Page 30 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°9
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n°9
ClUB ENtrEPrENdrE Zoom secteur - Hôtellerie
Chaînes en or qui brillent
Que celui qui n’en a jamais abusé jette la première pierre...
question chez nous de catégoriser les clients selon leur niveau de contribution, argumente Arnaud Lemonnier. Notre ambition est de pouvoir recevoir trois ouvriers en camionnette et un patron en A6 qui a les moyens mais qui vient chez nous parce qu’il s’y sent bien. Nous vendons du sommeil, nous sommes donc d’abord jugés sur la literie pour laquelle nous avons signé un partenariat exclusif avec Bultex, comme nous en avons un avec Drouault pour nos oreil- lers. Au début, cela a fait sourire la profession, mais B&B s’est de plus en plus rapproché du « back to basics », c’est-à-dire confort, propreté et ac- cueil. » avec un vrai service qui a fait la différence : l’enseigne a investi près de 3 M€ dans la fibre ces dernières années pour que 80% de son parc pro- pose 100Mo de débit. Un wifi déjà gratuit depuis plus de 10 ans dans les salles de petit déjeuner et à la réception. « Un indispensable. Aujourd’hui, s’il y a un problème d’eau chaude quelques minutes dans un hôtel, les gens vont dîner et prennent leur douche ensuite. Si vous avez une coupure de wifi, c’est une marée humaine à la réception dans les 10 minutes ! » autre enseigne, mais stratégie semblable chez akena avec ses offres City et Soft. Ce chal- lenger qui a de l’appétit comptera 30 hôtels en fin d’année dans l’Hexagone.
« 30% moins cher qu’Ibis Rouge, mais avec le même service que chez les Bal- ladins ou Choice Hotels (Quality Cla- rion, Comfort) ». Marc Plisson rentre d’un voyage aux états-Unis les valises pleines d’idées : « D’abord le Thinking outside the box, voir les choses avec une perspective nouvelle, regarder la concurrence, sortir de son hôtel. Cela m’a permis de constater que les services y sont poussés à l’extrême : du wifi partout et en haut débit, des prises USB, des chargeurs pour iPhone, mais aussi une expertise dans le suivi et la relation client. Du mail une semaine avant votre arrivée à celui de bienvenue 24h avant la nuitée, des check in et check out simplifiés, l’invitation à don- ner votre avis sur Trip Advisor, en ré- pondant systématiquement aux avis pour ne pas les subir mais en faire un atout, sans attendre que le client fasse les choses. C’est l’enseigne qui vient à lui.» Chez akena on réfléchit, en même temps que la chaîne amplifie sa stratégie d’affiliation auprès des indé- pendants pour atteindre les 40 hôtels d’ici deux ans, à « l’offre juste pour les commerciaux la semaine, Canal+ et BeINSports pour les grandes affiches de foot et, pourquoi pas, une télévision plus grande et une Playstation pour les familles le week-end, le tout pour 60-75€, le prix moyen chez nous. »
ème
U n 233 hôtel B&B à alès
de 400 chambres à disneyland Paris en décembre, 135 unités supplé- mentaires dont la moitié en franchise sur le secteur économique revendiqué fin août par accorHôtels (Formule 1, ibis, ibis Budget, ibis Styles...), et louvre Hôtels (Première Classe, Cam- panile, Kyriad...) racheté par un fonds d’investissement chinois pour 1,3 Mds d’euros en mars dernier pour devenir un géant mondial. Et de l’autre côté, les quelques 83% d’hôteliers indépen- dants français, de petite capacité « avec 26 chambres en moyenne » selon Coach omnium dans son Panorama 2015 de l’hôtellerie en France, qui pose un problème récurrent de renta- bilité, « sachant qu’en dessous de 35 à 45 chambres (et 50 à 60 en hôtellerie super-économique), il est difficile de s’y retrouver », expose la même étude. des indépendants qui ne doivent leur survie qu’à leur capacité à réinvestir (lourdement) dans leurs équipements, pour faire face aux nouvelles normes de sécurité et d’accessibilité. alors, si certains ont grappillé une étoile lors de la réforme du classement actée en 2012 (les fameux nouveaux panneaux rouge et argent), leur permettant de maintenir voire d’augmenter leurs tarifs, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. le Comité pour la modernisation de l’Hôtellerie et du tourisme Français estime en effet que près d’un hôtel français classé sur quatre est vieillot, voire vétuste et qu’un tiers est à bout de souffle, sans compter les quelque 1
30 déCEMBrE / JaNViEr / FéVriEr
700 qui ont disparu depuis 2010. Bref, les petits qui n’ont pas fait le choix d’une affiliation, sont pour beaucoup englués dans de lourdes charges fixes d’exploitation avec des taux d’occu- pation (to) aléatoires, eux qui ont aussi dû se battre contre les ota (Boo- king, accorhotels, hotels.com...) pour préserver leur indépendance tarifaire vis à vis de plateformes qui font désormais référence en lieu et place des étoiles.
cet été, avant un établissement
17 000 hôtels en France pour un chiffre d’affaires annuel 15,8 milliards d’euros. Si les indépendants du secteur souffrent, les chaînes, elles, sont offensives...
PAS DE SINISTROSE !
« Un marché aphasique, poussié- reux ? J’ai rarement vu un appétit tel des investisseurs et des family office. Pas seulement sur l’aspect immobilier
Mail une semaine avant votre arrivée, 24h avant la nuitée, invitation à donner votre avis sur Trip Advisor... L’enseigne vient à vous
QUID DE L’ÉCONOMIE GRISE ?
l’Union des Métiers et des industries de l’Hôtellerie (UMiH) a déclaré « com- bat prioritaire » la lutte contre la location entre particuliers via airbnb notamment, jugeant « cette concurrence directe déloyale et qui fausse complè- tement le marché ». Pour arnaud le-
ou pour des raisons fiscales, mais parce qu’il existe un réel dynamisme dans notre secteur », réagit arnaud lemonnier, directeur de la franchise B&B qui représente 340 hôtels en Eu- rope dont 230 en France. Un groupe ambitieux qui ouvre en centre-ville comme en périphérie, en construction comme en reprise, cette dernière lui offrant, ainsi qu’aux autres, l’énorme avantage de ne pas avoir à attendre deux ou trois ans entre la validation du projet et l’ouverture. Un acteur solide qui a fait le choix de la mono- marque et du monoproduit, au contraire des géants accor et louvre. « Pas
Marc Plisson, dG du groupe depuis avril dernier, détaille la valeur ajoutée de l’enseigne : « nous amenons une dynamique et l’outil commercial, de l’expertise dans la e-distribution et le e-management, une proximité et un accompagnement qui nous conduisent à être deux à trois jours par semaine quatre sur le terrain... Tout cela, c’est un regard nouveau aussi pour des hô- teliers qui se sentent parfois un peu seuls ou ont pu voir leur TO s’effon- drer. » Pas plus de recette magique chez ce professionnel qui opère un re- positionnement du low cost vers l’éco- nochic, avec pour ambition d’être
B), attention à ne pas se
monnier (B&.
tromper d’objectif : « je vois aujourd’hui que l’on veut obliger les particuliers à déclarer leurs locations, leur imposer des normes, les obliger à proposer un minimum de six nuitées... Soyons d’abord exigeants avec nous-mêmes ! De la contrainte nait le talent, alors soyons bons et les clients viendront chez nous. »
Olivier Remy


































































































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