Il s’est opposé à Trump sans le nommer dans sa volonté, à la fin du mois, de lever le confinement partiel.

Les gouvernements de la planète entière ne pensent qu’à revenir le plus vite possible au business as usual, l’économie libérale à tout prix, le retour à un fonctionnement comme avant, avec son lot d’incohérences et d’injustices. Donald Trump en tête, pour qui la pandémie est un fléau de l’étranger, quasiment un complot contre sa personne. Il est des Américains milliardaires plus clairvoyants. Bill Gates en fait partie. Les propos qu’il a tenus à la conférence TED le 24 mars rompent quelque peu avec la bienséance des nostalgiques du monde d’avant…

Non que Bill Gates se soit éveillé à un monde nouveau solidaire et « écolonomiste » (le mariage de l’économie et de l’écologie). À tout le moins fustige-t-il la volonté du président « très irresponsable » de relancer l’économie mondiale comme si l’épidémie était un incident transitoire. Et pour cause : Trump veut déjà en finir avec la « distanciation sociale » pour que les États-Unis reviennent très vite, en interne, à la vie économique et aux profits.
Pour un Bill Gates qui, à l’instar de Warren Buffet, a déjà mobilisé ses ressources pour la lutte contre le virus, la folie du président républicain constitue une aberration : difficile de dire aux gens : « Hé, continuez à aller au restaurant, achetez de nouvelles maisons, ignorez ce tas de cadavres dans le coin ! Nous voulons que vous continuiez à dépenser parce qu’un politicien pense que la croissance du PIB est tout ce qui compte », a lancé Gates. « Il est très irresponsable de la part de quelqu’un [il n’a pas nommé Trump une seule fois] de suggérer que nous pouvons avoir le meilleur des deux mondes. »
La Fondation Bill et Melinda Gates a investi 100 millions de dollars dans des programmes de financement des tests et les travaux scientifiques qui se consacrent à la pandémie

Trump décidera à la fin du mois
Reprendre le commerce, c’est effectivement ce qu’espère très fortement le milliardaire président : que les gens en bonne santé retournent travailler, que les plus vulnérables restent chez eux. Trump l’omniscient prendra, dit-il, sa décision à la fin du mois, face à des experts très remontés pour qui « une distanciation sociale drastique et généralisée est nécessaire pour empêcher la pandémie de se propager davantage ». On imagine sans mal qu’il ne décrétera pas le confinement sévère général, sauf, peut-être, si des millions de morts américains ne venaient lui rappeler que ce n’est pas forcément lui qui décide… Pour le moment, le dangereux président estime que le « remède » pourrait être pire que le « problème lui-même ».

Mais que ferait Bill Gates s’il dirigeait l’Amérique ?

Vite revenir à la normale
« Oui, le crunch économique est vraiment dramatique […] Mais restaurer l’économie se montrera plus facile que de ramener les gens à la vie. Nous allons donc souffrir économiquement – une douleur énorme – afin de minimiser la douleur réelle de la maladie et de la mort ». Une attitude évocatrice des économistes qui nous dirigent, d’Emmanuel Macron à Bruno le Maire et Gérard Darmanin…

Il n’empêche que l’optimiste Gates voudrait lui aussi revenir au monde d’avant : « Plus tôt vous confinerez de manière énergique, plus tôt vous lèverez le confinement pour revenir à la normale. » Significatif : même pour un milliardaire progressiste, le monde (américain) doit vite revenir à sa normale.

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