Page 36 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°5
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n°5
CLUB ENTREPRENDRE Saga - Cash Express
Quand l’occasion se présente...
DVendre ou acheter en cash des produits de deuxième main... Un métier à part, qui a contraint l’enseigne historique à mettre la clé sous la porte. L’un des anciens franchisés a alors créé son propre réseau. C’était il y a 13 ans...
es DVD, des Blu-ray LE CONCEPT DE rence à l’ovalie : « Jean-Pierre des enseignes d’achat-vente, et des jeux vidéo ven- FRANCHISE DURABLE Rives (Ancien capitaine du XV dont l’atout maître de la garantie, dus en millions d’exem- Cash Express veut aussi entrer de France, NDLR) a dit : « Le portée de trois à six mois en oc-
plaires, des centaines de milliers dans l’éco-responsabilité et crée, rugby, c’est une histoire tobre. De quoi montrer son dy-
de smartphones, d’ordinateurs et de tablettes, des guitares, des boîtiers photo, des téléviseurs, des montres... Quelque 8 mil- lions d’objets ont transité par les 110 magasins du réseau... Le CA de Cash Express s’est élevé à 80 M€ en 2013, avec une pro- gression de 4%. Mais plus que ces chiffres, ce qui fait la fierté de Roger Beille, fondateur de la marque, est la création de 650 emplois depuis toutes ces années. Une satisfaction pour cet ancien militant de lutte ouvrière, redou- table businessman qui fait pourtant planer un esprit de camaraderie.
aux côtés d’autres enseignes comme Monceau Fleurs ou Yves Rocher, le club « Génération Responsable ». Une intention écologique pour un argument économique majeur. Donner une deuxième (voir une troi- sième, une quatrième...) vie au produit, afficher son souci d’em- preinte écologique avec des éclairages basse consommation, des bacs de recyclages pour les piles, les téléphones, les car- touches... Tout cela fait écho chez une population jeune au point de devenir un slogan en façade des magasins : « Cash Express, l’éco réflexe ». Une « franchise durable » tant du point de vue de son éco respon- sabilité que de sa propre his- toire... Le nouveau format de magasin lancé en 2011 emmène le groupe jusqu’à sa 100e ou- verture en 2013. Le profil des candidats ? Roger Beille fait confiance à son feeling, lui qui a pour habitude de recevoir les franchisés potentiels une journée entière dans son bureau. Pour parler de leur business plan, mais surtout de la vie. « Il n’y a pas un seul profil de candidat. Il faut d’abord être un bon com- merçant, c’est-à-dire aimer les autres, considérer les gens et les écouter. Avé (sic) du prag- matisme et de la confiance en soi pour affronter les obstacles » explique ce patron chemise ou- verte, voix rocailleuse et accent catalan qui fait volontiers réfé-
SLes causes de nullité du contrat de franchise passées en revue...
L’EMPREINTE
D’UN PATRON ICONOCLASTE
Fils d’ouvrier né à Palau-del- Vidre près de Perpignan, Roger Beille a quitté l’école à 14 ans. On le retrouvera quelques mois plus tard plus jeune cheminot de France, militant aux côtés d’Ar- lette Laguiller dans le Paris de mai 68, avant d’entrer dans la grande distribution comme sta- giaire chez Métro. Le commerce a alors trouvé un client. Directeur d’un des plus grands
C’est toujours celui qui donne le billet qui est le plus crispé...
L’ARGUMENT CHOC DE LA GARANTIE
La franchise déploie désormais une stratégie sur deux formats de magasins, le premium de plus de 150m2 dans les villes de plus de 50 000 habitants, celui de proximité pour les villes de moindre importance. Une activité particulière où le fran- chiseur n’est pas fournisseur de ses franchisés. « Il n’existe pas de centrale d’achats, la notion d’échange et de service prend tout son sens et il faut rester à l’écoute », insiste Roger Beille à chacune de ses interventions, notamment lors des formations des néo-franchisés (350h en tout) qui découvrent un modèle qui a fait ses preuve grâce à un élément fondamental : l’achat. En les additionnant (80% aux particuliers, 20% de neuf) et en vendant au bon prix, les stocks tournent. Avec 20% de marge sur les téléphones, 200% sur un DVD, le modèle repose sur une marge moyenne de 50% ! Et il est désormais dupliqué à l’in- ternational sous forme de Master Franchise, en Belgique et au Portugal, avec les mêmes recettes que celles qui ont permis au groupe de devenir le n°1 français
siste, comme 91 autres magasins, à la liquidation de la franchise australienne moins de deux ans plus tard. C’est lui qui lève le doigt, se lève et fédère. S’il essaie de récupérer la Master Franchise (qui sera finalement attribuée en justice aux anciens dirigeants), celui qui ne possède alors que son magasin de Perpignan décide en effet, avec 15 autres chefs d’entreprises représentant une vingtaine de magasins au total, de monter son propre réseau à travers la SAS Cash associés. « Cash express » fait partie des propositions de l’agence de com’ en charge du budget. Une en- seigne est née. Roger Beille en est le président. Il met en place un comité de décision avec d’au-
Veille juridique
Avocateassociée co-gérantedu CabinetSAJE
tres propriétaires de magasins. À la fois franchisé et franchiseur de 2002 à 2005, il cède son ma- gasin des Pyrénées-Orientales après avoir profité de la double casquette pour toucher du doigt les problématiques de terrain et y répondre sans perdre de temps : « J’ai pu mesurer les attentes du franchisé. Je connaissais les erreurs à éviter, notamment les bons et les mauvais outils, ainsi que leur coût ; j’ai compris aussi qu’il fallait convaincre plutôt que contraindre. Nous avons créé l’argus de l’occasion, la carte de fidélité, amélioré la PLV... » Les années 2005 à 2009 seront celles du développement du ré- seau qui passe de 26 à 70 maga- sins.
votre chance et si vous
Monoprix de France, il rachète ensuite dans sa région natale un supermarché en grande difficulté, avant de le revendre pour un joli pactole. La réussite, puis l’échec et la claque reçue après un pres- sing discount qui coule à Perpi- gnan. Installé sous l’enseigne Cash Converters en 1998, il as-
tentez.
n’arrivez pas à vendre au prix que vous souhaitez, revenez nous voir. Un client sur deux revient toutes les semaines, alors nous avons tout intérêt à le fi- déliser, pour qu’il vende et achète au meilleur prix.» La prochaine étape pourrait être celle du SAV.
par
’il n’y a pas de véritable nou- fatal au franchiseur. Il a été condamné à ment avancés par les franchisés devant veauté sur le sujet, il est toujours rembourser au franchisé le droit d’entrée les tribunaux. Enfin, une exploitation bon de passer en revue les causes et les redevances versés. En effet, le abusive de la part du franchiseur, notam-
Laurence Vernay
Cour d’Appel de Paris (CA 10 septem- bre 2014 - RG n°1014533) vient encore de donner raison au franchisé. Dans ce dernier cas, l’absence de la remise d’un état local de marché prévue dans le Doc- umentd’InformationsPrécontractuelles (DIP), l’ancienneté de l’état général du marchénational(3ans)ainsiqueladis- simulation sur le nombre de départs des franchisés dans ledit document ont été
les informations sincères et loyales que ce dernier est censé retrouver dans le DIP juridiquement obligatoire depuis la Loi Doubin de 1989. La nullité est en pareil cas prononcée pour erreur ou pour dolsubiparlefranchisé.Leviceducon- sentement, l’absence de véritable savoir-faire ou encore l’erreur sur la rentabilité (Cour de Cassation - arrêt du 4 octobre 2011) sont les cas classique-
économique de son franchisé, est une cause de nullité depuis l'arrêt du 16 décembre 1997.
Voilà, autant de possibilités offertes au franchisé pour aller chercher la respon- sabilité du franchiseur, faut-il encore qu’il en apporte les preuves irréfuta- bles...
de nullité du contrat de franchise. La franchiseur n’a pas fourni au candidat ment en profitant de la dépendance
d’hommes avec un ballon. Quand on retire le ballon, il reste les hommes. Et c’est l’es- sentiel. » Si l’on considère que la franchise est le ballon, c’est pareil.»
namisme dans un secteur très concurrentiel, qui compte aussi les Easy Cash, Happy Cash et l’historique Cash Converters. « Quand le neuf garantie un an, cela fait sérieusement réfléchir les gens, constate Rebecca Mor- tier-Petitcollot, franchisée durant quatre ans d’un magasin de 370m2 dans le centre de Li- moges. « C’est l’un de nos deux points forts, confirme Christophe Gueguen, 38 ans, ancien client qui vient d’ouvrir un magasin à Rennes après une première vie dans la finance. Ce que veulent les gens, c’est être sûr que le produit va fonctionner et être rassurés sur le fait, en tant que vendeurs notamment, qu’ils ne se font pas avoir.» L’image né- gative qui colle peut-être encore à la profession, alors que le marché de l’occasion se dé- complexe et que le site Lebon- coin.fr atteint des sommets, dis- paraît. « Ce site Leboncoin sem- ble plus un complément qu’un concurrent, témoigne le jeune entrepreneur. Je dis aux gens :
Olivier Rémy
36 DéCEMBRE / JANVIER / FéVRIER


































































































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