombreux

