Région Auvergne-Rhône-Alpes, mosaïques d’opportunités

Un volcan s’éteint, une franchise se crée...
Un volcan s’éteint, une franchise se crée...

Mosaïque d’opportunités

Sur le territoire auvergnat comme en Rhône-Alpes, les marchés à prendre semblent se trouver loin des centres des plus grandes villes.

D’un côté, on trouve une fiche descriptive des plus séduisantes : deuxième territoire national en termes de PIB, d’investissements directs étrangers (environ 7 milliards d’euros par an), troisième pour ce qui est de la création d’entreprises… De l’autre, un visage qui à priori inspire moins le dynamisme économique, avec 52 habitants au kilomètre carré, et une étiquette de ruralité plus souvent référencée comme un écueil qu’un atout. Pourtant, sur le terrain de jeu des réseaux de franchises, Rhône-Alpes et Auvergne ne s’opposent pas. Loin s’en faut. Ils tendent même à former un ensemble cohérent en raison d’une complémentarité des opportunités à saisir, synonymes de créations de valeur diverses et de retombées pour tout le nouveau territoire.

Les deux régions sont désormais mariées pour le meilleur et le pire. Si leurs atouts semblent différents, toutes deux ne manquent pas de projets et de bonnes raisons pour tenter d’attirer les marques de tous horizons. « Même si la réalité est différente dans certaines zones de la Drôme ou de l’Ardèche, en Rhône-Alpes, le territoire est globalement déjà bien maillé », constate Charlotte Boisson, responsable du développement au sein de la société d’études Territoires & Marketing. « Le pouvoir d’achat est relativement élevé, mais la concurrence est parfois très forte. » Derrière Lyon, les villes plus petites comme Grenoble, Saint-Etienne ou Valence offrent des opportunités intéressantes. On y trouve des emplacements de bon potentiel à des tarifs tout à fait abordables.

L’Auvergne dispose elle aussi d’arguments pour faire venir de nouveaux réseaux de franchises en son sein. Elle fait valoir l’activité florissante de quelques géants industriels internationaux que sont Michelin, Limagrain, Aubert et Duval ou encore Volvic, ainsi que le réseau de PME qu’elles drainent. Parmi les bons indicateurs figure également un taux de chômage plus faible que dans de nombreux autres territoires de l’Hexagone. Le principal défi de l’Auvergne se situe au niveau démographique. Même si le niveau du chômage est relativement bas, le manque d’attractivité empêche de rendre l’économie locale plus dynamique. C’est pourquoi un vaste travail a été entrepris sur ce plan par les élus locaux.

La marque Auvergne Nouveau Monde a ainsi vu le jour il y a quelques années. Il s’agit d’un vaste programme visant à soutenir l’innovation et à faciliter l’implantation des entrepreneurs et des salariés. « Le fait d’accompagner et d’aider financièrement les salariés et les entrepreneurs qui sont prêts à saisir une opportunité professionnelle sur notre territoire joue un rôle décisif. En partageant les risques liés à leur période d’essai, leur déménagement, leur installation, la région Auvergne et Pôle Emploi leur apportent un soutien concret », indique Pascal Guittard, directeur de l’agence régionale de développement des Territoires d’Auvergne (ARDTA). Autre garantie qui rend les acteurs auvergnats confiants pour les années futures : l’immobilier commercial et ses coûts inférieurs à la plupart des régions françaises.

Miser sur la différence

Ouvrir au cœur de Lyon une énième boutique de prêt-à-porter à destination des femmes de 20 à 50 ans n’a que peu d’intérêt. Tout comme un concept de restauration classique dans les zones à forte concentration touristique, où le mètre carré s’échange à prix d’or, telles que les stations montagnardes. L’aspect saisonnier peut attirer de nombreux candidats, car il n’est pas rare de voir certaines franchises réaliser en 6 mois le chiffre d’affaires que d’autres n’accumulent pas en un an. « Mais c’est là une particularité qu’il faut savoir gérer, sans compter que les fluctuations peuvent être très fortes », précise Charlotte Boisson. La feuille de route peut alors vite se transformer en casse-tête.

Dans les centres où la fréquentation est élevée, les franchises ayant fait preuve de créativité au cours des dernières années ont souvent rencontré un franc succès, à l’image de Lucien et la Cocotte et de son concept créé en 2011, à mi chemin entre traiteur et restaurant, où tous les publics peuvent y trouver un repas rapide, complet et équilibré. L’enseigne Ninkasi, dont l’offre repose sur les 3 piliers indissociables Bière, Burger, Musique fait également partie des paris gagnants. Se rendre sur place pour passer les quartiers au peigne fin s’avère alors judicieux. L’occasion de se rendre compte que le positionnement sur un segment donné peut être intéressant, comme par exemple la vente de vêtements pour personnes en surpoids. En matière de choix de lieu, Charlotte Boisson recommande « de cibler des emplacements entre deux zones attractives. » Ils peuvent être très intéressants « et permettent d’éviter les points de vente trop chers. »

Alors qu’il n’a été lancé qu’en 2015, le réseau de franchises InPôle, spécialisé dans les solutions d’externalisation en matière de ressources humaines, s’étend lui aussi à grande vitesse en Rhône-Alpes. Le réseau est désormais représenté à Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, Valence, et Annecy. « Sur un plan économique, c’est un territoire à opportunités. Se développer dans des espaces qui attirent de nombreux réseaux et entrepreneurs est un point précieux », explique Sophie Thomas, directrice générale du réseau InPôle.

Potentiel stéphanois

Saint-Etienne a vu naître le géant de la distribution Casino. Pourtant, celui-ci n’était pas vraiment en surreprésentation dans la ville au cours des dernières décennies. La situation semble changer avec le retour récent de l’enseigne Monoprix dans le centre, après une vingtaine d’années d’absence. Le territoire stéphanois retrouve un certain dynamisme comme en témoigne l’arrivée de Place de la Literie. Cette marque du groupe Keria, déjà implantée localement, s’inscrit dans une stratégie d’extension de l’offre globale de l’entreprise spécialiste de l’équipement de la maison. Autre acteur qui voit dans le territoire une source de profit : le franchiseur Pano Boutique, réseau spécialisé dans la signalétique et le marquage publicitaire, qui a choisi la ville pour étendre son maillage.

Pour Philippe Valentin, vice-président de la CCI de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne en charge de l’international, des filières et réseaux, « un travail politique local qui s’exerce à deux niveaux porte ses fruits : d’une part les initiatives pour soutenir les secteurs prometteurs et les filières innovantes, d’autre part le travail de mise en relation, d’accompagnement, de connexion des acteurs locaux. Certains thèmes transverses sont ainsi au cœur des développements, comme la gestion du dernier kilomètre qui fait intervenir des acteurs variés de la logistique et des technologies, et a comme conséquence une amélioration des échanges économiques. » Il assure par ailleurs que l’économie locale sera propulsée par de nouveaux savoir-faire issus de l’évolution technologique, garantissant une attractivité pour les marques dont on constate déjà l’intérêt : « des filières naissent, à cheval entre deux secteurs. Le numérique est utilisé dans le bâtiment par exemple, mais aussi dans la gestion du patrimoine. La rencontre d’univers différents, de deux métiers différents en crée ainsi un troisième. Il en résulte une attractivité accrue, de nouvelles implantations. » Pour promouvoir les nouveaux sites commerciaux stratégiques, mettre en lumière les positionnements, les opportunités d’implantations, et rapprocher les interlocuteurs ayant des intérêts communs, la CCI de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne organise chaque année l’événement VisioCommerce.

Quand l’Auvergne n’a pas dit son dernier mot

Côté auvergnat, ce n’est pas nécessairement vers Clermont-Ferrand qu’il convient de se tourner pour relever de nouveaux défis commerciaux. Dans son centre, de nombreuses familles d’enseignes sont représentées avec, à leur périphérie, de multiples zones d’habitations et des entreprises. On y trouve également Jaude, un vaste centre commercial, dont le succès a conduit à la création récente de Jaude 2, qui comprend 13 000 mètres carrés remplis d’enseignes, d’un complexe cinématographique, d’une résidence hôtelière, ainsi que de bureaux. En somme, l’espace urbain est déjà bien occupé.

Au nord de la ville, la concentration de marques est beaucoup moins importante, mais on y recense essentiellement des logements sociaux qui occupent les lieux, et des populations au pouvoir d’achat relativement faible. « En matière de consommation, ce ne sont pas les clients que les enseignes recherchent », constate Bernard Derne, président de la commission Aménagement du territoire au sein de la CCI régionale d’Auvergne.

Non loin de là, les agglomérations de Riom, Thiers, Vichy, ou encore Issoire forment une large couronne bien plus prometteuse. Cette vaste plateforme regroupant de multiples petites villes rassemblent près de 600 000 habitants, c’est-à-dire 45 % de l’ensemble de la population auvergnate. Les activités liées à l’habitat et l’aménagement intérieur et extérieur concentrent notamment une forte demande. Attila Système, réseau spécialisé dans la réparation, l’entretien et la prévention de toitures a récemment ouvert une nouvelle agence à Issoire. Vichy présente également un visage attractif pour les marques cherchant à étendre leur influence, notamment en raison de son statut particulier l’autorisant à ouvrir les commerces tous les dimanches. Elle jouit par ailleurs d’une réputation agréable et d’une certaine attractivité touristique. En plus du centre commercial « Les Quatre Chemins », au cœur de l’agglomération, un nouveau projet devrait bientôt sortir de terre, conduisant à une extension de 4 000 mètres carrés de la surface commerciale au centre de la ville.

Aménagement du territoire

Le futur centre commercial d’Aurillac rebat les cartes

Alors qu’Aurillac a longtemps été réputée pour ses activités agroalimentaires et ses productions fromagères, l’agglomération semble diversifier quelque peu son offre entrepreneuriale et commerciale avec la construction du centre commercial de La Sablière, situé au sud-ouest de la ville. Après des années d’atermoiements, cet ambitieux projet s’apprête enfin à se décanter. La surface de vente proposée avoisinera les 26 000 mètres carrés. On y trouvera un hypermarché Carrefour d’environ 6 000 mètres carrés, un vaste magasin de bricolage de 5 000 mètres carrés, ainsi qu’une galerie marchande mêlant une vingtaine d’enseignes en tout genre.

Le projet représente globalement un investissement dépassant les 60 millions d’euros. 440 personnes devraient trouver un emploi grâce à cette nouveauté. Le futur espace créera inévitablement une concurrence avec des magasins du centre-ville qui peuvent y voir une occasion de renouveler leurs offres. Le promoteur du projet a fait part de sa volonté de proposer un programme de fidélité dont profiteraient toutes les enseignes du centre-ville qui souhaitent devenir adhérentes, dans le but de créer une synergie entre le centre commercial et le cœur historique de l’agglomération. Concrètement, cette coopération prendrait la forme d’un porte-monnaie électronique par lequel les clients cumuleraient des avoirs à chaque achat effectué dans ces commerces adhérents. Le montant disponible serait ensuite utilisable dans les enseignes participantes, en dehors de celles du site de La Sablière, dans lesquelles la carte mise à disposition pourra uniquement être créditée. A noter que le centre commercial déjà existant de Pré de Julien est lui aussi concerné par un renouveau, à savoir une extension de 1 500 mètres carrés supplémentaires qui accueilleront à l’avenir 11 nouvelles boutiques.

Mathieu Neu

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