Page 32 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°9
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n°9
ClUB ENtrEPrENdrE Zoom secteur - Restauration rapide
lBurgers et Bagels mettent les bouchées doubles
acteurs nombreux, marché créatif, chiffre d’affaires en hausse constante. Et les gagnants sont...
es chiffres ne disent jamais tranché sur son environnement : « C’est actionnaire majoritaire de Quick. Et si d’implantation qui m’assurait de ne toute la vérité sur une situation. un marché qui bouge beaucoup. Il y a d’aucuns demeurent circonspects face pas voir une autre boutique dans la ils peuvent même parfois mentir. cinq ou six ans, nous étions considérés à l’investissement du géant US pour même ville, donc de rendre le lieu assez
Mais certains sont tout de même évo- comme les voyous de la restauration prendre le contrôle des quelque 500 unique. En fait, cette très jeune franchise
cateurs : avec 23 réseaux supplémen- taires en 2014 par rapport à l’année précédente, près de 400 nouveaux fran- chisés (pour un total de 4 837 !), un Ca de 4,21 milliards d’euros (soit + 400 millions en un an), ceux, officiels, fournis par la Fédération Française de la Franchise ne font en effet que souli- gner, années après années, la croissance ininterrompue de ce secteur ultra-créatif. « Un jour, le dessert sera dans le sand- wich », plaisante abdel, gérant d’un Panier Sympa dans un quartier parisien. Un marché pour le moins paradoxal à l’heure des messages anti-malbouffe, où le traditionnel jambon-fromage, s’il demeure une valeur sûre, se laise dis- tancer par les burgers.
avec nos burgers. Aujourd’hui, celui qui n’en propose pas à sa carte est un
Quick (on parle d’un milliard d’euros), nombreux sont aussi les professionnels
m’a agréablement surpris par son or- ganisation, sa réactivité, son engagement et son suivi, y compris lors des deux semaines de formation. » Une entreprise créée en 2011 qui comptera bientôt 16 points de vente (toulouse, Montpellier et Paris 9e sont sur le point d’ouvrir). Quant aux limites du mono-produit, la question figurait en bonne place sur le document de cadrage de Nicolas au moment de rencontrer ses futurs parte- naires : « Ils avaient déjà la réponse avec une offre de soupes et de bagels chauds à l’entrée de l’hiver, ainsi que des projets de salades pour l’été. Bref, un modèle déjà très bien pensé, attractif mais également flexible. »
UN BURGER PEUT EN CACHER UN AUTRE
Si les coffee shops (Columbus, Café & Co, Comptoir del Gusto, Segafredo, Starbucks) tirent bien leur épingle du jeu mais demeurent, positionnement oblige, limités sur leur offre de restau- ration, le reste des enseignes du secteur se sont toutes converties, ou presque, au burger. En fin d’année 2014, le ca- binet territoires et Marketing avait éva- lué à 75% la part des restaurants (tra- ditionnels et restauration rapide) l’ayant intégré à leur carte pour près d’un mil- liard de burgers vendus chaque année en France, soit une croissance de 10% par rapport à l’année précédente. Une
Quel que soit le style de cuisine, le plat vient toujours plus vite...
idiot ! Le nombre d’enseignes, en fran- chise ou en indépendants, se multiplie, et les leaders américains ont de grandes ambitions. Mais, selon moi, cet essor va rester cantonné aux plus grandes villes de France. Il ne faut pas oublier non plus que ce sont des investissements énormes pour lesquels la rentabilité n’est pas toujours au rendez-vous. L’emballage est joli, mais il faut des managers, des patrons pour faire tourner la boutique ». Plus que jamais dans ces moments où les banques demandent trois fois plus d’apport personnel que
UNE GREEN FOOD
À SUIVRE
Si la sandwicherie classique (les Subway, Point Chaud, Pomme de pain, lina’s, la Mie Câline la Croissanterie, Cœur de Blé, Brioche dorée...) et la pizza (Pizza Sprint, Speed rabbit Pizza, Pizza Hut, la Boîte à Pizza domino’s Pizza, le Kiosque à Pizza...) font toujours recette, l’offre « 100% frais » des salad bars participe à la lutte générale contre « des kebabs de quartier clairement moins contrôlés que nous sur le plan de l’hygiène, qui nous font un peu mal même si cela est en train de changer », souligne Bruno Bourrigault. Mieux, la green food, plus qu’une mode ou un effet d’aubaine, devient de plus en plus une nécessité. Et certains s’y font re- marquer. C’est le cas de Green is Better, un concept français comme ne l’indique pas son nom, qui compte une dizaine de points de vente en franchise six ans
Il y a cinq ou six ans, nous étions les voyous de la restauration avec nos burgers. Ce n’est plus le cas
LE BAGEL VEUT FAIRE
SON TROU
il est le sandwich à la mode : le bagel, ce petit pain ferme au levain naturel. Sur ce créneau où le leader US Brueg- ger’s vient d’ouvrir un premier point de vente à toulouse, et qui compte une petite dizaine d’enseignes avec les Ba- gelstein, Bagel Chef, Best Bagels ou encore Factory&Co, le petit français Bagel Corner, créé en 2011, se fait par- ticulièrement remarquer. installé depuis cet été à la rochelle entre un Macdo et un restaurant la Boucherie, Nicolas roudge, par ailleurs franchisé Monceau Fleurs depuis plus de 10 ans, résume le marché et sa satisfaction à servir du bon : « Nos bagels sont préparés et consommés dans un délai de deux heures. Cela a forcément un impact sur le goût. Ce que j’ai trouvé aussi chez Bagel Corner, c’est une stratégie
ment, et mise aussi sur
d’expérience à y voir plutôt le gobelet à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Bruno Bourrigault, 20 ans d’expérience dont 11 en franchise ne voyait que cette issue : « Il n’y a clairement pas la place pour un 3e gros opérateur comme Burger King. Cela ne peut finir qu’ainsi ». Peut-être pas une si mauvaise nouvelle donc pour Speed Burger, Big Fernand et autre Mythic Burger.
burgermania qui profite autant à la res- tauration rapide qu’à la restauration traditionnelle, pour des produits où c’est avant tout la qualité qui fait la différence, obligeant le secteur à se tourner vers le frais et à le revendiquer avec, pour effet, d’augmenter le niveau général. Bruno Bourrigault, fondateur de Speed Burger, vient d’ouvrir son 50e point de vente. Spécialiste du burger depuis toujours et réalisant 90% de son Ca en livraison, il pose un regard
32 déCEMBrE / JaNViEr / FéVriEr
par le passé, l’homme est au cœur du commerce. les franchiseurs sont donc prudents sur leurs investissements et ne se livrent surtout pas à de nouvelles « courses à l’armement ». En effet, outre la pléthore d’offre aux consom- mateurs et au candidat à la franchise dans ce secteur, l’offensive de Burger King, revenu en France en 2013, pourrait rebattre les cartes. l’américain est en effet entré en négociations exclusives fin septembre avec le groupe Bertrand,
après son lance.
son service livraison. « Vous commandez votre salade, nous vous la livrons ». itou pour ankka, lancé en 2010 pour une consommation sur place ou à em- porter, d’une salade composée devant le client avec comme adN commun une qualité de produits qui fait écho au bien manger. Un positionnement à suivre de près.
Olivier Remy

