Page 18 - EcoRéseau Franchise & Concept(s) n°5
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n°5
CLUB ENTREPRENDRE Portrait d’Entrepreneur - Intercaves
Pas besoin d’avoir de la bouteille !
Ils n’ont pas attendu d’avoir 30 ans pour se lancer et figurent désormais parmi les plus jeunes des 125 franchisés de l’enseigne Intercaves, rachetée en 2011 par la maison Richard.
l a 27 ans. Elle est à pression pour les magasins et au quotidien...» Ce sera le « Nous avions fait le tour des prêt d’honneur de 30 000€, marchandises lors du lance- peine plus âgée. Sourire la PLV dans le domaine du vin. « Une passion person- franchisés du secteur et nous l’enveloppe grimpe à 80K€. ment en juillet 2014.
aux lèvres, Sébastien luxe, l’activité avait plu à Sé- nelle. Le hic, c’est que nous étions très attentifs au branding « Mais nous étions toujours
Mormin et Isabelle Brunie bastien, recruté à l’issue de n’avions pas de réseaux dans et à la communication. Du en-dessous des 30% d’apport. PREMIER VRAI TEST
ont déjà l’accueil du com- son école de commerce après ce secteur d’activité ». Di- merce de proximité bien che- un BTS communication des rection une formation œno- villé au corps. De celui qui entreprises. « J’ai grimpé les logique à l’École du vin (Paris,
« Nous devons nous fournir à 75% auprès de la centrale, ce qui laisse 25% à notre libre choix »
coup, nous trouvions Inter- Il y avait aussi un stock de EN FIN D’ANNÉE
caves trop vieillot. Et puis, 73 000€ de marchandises qui Un an et demi à monter le sur Étampes, que l’on avait nous semblait beaucoup trop projet « et la chance d’avoir ciblé, il y avait déjà le magasin important. Les propriétaires ce temps, note Isabelle. Nous de M Passemard. Or, le projet précédents étaient dans le avons croisé beaucoup d’en- initial était d’ouvrir un nou- confort : ils ne manquaient trepreneurs qui montaient leur veau magasin afin d’avoir des jamais de rien, mais cela de- projet en parallèle de leur ac-
Nous ne nous voyions pas reprendre un établissement juste pour assurer un ronronnement
font déjà dire « mon caviste » à certains clients pourtant ha- bitués aux époux Passemard qui ont tenu le magasin ces 10 dernières années. Un par- cours de gérants tout neuf pour une première affaire, mais deux jeunes entrepre- neurs qui ont mûri leur ré- flexion avant de reprendre l’Intercaves d’Étampes, dans l’Essonne, en juillet dernier.
échelons jusqu’à gérer l’un des sites de production à Pan- tin. Cela m’a permis d’avoir un regard élargi sur le fonc- tionnement de l’entreprise, explique le jeune homme. L’idée de nous lancer nous
13e) pour quatre mois en en- seignement intensif « et deux bibles à lire et à connaître par cœur », rigole Isabelle. Les points réguliers avec la CCI, où ils ont aussi suivi une formation, auront égale-
perspectives de développe- ment. Nous ne nous voyions pas reprendre un établissement juste pour assurer un ronron- nement », assure Sébastien. Le franchiseur, racheté en avril 2011 par la famille Ri- chard, propriétaire des cafés éponymes mais aussi de do- maines viticoles, sort alors de sa manche un nouveau concept de magasin. Loin des entrepôts avec palettes sur terre battue des débuts. « Nous sommes allés le découvrir au siège, à Gennevilliers.» Les gérants d’Étampes, eux, s’ap- prêtent à prendre leur retraite et cherchent un repreneur. Avec un apport de 50 000€ (dont 20 000 de la CCI), le couple est loin du compte. « Cela nous paraissait vrai- ment impossible, mais Inter-
mandait du stockage et de la trésorerie. Pas vraiment le modèle que nous souhai- tions ». Enfin, avec des meu- bles vieux de dix ans, il restait des travaux de réagencement intérieur, indispensables au couple pour se sentir chez lui. Les négociations dureront six mois jusqu’en avril dernier. « Cela a été long et parfois un peu décourageant, avec le sentiment de ne plus avancer, avoue Isabelle, mais nous avions la chance de pouvoir compter l’un sur l’autre.» Le stock est en partie dégraissé. L’affaire est conclue. Il leur faudra investir 300 000 €. La Banque Populaire d’Étampes les suit. L’entourage aura été plus difficile à convaincre. « Nos parents sont dans la fonction publique et ils nous
tivité, ceux qui n’avaient pas encore digéré la fin de leur expérience professionnelle précédente et qui réfléchis- saient au passé... Dans les deux cas, on a pu constater qu’il était difficile de s’y consacrer pleinement malgré la qualité des projets et aussi sans doute parce qu’il n’y avait pas d’obligation réelle d’avancer. C’est vraiment l’une des leçons de cette aven- ture de jeune entrepreneur. » Avec 700 références, l’offre est riche. « Nous devons nous fournir à 75% auprès de la centrale, ce qui laisse 25% à notre libre choix, explique Sébastien. Honnêtement, pour ne pas être satisfait, il faut ne pas vouloir jouer le jeu. C’est un vrai partenariat. On peut cocher toutes les cases (sic). Globalement, le franchiseur est très fort sur l’approvision- nement, les choix graphiques sont pertinents, il existe un vrai dynamisme réseau. Ce qui manque ? Nous les em- bêtons là-dessus : des outils de communication pour aller chercher des pros, des asso-
« RETROUVER LE CONTACT AVEC LE CLIENT »
Pour le jeune couple, tout s’accélère en avril 2013 avec la liquidation de l’entreprise Houm & Co, où ils se sont rencontrés. « Pas vraiment une surprise car nous avions vu cette entreprise de com- munication grandir trop vite. L’organisation s’était étiolée et le dialogue n’était pas assez présent », analyse Isabelle, chef de pub chez Pfizer avant de rejoindre l’entreprise basée à Neuilly. Concernant l’im-
Nous avons eu droit aux remarques du type "vous allez travailler 6 jours sur 7 et 12 heures par jour", "pourquoi prendre autant de risques?", "et la retraite?"
avait poussés à fréquenter les salons de la franchise et de la création d’entreprise sur notre temps libre. Alors, quand la fermeture de la société est in- tervenue, c’est devenu une évidence. Nous voulions ou- vrir un commerce, retrouver le contact direct avec le client et nous servir de nos compé- tences en communication pour dynamiser notre future acti- vité. Mais dans quoi ? Il nous fallait trouver aussi du plaisir
18 DÉCEMBRE / JANVIER / FÉVRIER
DE LA CRÉATION À LA REPRISE
Après avoir enchaîné les petits déjeuners entreprenariat et mené une étude de marché sur l’Ile-de-France, Intercaves ne s’impose pourtant pas comme l’option numéro 1.
caves nous a fait des propo- sitions. On nous a présenté d’autres magasins. Nous avions aussi Meaux (77) dans notre short-list. Mais il est vrai qu’Étampes avait un fort potentiel : une clientèle et un pouvoir d’achat sur le secteur, 180m2 qui nous permettaient de créer un espace de dégus- tation et d’animation comme nous l’avions imaginé, un grand parking... ». Après ré- vision du business plan et un
ont regardés avec de grands yeux quand nous leur avons annoncé notre projet. Nous avons eu droit aux remarques du type “vous allez travailler six jours sur sept douze heures par jour”, “pourquoi prendre autant de risques?”, “et la re- traite?”... Après quoi il nous ont complètement soutenus ». L’enseigne, née en 1978, offre pour sa part un paiement à 30 jours, en guise de coup de pouce, pour les nouvelles
ciatio.
2015 devrait sonner le lance- ment des animations, le temps de prendre la cave en main. Mais déjà, la période qui arrive sera un bon moyen de faire un premier bilan puisque 30% du CA annuel se fait sur le Beaujolais (20 novembre) et Noël.
ment constitué un parcours bien balisé. « Nous avions des rendez-vous précis, il fal- lait avoir avancé à chaque fois ».
ns et les CE.» Début
Olivier Rémy


































































































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