﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="52"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[     N° 29 - TRIMESTRIEL - 5 €
BY
                                             EMPRUNTS :
        La microfranchise solidaire de l’Adie
Les vrais coûts de création
Mon site d’e-commerce
et mes franchisés : du gagnant-gagnant
COMMERCE NON ESSENTIEL
Les moyens de survivre !
• RESTER EN ACTIVITÉ
Ouvrir malgré tout ? Le click & collect, les précommandes, les sites de vente en ligne...
• LES FÉDÉRATIONS DE COMMERÇANTS SUR LE PIED DE GUERRE
Tour d’horizon des prises de position, les solutions préconisées
• TÊTES DE RÉSEAUX
Comment les franchiseurs soutiennent leurs associés
d’une franchise
                pour se passer des banques
                           franchise-concepts.ecoreseau.fr
BEL/LUX : 5,20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ CAN - Maroc : 55 DH - Dom : 5,50 € - Tom : 750 XPF
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                        ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
  Olivier magnan
Rédacteur en chef
On ne nous refera pas
Ile coup du « non essentiel » !
l n’était pas possible de reconfiner comme reste curieux que sitôt promulgué, ce confine- l’on avait confiné. C’est là l’erreur de vue ment bâtard, avec ses incohérences et ses ex- de l’exécutif, abonné aux décisions cen- ceptions, aboutisse aussi vite à une inflexion tralisées, présidentielles, bottom down, soudaine de la courbe des contaminations...).
comme disent les censeurs du marketing, du Cette erreur, cette faute, sans doute, tout le
le chat de
   haut vers le bas. Il était vital pour le pays que les représentants des commerçants, indivi- duels comme franchisés, se concertent avec l’Élysée ou Matignon, comme l’on veut, mais il ne fallait pas fermer, unilatéralement, sous le vocable de « non essentiel », hérésie linguis- tique, des commerces qui ne donnaient pas à boire, à manger, à fumer, à lire le journal. Des jouets à Noël ? Indispensable. Des livres en pé- riode de confinement ? Vital. Mais vêtements, sports, coiffeurs, beauté, douceurs, sans par- ler des déménageurs, des restaurateurs ou de l’immobilier, tout est essentiel dans nos vies de consommateurs·trices, à moins que l’on ne change nos modes d’existence. Sous ré- serve d’un protocole bien compris, il n’est pas possible que des client·es informé·es se conta- minent davantage dans une librairie ou chez un fleuriste que dans une boulangerie, chez un caviste ou une grande surface (il est du
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
chroniqueurs Sophie Bienenstock,
Laurent Delafontaine, Benoît Fougerais, Jean-Baptiste Gouache, Michel Kahn, Emmanuelle Jardin-Lillo, Cedric Ternois, Quentin Tiburce
collaborateurs réguliers
Adam Belghiti Alaoui, Jean Bacouet, Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste Chiara, Anna Guiborat, Pierre-Jean Lepagnot, Sabrina Moreau,Jonathan Nahmany, Charlotte de Saintignon, Geoffrey Wetzel
dessinateur Philippe Geluck
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& OPÉRATIONS SPÉCIALES
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(responsable commerciale-associée)
pays va la payer cash. À commencer par les commerces quels qu’ils soient. Car même si la franchise a limité les dégâts, tous les franchi- sés ne s’en sortiront pas. Au positif du bilan, pourtant, deux points, « essentiels »: primo, les fédérations, du commerce associé ou pas, ont toutes marché de front et sans doute évi- té le pire, le statu quo jusqu’en 2021. Secundo, les franchiseurs, comme leurs associé·es, ont tous investi dans le commerce de demain, numérisé, inventif, omnicanal. Quand les chalands reviendront dans les boutiques, ils·elles seront des acheteur·euses qui sauront aussi cliquer-retirer et profiter d’un écosys- tème numérisé que le virus aura transformé. Ultime signe de rebond: le 2e confinement n’a pas freiné les candidat·es franchisé·es dans leur volonté de se lancer. Et ça, c’est le moteur du commerce associé, un moteur turbo en France. n
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panorama des réseaux
briefing actus
entreprendre
        en couverture
Le cOmmerce
nOn eSSenTieL Se rebiffe !
interview croisée
michaël Zingraf real estate et Ô P’tit môme
portrait
- Guy Hoquet : préparer les franchisés
pour la reprise
- citibike, une affaire électrique qui roule
- dietplus : des kilos d’atouts pour l’ambitieux de l’amincissement
- La compagnie du lit : du ressort pour
la multifranchise...
- Trokeur : débarras, valorisation et recyclage de proximité
créer aujourd'hui microfranchises solidaires de l’adie : se passer des banques ?
stratégie
têtes de réseaux Les têtes de réseau accompagnent leurs associé·es
membres de réseaux Les vrais coûts d’une franchise
briefing juridique
histoire des réseaux
saga emova Group la parole aux réseaux
              abonnez-vous P. 38 décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr |3
   ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[panorama des réseaux
briefing actus par Geoffrey Wetzel et Olivier Magnan
 Le grand appel des commerçants :
« Nous ne voulons pas être sacrifiés ! »
Alors qu’ils demandaient une réouverture le 13 novembre, les commerces n’ont pas été entendus. Ils demandent désormais la réouverture rapide et responsable des points de vente et des mesures de soutien à la hauteur de la gravité de la situation économique. En prélude à la réponse apportée par le Président de la République le 24 novembre, voici les arguments de centaines de milliers d’agents économiques essentiels dont une partie est déjà menacée...
fin? Non, les commerces ne survivront pas à ces fermetures successives. Le Président de la Répu- blique l’a dit: nous devons apprendre à vivre avec le virus. Et nous ajoutons, nous devons ap- prendre à commercer avec le virus !
Des mesures de soutien
pour sauver ce qui peut l’être !
Au moment où les Français·es commencent leurs achats de Noël, il est plus que jamais essentiel de mettre en œuvre, ensemble, les moyens les plus adaptés pour accueillir les clients en toute sécu- rité. Ce qui suppose une réouverture responsable des points de vente pour permettre à une par- tie des acheteur·euses d’anticiper leurs achats et de ne pas les concentrer sur les toutes dernières semaines de l’année. Nous sommes prêts à tra- vailler avec le gouvernement au renforcement, lorsque cela est possible, des règles sanitaires. Ce sauvetage du commerce suppose également des mesures d’accompagnement à la hauteur des enjeux compte tenu d’une fin d’année à très haut risque.
Si nous saluons le renforcement de certaines me- sures annoncées par le gouvernement, il n’est pas acceptable que des milliers d’entreprises soient toujours exclues de ces dispositifs. Tous les com- merces, qu’ils soient ouverts ou fermés, subissent les décisions prises pour lutter contre la crise. Au-delà des seules TPE, des centaines de réseaux de magasins, PME et ETI, sont en danger, quelle que soit leur taille ou leur organisation juridique. Comme l’a dit le Premier ministre « les mesures d’indemnisation les plus larges seront mises en place car les commerçants n’y sont pour rien, c’est une question d’éthique ».
Nous demandons donc au gouvernement d’étendre sans délai les mesures de soutien à l’en- semble des commerces, quelle que soit leur taille ou leur secteur. Cette règle vaut aussi bien pour les loyers, le fonds de solidarité, les charges sociales ou encore les prêts participatifs. Au-delà de l’État, les banques et les assurances doivent également prendre toute leur part à cette crise: les prêts ga- rantis aux entreprises doivent être octroyés autant que de besoin et les délais de remboursements étendus. Les pertes d’exploitations subies par les commerces doivent être indemnisées.
Bien avant le plan de relance, c’est un plan massif de survie pour les commerces et leurs emplois qu’il est urgent de mettre en œuvre !
Les signataires
André Balbi, président du ROF, Rassemblement des opticiens de France, Frank Boehly, président de la FEC, Fédération des enseignes de la chaussure, Sophie Brenot, présidente de la FNDMV, Fédération nationale des détaillants
en maroquinerie et voyage, Éric Cheminade, président de l’UBH, Union de la bijouterie horlogerie, Daniel Crépin, président de la
Tout un pan majeur de notre écono- mie est de nouveau mis à l’arrêt pour la deuxième fois en quelques mois ! Commerces de l’habillement, de la
chaussure, de la culture, de l’électroménager, du multimédia, du meuble, du sport, du jouet, de l’optique, de la beauté, de la parfumerie, de la bi- jouterie-horlogerie, des arts de la table, de fleurs, de la coiffure, etc., ce sont plusieurs centaines de milliers de points de vente à travers la France et plus de 1,2 million d’emplois salariés et d’indé- pendants qui sont aujourd’hui menacés !
C’est pourquoi nous demandons solennellement au gouvernement de rouvrir tous les commerces dès le 13 novembre [aucune réponse, sinon néga- tive, n’aura été apportée à cette date ndlr] et de mettre en œuvre de véritables mesures de sou- tien bénéficiant à l’ensemble de ces entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur.
Si nos organisations et fédérations signataires comprennent l’importance de la lutte contre la crise sanitaire, elles dénoncent une décision de fermeture injuste, inéquitable et lourde de conséquences économiques, sociales et territo- riales.
Injuste, car les commerces ont, depuis le 11 mai, mis en place toutes les mesures capables d’assu- rer la sécurité des collaborateurs et des consom- mateurs. Masque, gel, distanciation physique, limitation du nombre de clients, isolement des produits... Grâce à ces efforts, nous savons que nos commerces ne sont aujourd’hui pas respon- sables de la propagation du virus.
Inéquitable, car en privant le commerce phy- sique de sa pleine activité, elle laisse le champ libre à la seule vente à distance et fait des géants internationaux les grands gagnants de cette crise. Les ventes en ligne ne représentent en moyenne que 10 % de l’activité des commerces de détail. Par conséquent, les solutions alterna- tives mises en place – click and collect, prise de rendez-vous, livraison – permettront seulement de maintenir une part résiduelle de l’activité des
points de vente, mais en aucun cas elles n’assure- ront la survie des commerces.
Cette décision de fermeture aura donc des conséquences économiques, sociales et territo- riales dramatiques. Plus elle durera, plus nom- breux seront les risques de suppression de ma- gasins et d’emplois. La période des fêtes de Noël – la plus importante pour la plupart des com- merçants – représente entre 20 et 60 % du chiffre d’affaires de l’année. Faute de réaliser leur acti- vité, et dans une situation financière déjà extrê- mement fragile après 8 mois de crise sanitaire, la survie de milliers de commerçants est menacée, ainsi que des centaines de milliers d’emplois à travers toute la France. Le risque de la dispari- tion massive des commerces est réel, aussi bien dans les petites et moyennes villes que désor- mais dans les grandes agglomérations. Toutes souffrent des mêmes maux : fermeture, mouve- ments sociaux, télétravail, absence de tourisme, politique d’aménagement défavorable à l’accès aux commerces... Plus que jamais, nous tirons la sonnette d’alarme : la vitalité et la force du lien social dans nos territoires sont en danger !
Dans ces conditions, le succès de la lutte contre la covid-19 repose tout autant sur l’efficacité des mesures sanitaires que sur son acceptabi- lité collective. Les décisions prises ne peuvent être acceptées que lorsqu’elles sont comprises et ressenties comme justes par tous. Force est de constater que ces conditions ne sont aujourd’hui pas réunies et que les inégalités et les incom- préhensions restent criantes.
C’est la raison pour laquelle, nous vous deman- dons solennellement de rouvrir dès le 13 no- vembre l’ensemble des commerces dans un cadre responsable et équitable. Cette solution est la seule possible !
Faute de vaccin disponible à court terme, que ferons-nous si dans les prochains mois une 3e ou une 4e vague de propagation de la covid-19 survient ? Devrons-nous à nouveau fermer ? Revivrons-nous une nouvelle fois ce jour sans
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]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[panorama des réseaux
briefing actus
 FIDH, Fédération des industries diverses de l’habillement, Grégoire Giraud, président de
la Fédération de la maille, de la lingerie & du balnéaire, Philippe Gueydon, co-président de la FCJPE, Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l’enfant, Guy
Gras, président de la FFF, Fédération française de la franchise, Nicolas Houzé, président de l’UCV, Union du grand commerce de centre- ville, William Koeberlé, président du CdCF, Conseil du commerce de France, et de la FFPS,
Fédération française de parfumerie sélective, Pierre-François Le Louët, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin et de France industries créatives, Éric Mertz, président de la FNH, Fédération nationale de l’habillement, Romain Mulliez, co-président de la FCJPE, Laurence Paganini, présidente de Procos, Fédération pour la promotion
du commerce spécialisé, Christian Pimont, président d’Alliance du commerce, Éric Plat, président de la Fédération du commerce coopératif et associé, Marc Pradal, président de l’Ufimh, Union française des industries mode
& habillement, Patrick Prigent, président de
la Fnaem, Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison, Claude Tétard, président de la Fédération française des industries du vêtement masculin, Jérôme Valentin, président de l’Union sport
& cycle, Thierry Villotte, président de la CAT, Confédération des arts de la aable.
Et François Asselin, président de la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef.
L’autre appel de l’industrie du Jouet
 des jouets non essentiels à noël...
Les appels des associations/ fédérations de commerçants au politique se multiplient
en une forme de chant du cygne. Ce courrier de la FCJPE plaidait pour une réouverture dès le 13 novembre... en
vain donc. Pour rappel, la FCJPE est coprésidée par Philippe Gueydon, dirigeant de l’enseigne King Jouet, et Romain Mulliez, dirigeant de l’enseigne PicWic Toys.
Monsieur le Premier ministre, Alors que notre pays va devoir consentir un effort prolongé
dans les semaines à venir, que
le télétravail, la limitation des déplacements, l’interdiction des regroupements dans la sphère privée vont rester la règle, nos commerces entendent pleinement participer à l’effort collectif, tout en assurant leur mission : apporter un peu de bien-être à toutes les familles actuellement confinées. Nous attirons donc votre
attention sur le risque sanitaire d’une réouverture de tous les commerces début décembre, avec
un flux potentiel massif qui pourrait compromettre l’objectif sanitaire auquel nous sommes tous attachés.
rouvrir au plus tôt est la meilleure stratégie sanitaire...
En ouvrant dès vendredi (13), nous permettrons à nos clients de
faire leurs achats en évitant les afflux de fin d’année, garantissant ainsi toujours plus de sécurité. Ainsi, nous éviterons de doubler la fréquentation entre le 1er et
le 24 décembre, qui serait la conséquence directe d’une fermeture prolongée en novembre.
nous avons mis en place des protocoles sanitaires qui garantissent une sécurité optimale Nos magasins ont travaillé
sans relâche pour préparer leur réouverture, en offrant à nos clients un cadre sanitaire renforcé.
En premier lieu, nous avons adapté nos circulations pour réduire la jauge à une personne pour 8 m2. Nous sommes prêts à promouvoir de nouveaux réflexes, et notamment celui de faire ses courses
seul et d’installer l’application
#TousAntiCovid, ce qui contribuera à diminuer les déplacements et les contacts.
Nous avons également adapté
nos organisations pour augmenter les amplitudes horaires, ouvrir les dimanches, afin de lisser les pics d’affluence, que les fermetures ont provoqués à leur annonce et qui se reproduiront à leur fin.
nous dotons nos magasins d’outils performants pour assurer le meilleur respect de ces règles Nous déployons en ce moment des outils de prise de rendez-vous pour lisser les flux et inciter les clients à venir dans les heures les moins fréquentées.
Nous sommes prêts à mettre en place ces mesures, pourquoi attendre ?
notre survie en dépend...
Notre secteur réalise 60 % de
ses ventes sur cette période de l’année... et l’ensemble de nos magasins indépendants, adhérents de coopératives, de réseaux de franchise, ou enseignes intégrées ainsi que tout le secteur du jouet se
trouvent en grande difficulté.
Le fonds de solidarité ne pourra pas compenser le manque à gagner et le 1,2 milliard de stock acheté. Le secteur du jouet va sortir sinistré économiquement et socialement de cette fermeture.
Il est important de comprendre
que le numérique n’aura pas les capacités suffisantes pour satisfaire tous les enfants à Noël, ainsi la déception sera grande au pied du sapin.
Chaque jour de fermeture supplémentaire aggrave la
situation économique de nos
petites et moyennes entreprises et concentrera les achats nécessaires sur une période plus courte au détriment de notre objectif commun d’éviter le brassage et la densité des flux de clients.
Alors, Monsieur le Premier ministre, ne ratons pas Noël... Ensemble, rouvrons les magasins de jouets dès le 13 novembre.
Le modèle de la franchise confirme son statut de moteur économique avec une belle dynamique d’ouverture des points de vente côté franchiseurs et une
hausse du revenu annuel côté franchisés. Bien représentée dans les villes de moins de 25 000 habitants, la franchise joue un rôle majeur dans nos régions et dans nos villes. Elle permet à de nombreux entrepreneurs d’être actifs dans leur tissu local, de s’y investir, de créer de la valeur, de l’emploi et du lien social. Tous ces indicateurs démontrent combien la franchise est un véritable atout pour la revitalisation
de nos centres-villes.
Chantal Zimmer, ex-éléguée générale de la FFF
6 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[panorama des réseaux
Les Trophées de l’Iref reportés
En raison de la crise sanitaire, le 33e concours Meilleurs franchisés & partenaires de France de l’Iref, prévu le lundi 16 novembre, a été reporté à une date ultérieure. Ce n’est que partie remise donc pour récompenser les réseaux qui se sont démarqués en cette période particulière et qui ont su rebondir grâce à des actions de soutien, utiles à leur réseau. Qui dit année inédite dit critères de distinction exceptionnels. Quatre catégories seront ainsi à l’honneur : la transformation numérique, le développement économique et commercial, l’action citoyenne et solidaire, et le management.
Deux questions à Michel Kahn, président de l’Iref
est promu directeur des opérations
est nommé directeur général délégué
p manomano.fr
franck isabel
est promu head of advice content
p roady (iTm entreprises) Stéphane Godard
est nommé directeur de l'enseigne Roady
p agromousquetaires (cofipar)
ismaël colnet
est promu directeur des systèmes d'information
p allianz france (aGf) alexandre du Garreau est promu directeur de l’unité Distribution
p automotor france Sylvain abergel
a été promu directeur commercial, marketing et achats
p bred banque populaire nadhir Zouaghi
a été promu directeur du réseau Métropole
p conforama
(but international)
p Saint-Gobain distribution bâtiment france (SGdb)
briefing actus
 « L’effet télétravail va jouer »
Comment les réseaux ont-ils vécu ce deu- xième confinement?
Ils ont beaucoup travaillé et été exemplaires pour la plupart. Les réseaux ont mobilisé de l’intelligence collective pour parvenir à une meilleure performance en économie, marketing, organisation et surtout en... nu- mérique! De grands efforts ont été accom- plis, tout a été optimisé et « scannerisé ». En réalité, la crise n’a pas changé grand-chose, simplement tout s’est accéléré, je pense aux comportements des consommateur·rices. Environ 2,5 millions de ménages se sont mis à l’e-commerce, 29 millions de ménages
mouvements
p adLPerformance nancy faure
est nommée directrice générale du pôle Presse
au total en France, les réseaux ont donc dû s’adapter. Même des restaurants étoilés ont dû se mettre au click and collect... Les ré- seaux, plus globalement, se doivent d’offrir un maximum de services pour se distinguer.
Et pour quelles perspectives ?
Bien sûr, les réseaux sont inquiets puisque la crise économique est en réalité devant nous. Il y aura des défaillances. Inquiets aussi parce que le pouvoir d’achat des ménages sera tou- ché. Pour l’instant, on n’a pas vu l’impact sur le pouvoir d’achat, on parle même d’un sur- plus d’épargne des ménages, mais ça va ar-
river. Il faut savoir que pour les moins riches d’entre nous, certain·es démarrent le mois avec 65 % de frais fixes, soit un reste de 35 % pour, non pas finir le mois... mais le com- mencer ! Des choses positives quand même : le télétravail s’est accéléré et va impacter le commerce. Des gens qui travaillent habi- tuellement à Paris le feront en province ou ailleurs, ce qui nourrira l’économie locale. En zone urbaine, c’est un emploi pour un habitant·e, et ailleurs un emploi pour deux habitant·es, on assistera à un effet télétravail. PrOPOS recUeiLLiS Par GeOffreY WeTZeL
Trophées Iref 2019.
À gauche, Michel Kahn
  p carmila (carrefour Property)
p fnac-darty Stéphanie Laval
est nommée directrice relations investisseurs et communication financière
p fossil france
adrien richter
a été promu head of commercial finance
p Groupe carrefour Laurent amsel
est promu responsable de la sécurité des systèmes d'information Groupe
p Groupe Le duff
Philippe jean
a été nommé directeur général Del Arte
p Kärcher
martina ehrmann
est promue présidente France
p KissKissbankbank & co nicolas rousseau- dumarcet
a été nommé directeur administratif et financier
p La Poste marie-frédérique naud est promue directrice générale adjoint du Réseau La Poste
      p altran france (Groupe altran)
a été promu responsable France Carmila Franchise & Développement
p carrefour Hypermarchés (Groupe carrefour) Katia Statuto
a été nommée responsable de la sécurité des systèmes d'information
p canon france jean-françois Genestout est promu directeur national Réseau Direct
p ma french bank (La Poste)
aurelien Gosselin
christophe bitner
Pierre-marie david
alain Souillard
Patrick bourdon
est nommé directeur général
est promu directeur des relations extérieures
p SPvie assurances Olivier Pericchi
est nommé directeur général adjoint
p direction générale du travail (drT)
Pierre ramain
est promu directeur général
p flunch (agapes restauration)
emmanuel Saussard
est nommé directeur des ressources humaines
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8 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[panorama des réseaux
briefing actus
 POLÉMIQUES
Subway : clauses retoquées !
Tout commence en 2016, quand le ministère
de l’Économie – circonstance exceptionnelle – décide d’attaquer la formule franchisée du roi américain du sandwich : il s’en
prend aux clauses « litigieuses,
abusives ou déséquilibrées »
qui mettent à mal selon
Bercy bon nombre des 400
franchisés de l’enseigne.
Pré-épilogue le 13 octobre :
le tribunal de commerce de
Paris corrobore ces accusations en annulant ou amodiant de nombreuses clauses de ce contrat, amende record de 500 000 euros
à la clé. Parmi les clauses annulées, la
durée du contrat, 20 ans, ramenée à 10. Les
98 heures d’ouverture hebdomadaires, souvent incompatibles avec la localisation (et du reste souvent amoindries). Ou la non-exclusivité
du franchisé sur sa zone de chalandise.
C’est aussi le rejet du tribunal de l’idée que
le droit américain prime sur le français,
comme c’était souvent le cas. L’avocat de certains franchisés, Florian de Saint-Pol, déjà interviewé par nos soins, fait remarquer que la décision du tribunal va jusqu’à remettre en cause les sentences arbitrales à l’américaine rendues par le passé. Autrement dit, amendes prononcées et liquidations judiciaires qui
s’en sont suivies devront se voir compensées. Pour l’enseigne, l’amende n’est qu’une part du coût exorbitant qu’elle encourt. Subway, de son côté, ne changera rien à ses pratiques avant le prononcé de l’appel. L’enseigne américaine remarque le faible
nombre des clauses annulées, parfois partiellement, avec possibilité de les réécrire. Et puis Subway rappelle s’être mobilisé pour aider les 400 entrepreneurs français à franchir l’épreuve de l’épidémie et à rationaliser ses processus. Bref, quand les Français s’en prennent aux Américains, ça fait mal...
Il s’agit désormais d’attendre l'issue de l’appel de Subway.
Lire p 44 la chronique de l’avocat Jean-Baptiste Gouache.
Source : 15e édition de l’enquête annuelle de la franchise par Banque Populaire.
Enquête réalisée par téléphone du 13 juin au
11 juillet 2018 auprès d’un échantillon représentatif de 403 franchisés et 202 franchiseurs, constitué d’après la méthode des quotas (date de création de l’entreprise, secteur d’activité, nombre de points de vente, région).
les chiffres
  chômage partiel : les grandes surfaces se lâchent !
Début novembre, plutôt que de rouvrir les petits commerces jugés « non essentiels », l’exécutif opte pour la fermeture des rayons « non essentiels » présents au sein des grandes surfaces... pour plus d’équité. Résultat, les mastodontes de la grande distribution, Carrefour, Casino, Hochant, et dans une
moindre mesure Leclerc, ont mis leurs salarié·es au chômage partiel. Une décision injuste pour Carole Desiano, la secrétaire fédérale FGTA-FO pour la grande distribution : « Les salarié·es se sentent floué·es. Au premier coup dur,
on les renvoie chez eux·elles, alors qu’ils·elles ont répondu présent·es lors du premier confinement », regrette-t-elle. Pour les grandes surfaces, le recours
au chômage partiel est justifié : un chiffre d’affaires moindre, les rayons « non essentiels » représenteraient environ 20 % du chiffre d’affaires des enseignes en question et donc une fréquentation moins élevée dans les magasins.
Trophées forum franchise 2020 : solidarité et agilité !
Organisés depuis sept ans dans le cadre du salon Forum Franchise, les trophées Le Forum Franchise récompensent chaque année la réussite de franchisés de la région
Auvergne-Rhône-Alpes. Covid-19 oblige, les lauréat·es ont dû cette année se satisfaire d’une remise de prix virtuelle. Le jury, composé de représentants de Fiducial, de la Fédération française de la franchise et de la CCI Lyon Métropole Saint-Étienne-Roanne, a tenu à mettre à l’honneur l’agilité et la solidarité au sein des réseaux. Parmi les critères retenus n: le dynamisme commercial du point de vente, son intégration dans le tissu local ainsi que l’implication du franchisé à son réseau d’enseigne. Ont été récompensés Sébastien Bruneau du réseau Anacours à Annecy (74) qui
a obtenu le Prix de la Solidarité, et Frédéric Loschi du réseau Intercaves à Crapones (69), lui, s’est vu décerner le Prix de l’Agilité.
    Laurent
delafontaine
Associé fondateur Axe Réseaux membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise
Franchise à 360°
TL’après-guerre est devant nous !
rois vaccins vont pro- nation qui se profile début 2021,
chainement venir ren- il est probable que le consom- forcer l’arsenal mé- mateur retrouve avec impa- dical mis en marche tience et grand plaisir le chemin
dans la lutte contre la covid-19. d’un restaurant, d’un coiffeur,
réaliste que les économistes s’ac- cordent à déclarer qu’une partie des Français·es auront épargné durant le confinement. Aurons-nous une reprise d’ac- tivité « normale » ou particu- lièrement « soutenue », difficile de savoir, mais l’histoire penche plutôt pour la deuxième hypo- thèse.
La franchise sera prête à accueil- lir cet afflux car les concepts
les plus performants ont tenu le choc, les franchiseurs ont appris, les franchisés se sont endurcis et les collaborateurs ont soif de clients. Élément im- portant, les enseignes se sont équipées en solutions nuériques et en process logistique pour l’achat à distance. Si Amazon reste (très) fort, il ne sera plus seul sur la place ! n
De l’avis de tous les experts, c’est la solution la plus efficace pour enrayer la crise vécue depuis le début de cette année bien parti- culière.
Sans triomphalisme précoce, avec cette campagne de vacci-
d’un libraire... Il est probable qu’il projette un voyage fami- lial, une location de vacances, la rencontre d’un proche, qu’il reprenne son projet d’agrandis- sement de maison, voire d’achat immobilier. C’est d’autant plus
10 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[Le marché de la piscine, lui, se la coule douce...
Contrairement à d’autres secteurs frappés de plein fouet par la crise, le marché de la
piscine a profité des confinements successifs pour ancrer dans la tête des citoyen·nes la nécessité de se sentir bien chez soi :
« Les Français·es ont compris l’intérêt du bien- être à domicile », constate la Fédération des professionnels de la piscine (FFP). Cette année, via des projections faites par la fédération,
on assisterait à la construction de 175 000 piscines, soit une hausse de plus de
6 %. Synonyme de croissance pour la... cinquième année d’affilée.
Noël gâché
Sauvez nos ciriers et nos santonniers !
Parce que la déco n’est pas une urgence covid, la bougie française risque de se consumer par les deux bouts. Or le rayon déco/bougie fait partie des non vendables jusqu’à Noël et au-delà. Arrêtons le massacre.
Francis Clément- Devineau, président du syndicat des fabricants de bougies et cierges, composé
de PME locales (15 entreprises de tailles diverses, parmi lesquelles
5 entreprises représentent 75 % de
la production nationale), en appelle
au sauvetage de la filière. « Les entreprises des bougies parfumées demandent la mise en œuvre de mesures spécifiques de soutien à
la filière bougies pour faire face à la période difficile de ces 12 prochains mois. » Dans la même perspective, les santonniers, eux aussi, se retrouvent au bord de la disparition. Des santons de Provence bientôt made in China ?
Loyers des commerces, 50 % de crédits d’impôts pour les loyers abandonnés
Non, les commerces dits « non essentiels » n’ont pas pu rouvrir à la mi-
novembre. Mais le gouvernement, via le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, a annoncé en faveur des bailleurs la mise en place d’un crédit d’impôt à hauteur de 50 % du montant du loyer abandonné et non 30 % comme prévu jusqu’alors. L’objectif tend à encourager les bailleurs à renoncer aux loyers des mois de novembre et décembre de leurs commerçants locataires de moins de 250 salarié·es. Une décision d’autant plus cruciale que le loyer constitue souvent la deuxième, voire la première charge à supporter pour les commerces et restaurants.
boulanger rejoint la fff
L’enseigne créée en 1954, forte de 180 magasins, n’a goûté à la franchise qu’à partir de 2018, en partenariat avec le groupe Ex&Co. Objectif :
21 ouvertures d’ici à la fin 2020. Mais la fermeture des rayons Boulanger chez Auchan ne va pas aider la marque à tenir son rythme.
« Cette adhésion à la FFF traduit nos efforts de structuration de notre réseau et notre volonté de poursuivre une croissance rapide tout en restant vigilant à la qualité des dossiers et des candidats » dixit Matthieu Rémond, directeur franchise.
briefing actus
panorama des réseaux
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]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
12 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
LE
 COMMERCE
NON
 Front commun contre l’uniformisme irréaliste des mesures ! Des têtes de réseau face à la crise
Prêts à tout pour franchir le cap ?
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ESSENTIEL
SE REBIFFE !
L’union sacrée de tous les secteurs a emporté l’arbitrage en faveur du ministre de l’Économie favorable à une réouverture anticipée.
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[1
Lrenforcé à la clé.
a pandémie actuelle est, à de nombreux titres, un catalyseur. « Il ne se passe pas une jour-
née sans que nous ne soyons en contact avec les autres fédéra- tions, explique Véronique Dis- cours-Buhot, déléguée générale de la FFF. C’est assez unique. On fait circuler les informations, on essaie de discuter pour que nous puissions prendre des positions ensemble... » Prises de position communes, discours commun, même insistance : jamais, pour- rait-on dire, les fédérations de commerçants n’ont été aussi proches les unes des autres. Par exemple, on peut citer la lettre du 2 novembre signée de 23 fédéra- tions (publiée en Panorama), la lettre ouverte du 10 novembre de dix réseaux d’agences en franchise ou en coopérative et groupes immobiliers ou encore la lettre ouverte du 16 novembre, signée par cette fois 29 fédéra-
Veronique Discours- Buhot
Fédérations et associations de commerçants unanimes
Front commun contre
l’uniformisme irréaliste des mesures !
Du jamais vu : toutes les fédérations et associations de commerçant ont lancé des appels communs pour demander la réouverture des commerces. Une union sacrée, générée
par des circonstances exceptionnelles, qui semble avoir porté en partie ses fruits : alors que tous les commerçants voulaient une réouverture le 13 novembre, elle se fera partiellement avant Noël, protocole sanitaire
tions de commerçants... Tous ces échanges sont importants: ils crédibilisent les métiers et les fédérations et ils évitent le piège du dogmatisme, ils varient les approches, ils n’oublient aucun secteur d’activité... «On peut parler, vraiment, d’union sacrée, estime Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la Fédéra- tion du commerce coopératif et associé. Les querelles de cha- pelle ont été – du moins pour l’instant – enterrées. » Une collaboration à la hauteur des circonstances exceptionnelles qui l’ont amenée.
Une fermeture perçue comme une injustice
« En tant que fédération, nous avons été très secoués par la fermeture des commerces dits “non essentiels”, décrit Véro- nique Discours-Buhot. Une telle discrimination nous a paru très arbitraire et très stigmatisant. » Dans les reproches couramment formulés, arbitraire et stigma- tisation reviennent sans cesse. Pour beaucoup, plusieurs déci- sions sont inexplicables, comme celle de laisser ouvertes des grandes surfaces mais de fer- mer des petits commerces qui appliquent à la lettre les proto- coles sanitaires. Et les fédéra- tions et associations, qui ont dû l’expliquer à leurs adhérents, se sont retrouvées à court d’argu- ments. « On nous a demandé d’expliquer l’inexplicable, décrit Véronique Discours-Buhot. On veut limiter la propagation en fermant des petites surfaces où
se trouvent deux ou trois per- sonnes au maximum, mais en laissant ouvertes des grandes surfaces avec beaucoup plus de monde, où les gens se retrouvent agglomérés... » Et les remontées sont claires : la souffrance et le sentiment d’injustice sont réels. Même pour les commerces qui sont restés ouverts, la situation est complexe. Un certain nombre se sont retrouvés entourés de magasins fermés, ce qui a considérablement diminué le passage. Dans l’incapacité de réaliser un bon chiffre d’af- faires, ces magasins ouverts et lésés ne peuvent pas se tourner vers l’État, car ils ne sont pas fermés administrativement. Il aurait été logique, argumentent certains, que les mêmes limites soient imposées à l’ensemble des canaux – physique comme numérique – pour éviter une distorsion de concurrence. Mais il faut admettre que ce deuxième confinement était beaucoup plus complexe que le premier : il n’était pas possible de se montrer aussi drastique que lors du pre- mier – économiquement, c’eût été du suicide –, et, du coup, des mesures de compromis ont été trouvées. « Compte tenu des délais courts et du contexte, il
est normal que des anomalies soient apparues, mais il ne faut pas rester bloquer là-dessus et prendre de la hauteur », souligne Alexandra Bouthelier.
Et ce n’est pas nécessairement parce que l’on appartient à un réseau que l’on est à l’abri de la tempête. Un franchisé reste un commerçant indépendant – dans un réseau, donc pas iso- lé, mais indépendant. Parfois, certaines subtilités jouent à leur encontre. Par exemple, certaines aides pour les loyers, condi- tionnées au nombre de salariés, ont été évaluées à l’échelle du groupe, pas des magasins (la même chose s’est produite pour le fonds de solidarité). Or, quand on a quatre magasins, on paie quatre loyers... Certains ré- seaux, en souffrance, sont déjà en train de perdre leurs chiffres et leurs magasins. Et quand les réseaux souffrent, l’amont souffre aussi. Que va faire le producteur de fleurs si les bou- quets ne se vendent pas ? « Au même titre que l’industrie, le commerce a besoin d’être aidé », souligne Véronique Discours- Buhot.
Non, décidément, le deuxième confinement, à de nombreux
On nous a demandé d’expliquer l’inexplicable – Véronique Discours-Buhot,
Fédération française de la franchise
en couverture
entreprendre
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]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
en couverture
 égards, n’est pas le même que le premier. « Lors du premier confinement, les mesures étaient claires, simples et efficaces, es- time Alexandra Bouthelier. On arrêtait l’activité, il y avait zéro charge pour zéro recette... Ce deuxième confinement ne présente pas la même configu- ration. Beaucoup de magasins ont accumulé, à l’occasion du premier confinement, un vrai « mur » de dettes, et même avec les reports accordés par les banques et les aides diverses, le temps était venu, à la fin de l’été, de commencer à rembourser le tout. » Beaucoup étaient même arrivés à limiter la casse en es- timant, en septembre, que l’an- née serait mauvaise sans être catastrophique. « Le deuxième confinement, pendant une des périodes les plus prolifiques pour le commerce – beaucoup réalisent entre 30 et 50 % de leur activité sur la période des fêtes, dont ils avaient justement be- soin pour rembourser les dettes accumulées –, va pour le coup créer des vraies catastrophes », estime Alexandra Bouthelier.
Responsabiliser, responsabiliser, responsabiliser
En un sens, les fédérations et les commerces ont pu compter sur le soutien d’un allié de poids, Bercy, qui n’a plus les moyens de continuer à couvrir le manque à gagner. Mais en face, le ministère de la Santé pousse dans l’autre sens. « Les commerces sont ca- pables d’entendre les questions de responsabilité et savent qu’il faut faire respecter le protocole, souligne Alexandra Bouthelier.
Ils l’ont d’ailleurs fait lors du déconfinement.» Mais ils ne sont pas prêts à être sacrifiés. « Il faut, en outre, que les me- sures demandées soient rai- sonnables, souligne Véronique Discours-Buhot.Bienqu’aucune étude n’ait été menée qui attes- terait de la contamination liée aux magasins et aux services, nous sommes prêts à revoir les protocoles, mais il faut être co- hérent. » Décider de jauges ir- réalistes et créer, à l’extérieur des magasins, des files d’attente, n’a pas de sens. Demander aux ma- gasins d’enrégimenter les files à l’extérieur n’a pas de sens non plus. Tout comme la possibili- té, un moment évoquée, que les magasins doivent demander à leurs clients leurs attestations... « Nous voulons des obligations
de standards difficiles. Dans certains cas, l’utilisation de rouleaux de plastique est aussi efficace que des plaques de plexiglas pour protéger une caisse. Ou encore, tous les com- merces n’ont pas besoin d’un système industriel d’aération.
« Plutôt que du dogmatisme, de la responsabilisation » semble être le mot d’ordre. Et pas seu- lement pour les commerçants : la population générale est elle aussi visée. Par exemple, « sa- voir porter correctement un masque (c’est-à-dire sur le nez, pas sous le nez) » ou « res- pecter la distanciation phy- sique dans les queues ». Cette responsabilisation est essentielle pour que l’on n’arrive pas à un troisième confinement, qui serait désastreux économiquement,
compliqué à plusieurs titres. Une opération promotionnelle de cette envergure ne survient pas ex nihilo : elle a demandé des mois de préparation, des négo- ciations et des contrats avec les fournisseurs, l’élaboration de communications spécifiques... Reculer le tout, à une semaine de l’échéance, n’était pas une mince affaire.
En conditions à cette réouver- ture, plusieurs nouvelles règles vont s’ajouter au protocole sa- nitaire déjà connu : outre le port du masque, la mise à disposi- tion de gel hydroalcoolique ou le respect des distances entre personnes, les commerçants devront, à partir de leur réou- verture, recevoir moins de per- sonnes en magasin – la jauge d’occupation devrait passer d’une personne pour 4 m2 à une personne pour 8 m2 (personnel exclu), y compris pour les su- permarchés, avec une tolérance pour les plus petits commerces. Dans cette même logique, le comptage des clients devrait être rendu obligatoire pour les surfaces de plus de 400 m2. Et les commerçants seront également incités, quand leur activité l’au- torise, à accueillir leurs clients sur rendez-vous. Sans obligation cependant, puisque pas réaliste pour toutes les activités. « Ces mesures vont dans le bon sens », estime Alexandra Bouthelier. Comme ce nouveau protocole semble être parti pour durer, les fédérations et associations de commerçants ont obtenu des contreparties. On évoque une ouverture le dimanche, accor- dée là où elle n’existait pas, ou encore la possibilité d’élargir l’amplitude des horaires d’ou- verture des magasins, toujours dans le but d’éviter un afflux de clients en même temps dans les boutiques. Mais ce n’est que le début. Car pour accompagner la réouverture, et dans la perspec- tive d’une reprise progressive de l’activité, il va falloir prévoir les mesures d’accompagnements nécessaires. La lumière est au bout du tunnel, mais nous n’y sommes pas encore... jean-marie benOiST
  Alexandra Bouthelier
de résultat, insiste Véronique Discours-Buhot. Laissez-nous trouver les moyens adaptés aux situations. Nous sommes responsables, prêts à faire les efforts, mais avec les moyens utiles et adaptés par rapport à nos structures. » La diversité représentée par les commerces – aussi bien en termes de surfaces que d’agencement, et surtout de moyens – rend l’utilisation
mais aussi sur le plan du moral. Aujourd’hui déjà, les fédérations reçoivent autant d’appels de détresse liés à des difficultés financières qu’à des difficultés humaines. Le moral est bas.
La sortie du tunnel
Les négociations et tractations autour du Black Friday – qui voulaient, sur le principe, recu- ler d’une semaine la journée de promotion importée des États- Unis, à la condition que les pe- tits commerces puissent rouvrir fin novembre, ont abouti (l’ap- pui d’Amazon France a certai- nement pesé dans la balance), avec une réouverture envisagée pour tout début décembre. Un signal tangible positif pour les magasins et un symbole fort de solidarité. Car « reculer le Black Friday » est vite dit, mais
Les commerces sont capables d’entendre les questions de responsabilité et savent qu’il faut faire respecter le protocole. Ils l’ont d’ailleurs fait lors du déconfinement – Alexandra Bouthelier, Fédération du commerce coopératif et associé
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© FCA
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 ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[ e2ntreprendre
Des têtes de réseau
Voilà soudain 2 049 réseaux de franchise en France et leurs quelque 750 000 emplois directement impactés.
À coups de confinements, de fermetures administratives et de chômage partiel. Pour autant, si le tableau est
noir, les franchisé·es de France et de Navarre ont pu
et peuvent compter sur deux choses : le soutien et la réactivité de leur réseau et de leur franchiseur, les
2bienfaits du modèle de la franchise face à une situation de crise.
020, année horrible. Les Laurence Py, responsable de entrepreneur·euses et l’animation du réseau: « C’est autres commerçant·es simple, nous faisons partie des indépendant·es, franchi- commerces considérés comme
sé·es ou non, enchaînent les coups non essentiels, les deux confine-
en couverture
face à la crise
durs. Un premier confinement de près de deux mois, des fermetures administratives en pagaille, puis un second confinement en pleine période commerciale cruciale... La coupe menace de déborder. La France, leader européen de la franchise (plus de 78 000 points de vente, 67,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires), se retrouve face à l’urgence. Il faut sauver nos commerces et nos entreprises. Si les nombreuses aides gouverne- mentales exceptionnelles (chô- mage partiel, fonds de solidarité, exonérations de charges) sauvent en partie les meubles, ça ne suffit pas. « Les réseaux souffrent de- puis trop longtemps, les aides de l’État sont importantes, mais ne répondent pas à tous les besoins. D’autant plus que beaucoup d’en- treprises et de réseaux ne bénéfi- cient pas du fonds de solidarité », nous expose Véronique Discours- Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF). Chez L’Onglerie, réseau d’instituts de beauté fort de 115 points de vente, le bilan est sévère, comme le résume
ments ont donc résulté en une fermeture administrative de nos centres et une activité inexis- tante ». Stéphanie Taupin, direc- trice des opérations franchise du réseau de services à la personne O2 dresse un constat similaire : « -37,5 % d’activité en mars, -71,4 % en avril. »
Les temps sont durs pour les réseaux, mais la réponse et les initiatives face à la crise ont été immédiates, collectives. Les fran- chiseurs et les têtes de réseau, en vertu et en respect de leur res- ponsabilité, apportent un soutien moral et stratégique souvent vital aux franchisé·es. Pour la déléguée générale de la FFF, « la franchise se base sur la transmission de savoir-faire et le partage de la va- leur, les franchisé·es ne sont pas seul·es ».
Une fédération
et des franchiseurs réactifs Pas seul·es ? « Lors du premier confinement et dès les premières semaines de la crise, la capacité des réseaux à se mobiliser tout de suite a été très importante. Il
leur a fallu dresser un état des lieux immédiat avec leurs fran- chisé·es, des finances, de la tré- sorerie, des effectifs et des me- sures à mettre en place », détaille Véronique Discours-Buhot. La FFF, justement, a joué son rôle de fédération et de carrefour des ré- seaux en fournissant aux réseaux membres des informations et des webinaires réguliers, notamment pour la signature des PGE ou la demande d’activité partielle. Le tout grâce à un « collège d’ex- pert·es de la franchise – avocat·es, comptables, géomarketeur·rices, communicant·es », mobilisé via la plate-forme de la FFF.
Outre l’apport d’informations et d’éclairages garanti par leur fédération, les franchisé·es ont profité du soutien de leur fran- chiseur et du dialogue, certes in- hérents au modèle, mais d’autant plus renforcés durant la crise. Chez L’Onglerie, dit Laurence Py, « on a mis en place une machine de guerre avec l’équipe de la tête de réseau ». Il a fallu réagir du « tac au tac » pour anticiper les besoins, notamment en matière d’hygiène et de protocoles. Une capacité de réactivité et d’action au cœur de la relation franchi- seur/franchisé, selon Stéphanie Taupin et O2 : « Le franchiseur agit, prend des décisions pour le bien de son réseau, pour la sécu- rité de ses franchisé·es. » Pour les 115 centres L’Onglerie et les 165
franchisé·es O2, le même constat rassurant : c’est l’ensemble de leur réseau qui fait corps et réa- git collectivement pour résister à la crise. Selon l’enquête annuelle de la franchise de la Banque Po- pulaire, datée de 2019, 48 % des franchisé·es déclarent avoir choi- si ce statut pour bénéficier de l’ac- compagnement du franchiseur. Donnée intéressante en cette période de crise, 28 % mettent en avant la limitation des risques financiers comme aspect attractif de la franchise. L’entraide interne aux réseaux, entre entrepre- neur·ses indépendant·es et avec la tête de réseau, s’avère aujourd’hui essentielle.
Réseau
et intelligence collective Véronique Discours-Buhot, FFF, le répète: « Les têtes de réseaux ont fait tout ce qu’elles ont pu en matière de trésorerie, qu’il s’agisse de reports d’échéances ou mêmes d’effacements tem- poraires de certaines redevances [ndlr : la redevance publicitaire par exemple], mais on ne peut pas demander à tous de suppor- ter les mêmes efforts. » Malgré un second confinement qui inquiète la déléguée générale et lui laisse craindre « une vague de faillites et de graves difficultés », Véronique Discours-Buhot loue « l’intelligence collective de la franchise qui a nourri l’ensemble des réseaux et leur a permis de prendre des mesures efficaces, grâce aux retours d’expérience notamment ».
Côté franchiseurs, la réponse s’est souvent déclinée en plu- sieurs points. Stéphanie Taupin revient en détail sur les soutiens du groupe O2 à ses franchi- sé·es: « Sur la gestion du choc
C’est toute une intelligence collective qui a nourri l’ensemble des réseaux et leur a permis de prendre
des mesures efficaces, grâce au retour d’expérience – Véronique Discours-Buhot, FFF
    16 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ tout d’abord, nous avons écouté et accompagné une remise en action adaptée à chacun·e. Sur la mise en place des mesures gouvernementales, nous avons expliqué les dispositifs, aidé les franchisé·es à projeter leur tré- sorerie pour décider du recours à un PGE notamment. Nous avons également organisé des visioconférences pour commu- niquer aux franchisé·es les me- sures prises pour la protection des salarié·es, les équipements de protection. Ainsi que 18 ateliers participatifs virtuels, pour prépa- rer la reprise à la sortie du confi- nement et partager notre plan de relance. » Chez L’Onglerie, on a vite mis en place des « mesures
d’hygiène et de sécurité pour que les centres disposent d’un guide de procédure de reprise d’ac- tivité complet, opérationnel et simple d’application », explique Laurence Py. Le franchiseur s’est chargé de trouver des fournis- seurs pour l’achat de masques, gants et autres gels hydroalcoo- liques et plexiglas de séparation, et de livrer directement les points de vente. Comme O2, L’Onglerie a mis en œuvre un accompagne- ment personnalisé sur les dispo- sitifs d’aides gouvernementales.
Des initiatives permises et pé- rennisées par les réseaux. « La force du collectif aide à mieux vivre cette crise et d’être toujours debout après le premier confine- ment. Ce sera aussi le cas après le deuxième confinement », assure Stéphanie Taupin.
Le modèle de la franchise
à l’épreuve de la crise
Le soutien stratégique inhérent aux réseaux aura permis de sau- ver plus d’une affaire, de même que le soutien psychologique et humain. « En période de crise, tout le monde a perdu sa bous-
sole. Recevoir des remontées et des partages d’expériences per- manents a permis aux franchi- sé·es d’y voir plus clair et de réagir au mieux quand c’était possible », analyse la déléguée générale de la FFF. Pour Véronique Discours- Buhot, il y a « les commerçant·s indépendant·es sous franchise et les commerçant·es indépen- dant·es isolé·es : une grande dif- férence durant une crise ». Au- trement dit, être membre d’un réseau maximise les chances de « survie ». « Par définition, dans la franchise, il existe une grande interactivité et interdépendance. La survie des uns aide à la sur- vie des autres, il faut un franchi- seur en bonne santé pour avoir des franchisé·es en bonne santé, et réciproquement. » La délé- guée générale, « aimerait que les plus jeunes entrepreneur·ses se tournent plus vers la franchise et moins vers un système de start- up plus instable ».
Avec le recul, le bilan est po- sitif pour O2. La directrice des opération franchises du groupe se félicite de la note de 9,15/10 obtenue par l’enseigne, lors de
l’enquête de satisfaction des fran- chisé·es sur la gestion de crise du franchiseur. Mieux, le développe- ment du groupe se poursuit mal- gré tout : « Douze nouveaux·elles franchisé·es nous ont rejoints depuis la levée du premier confi- nement. » Pour L’Onglerie, l’opti- misme est également permis : et l’enseigne ouvrira six nouvelles boutiques à la sortie du deuxième confinement. « Une belle bataille gagnée », se félicite Laurence Py.
En définitive, Véronique Dis- cours-Buhot, la déléguée géné- rale de la FFF, voit dans cette crise une nouvelle preuve des bienfaits de la franchise: « Il n’y a pas photo, les entrepreneur·ses franchisé·es résistent mieux à la crise. J’espère que le modèle de la franchise va séduire toujours plus, il faut continuer à présen- ter les bienfaits du modèle et la crise y participe. C’est le moment d’argumenter davantage pour inciter celles et ceux qui veulent entreprendre de le faire, grâce à des concepts éprouvés au retour sur investissement rapide et aux risques plus limités. »
adam beLGHiTi aLaOUi
en couverture
entreprendre
 décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr |17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[e3ntreprendre
Prêts à tout pour franchir le cap ?
benoit
fougerais
est cofondateur et directeur général de pretpro.fr, fintech en solutions de financement professionnel. Il est membre du collège des experts de la Fédération française de
la franchise depuis 2008. www.pretpro.fr
Le besoin en fonds de rou- lement n’est pas financé par les crédits bancaires traditionnels... Pour-
tant, il arrive que les entreprises aient besoin de liquidités à cer- tains moments de leur vie pour faire face à une situation de crise temporaire ou dans les phases de développement de leur activité. Quelles sont les solutions à leur disposition et comment bien les choisir ?
Le point essentiel est de bien
comprendre l’origine du besoin afin d’apporter la solution adap- tée. Est-il ponctuel ou récurrent ? La facilité de caisse ou le décou- vert autorisé, par exemple, sont des moyens à utiliser pour faire face à un besoin ponctuel de li- quidités. Mais qui risquent de mettre l’entreprise en péril s’ils sont utilisés en réponse à des be- soins récurrents.
Si le souci de l’entreprise est de faire face à un besoin récur- rent, il faut alors expliquer d’où
vient ce besoin pour identifier la bonne solution. La première étape est de vérifier que le besoin de trésorerie n’est pas lié à une mauvaise gestion de l’entreprise: achats trop élevés, marges trop faibles... Dans ce cas, le finan- cement à court terme ne peut et surtout ne doit pas être la solu- tion!
Une fois s’être assuré que l’entre- prise est saine et repose sur des bases solides, plusieurs solutions sont envisageables :
L’affacturage,
le leasing ou crédit-bail,
le financement participatif,
le financement de bon de com- mande
le lease-back, etc.
Autant de moyens simples et ra- pides à mettre en place qui sont à la disposition des entrepreneurs pour faire face sereinement à des situations délicates. n
en couverture
L’ouverture illégale, c’est non,
mais les mesures d’aide ne sont pas à la hauteur
 Librairies, salons de coiffures, magasins de jouets... Ces établissements qui rythment le quotidien de nombre de Français·es ont tous un point commun : jugés « non essentiels » à la vie de la nation, ces structures ont dû fermer leurs portes durant le deuxième confinement. Jeudi
12 novembre, lors du discours intermédiaire du Premier ministre Jean Castex, l’espoir de rouvrir à la mi-novembre a volé en éclats. Il ne reste plus qu’à trouver la parade pour tenter de maintenir son activité – ou un semblant – et sauver une partie de son chiffre d’affaires. Dans un régime d’urgence qui revient quand même à interdire de travailler, ce qu’aucune dictature n’a osé.
«Les commerces resteront fermés pour 15 jours supplémentaires [...] Je sais quelles sont les angoisses des commerçant·es qui n’aspirent qu’à pouvoir travailler et qui sont très in- quiet·ètes de ne pouvoir rouvrir assez tôt avant les fêtes de fin d’année. Notre objectif est bien de pouvoir y parvenir. Mais ce moment n’est pas encore venu », dixit Jean Castex mi-no- vembre. Un deuxième coup de massue pour celles et ceux qui travaillent dans les commerces « non essentiels », après l’an- nonce du reconfinement fin oc- tobre, voire troisième désillusion après le printemps. En attendant la réouverture, il faut pour ces entrepreneur·ses stopper l’hé- morragie... à coups d’aides de l’État et de click and collect, terme qui n’aura – hélas – jamais été autant à la mode (l’Acadé- mie recommande la transposi- tion française de cliqué-retiré). Jusqu’à la désobéissance civile et l’ignorance des restrictions? Éclairage avec trois témoins de secteurs contraints à la ferme- ture: Guillaume Husson, délé-
gué général du Syndicat de la librairie française (SFL), Chris- tophe Doré, président de l’Union nationale des entreprises de Coiffure (Unec) et Patrick Jo- cteur Monrozier, directeur du pôle client de Kingjouet.
Ère covid,
ère du cliqué-retiré !
Voir les portes fermées de son petit commerce, de sa boutique ou de son magasin mine le moral des chef·fes d’entreprise mais aussi des salarié·es qui l’entourent s’il·elle en a. Parmi les stratagèmes utilisés par les commerces pour survivre : le click and collect ou cliqué-retiré : le·la client·e commande en ligne avant de retirer son article en magasin. Patrick Jocteur Mon- rozier, directeur pôle client chez Kingjouet, parle, lui, de « retrait magasin sans contact », un ou- til très efficace pour poursuivre la satisfaction des client·es et maintenir une partie de son ac- tivité : « On commande depuis le site Internet et puis on vient retirer en magasin. Dès lors que les client·es arrivent sur le parking, ils·elles appellent un·e
 Y A-T-IL UN PILOTE DANS LE RéSEAU ?
  Comment faire face à un besoin urgent en fonds de roulement ?
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]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                                 Recherche entrepreneurs amoureux de chocolat
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Ce ne sont pas 500 euros qui encourageront les librairies à se numériser davantage – Guillaume Husson, SLF
en couverture
  ries, le cliqué-retiré se retrouve « très largement pratiqué », confirme Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française, une straté- gie qui représente « entre 25 et 50 % de leur chiffre d’affaires ha- bituel ». Non négligeable, mais bien sûr insuffisant. En plus du cliqué-retiré officiel, vous comp- tez aussi sur « les habitué·es qui connaissent très bien leur libraire, qui appellent, passent une commande et s’arrangent pour aller chercher leur article sur place », explique Husson. À côté de ce click and collect généralisé, les chef·fes d’entre- prise pensent aussi à la livraison
Franchise et vente sur Internet :
Lrepenser l’équilibre au sein des réseaux de distribution
gique» pour Christophe Doré, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure : « Impossible d’interdire l’ou- verture des salons de coiffure et d’autoriser l’activité à domicile! Ce serait deux poids, deux me- sures », avance-t-il. Pas de solu- tion de repli pour les coiffeur·ses. Contraint·es à la désobéissance civile?
Enfreindre les règles...
Parfois, la nécessité de survivre et de maintenir à flot son en- treprise dépasse la peur de la sanction liée à la désobéissance civile. À la question « la coiffure à domicile se pratique-t-elle il- légalement ? Des salons de coif- fures restent-ils ouverts malgré les restrictions ? », Christophe Doré le confirme : « Bien sûr, ça existe et on le sait », concède-t- il. Mais « dire aux collègues de rester ouverts mettrait à mal leur entreprise. En cas de contrôle, ils·elles pourraient se confronter à une fermeture administrative une fois sorti·es du confinement, la responsabilité passe par du ci- visme, même si l’on n’approuve pas les décisions prises par le gouvernement, on se doit de les respecter », tempère, prudent, Christophe Doré. La pratique de la désobéissance civile n’est pas monnaie courante, mais elle existe, souvent le dernier recours pour les entrepreneur·ses. Ce n’est pas le parti pris du président de l’Unec, qui exerce du reste aussi la fonction de maire. En re- vanche, d’autres édiles n’avaient pas hésité à prendre des arrêtés autorisant l’ouverture des com- merces « non alimentaires ». Notamment Gilles Platret, maire de Châlon-sur-Saône : « Parce qu’il faut lutter par tous les moyens contre la propaga- tion du virus, y compris du fait de l’accumulation des client·es dans les grandes surfaces, j’ai pris un arrêté pour autoriser la réouverture de l’ensemble des commerces de la ville », pou- vait-on lire sur un tweet signé Platret le 30 octobre. Dans les librairies, la désobéissance re- lèverait de cas isolés : « Les li- brairies sont responsables »,
 vendeur·se en précisant le nu- méro de commande, le·la client·e ouvre son coffre puis rentre dans sa voiture le temps de la livrai- son du produit dans le coffre ». Autant dire que la distanciation physique et les gestes barrières semblent bien respectés. L’en- seigne a même choisi d’étendre les horaires d’ouverture (le di- manche et plus tard en soirée) afin de lisser au mieux les re- traits. Un moindre mal qui se traduit, dans chaque magasin Kingjouet, par « en moyenne 35 à 40 commandes par jour », pré- cise Jocteur Monrozier. Même son de cloche du côté des librai-
L’instant de franchise
à domicile. Une pratique déjà répandue dans le secteur du jouet, et qui a pris de l’ampleur avec la pandémie, « jusqu’à 20 000 livraisons par jour contre jusqu’à 5 000 en novembre 2019 pour l’enseigne Kingjouet », qui a tout de même au global dû s’asseoir sur 65 % de son chiffre d’affaires. Le service à domi- cile, voilà une pratique qui se révèle interdite pour le monde de la coiffure. Au même titre que la coiffure en salons. Bien qu’il plaide pour une reprise de l’activité dans le respect des consignes sanitaires, l’interdic- tion de la coiffure à domicile ap- paraît comme une décision « lo-
  Sophie
bienenstock
avocate au Barreau de Paris - BSM Avocats
a vente sur Internet ne rencontrées par les commer- franchisé, lequel se charge de ré- cesse de se développer çants intégrés est inédite dans le pondre aux demandes en ligne. dans de nombreux sec- contexte de crise actuelle. Pour En fonction de l’adresse de li- teurs d’activité, en partie éviter la disparition de nombreux vraison, le client serait automati-
au détriment du commerce de commerçants et préserver notre quement redirigé vers le point de
proximité. L’épidémie de covid-19 et la fermeture des commerces non essentiels a évidemment creusé le fossé entre la vente sur Internet d’une part et le com- merce de détails classique d’autre part.
Le renouveau d’un ancien débat : vente sur Internet vs vente en magasin
Les difficultés soulevées au sein des réseaux de franchise par la gé- néralisation de la vente sur Inter- net ne sont pas nouvelles: le fran- chiseur peut-il concurrencer les franchisés en vendant en ligne ? Peut-il livrer des clients situés sur le territoire des franchisés ? Peut-il pratiquer des prix plus avanta- geux ? Les questions sont nom- breuses et les réponses apportées par la jurisprudence semblent da- vantage soucieuses de préserver la liberté du commerce que de pro- téger les droits du franchisé.
Si les enjeux ne sont pas nou- veaux, l’ampleur des difficultés
tissu économique local, il semble indispensable de repenser en pro- fondeur l’équilibre, au sein des réseaux de distribution, entre la vente à distance et la vente en ma- gasin.
Repenser l’équilibre entre la vente sur Internet et la vente en magasin
Fort heureusement, l’explosion de la vente à distance n’implique pas nécessairement la disparition des commerces de proximité. Les consommateurs restent de- mandeurs de tels commerces et il est urgent de trouver un nouvel équilibre au sein des réseaux de distribution entre vente sur com- mande en ligne et vente en ma- gasin. Plusieurs mécanismes sont envisageables afin que les deux canaux de distribution ne soient plus concurrents mais complé- mentaires.
Il serait en premier lieu possible que le site du franchiseur ren- voie aux sites Internet de chaque
vente le plus proche.
Une seconde solution consisterait à redistribuer un certain pour- centage des profits générés par la vente sur Internet à l’ensemble des membres du réseau. Les com- mandes seraient alors traitées directement par la tête de réseau, qui devrait ensuite distribuer une partie des profits aux membres du réseau. Les modalités de re- distribution pourraient dépendre ou non du lieu de livraison, se- lon les caractéristiques du réseau concerné. Cette seconde méthode consiste à mutualiser les risques, mais aussi les gains. La vente par Internet viendrait alors au secours des commerces de proximité en période difficile.
Espérons que l’épidémie actuelle sera l’occasion de repenser l’ave- nir des réseaux de distribution et de mettre en place des méca- nismes redistributifs garants, à long terme, des intérêts de cha- cun. n
20 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[déclare, prudent, Guillaume Husson. Travailler dans l’illéga- lité, même si ça relève de l’anec- dotique, plus ou moins marqué selon les secteurs, ne signifie- rait-il pas que les aides de l’État mises en place pour combler les fermetures de commerces « non essentiels » constituent un appui insuffisant ?
Et les aides de l’État, suffisantes ?
Le gouvernement a promis de soutenir le poumon économique du pays, dont font partie les pe- tit·es commerçant·es, artisan·es et indépendant·es. Entre alors en scène le fonds de solidarité. Pour le président de l’Unec, Chris- tophe Doré : « Oui, les aides sont très claires, jusqu’à 10000 euros pour une entreprise de coiffure, ce qui en réalité accompagne les petites structures mais fragilise les plus grandes. » En outre, les critères d’attribution se pré- sentent en décalage avec ce qui se passe sur le terrain, « l’accom- pagnement se fait en lien avec le numéro de Siren, autrement dit, on ne donne qu’une seule fois 10 000 euros au maximum à une entreprise, alors qu’il arrive que certaines sociétés détiennent plusieurs salons de coiffures... Celles-là se retrouvent péna- lisées », dénonce Christophe Doré. Le directeur pôle client de Kingjouet, Patrick Jocteur Monrozier, souligne l’engage- ment de l’État français. Pour lui, «nous avons la chance d’être dans un pays où globalement le gouvernement fait preuve de réactivité, nous sommes très aidés par rapport à d’autres pays ». Le chômage partiel en est l’exemple, même si « nous, chez Kingjouet, on ne peut pas mettre tout le monde au chômage par- tiel dans la mesure où il nous faut une présence pour assurer les retraits en magasins et les commandes à domicile ».
Quoi qu’il en soit, la crise sani- taire aura conforté la nécessi- té pour les commerces et no- tamment les plus petits d’être visibles sur le Web et de faire du numérique un sérieux levier pour générer une partie de son
chiffre d’affaires. Dans ce sens, l’État a dévoilé la plate-forme Clique-mon-commerce, qui vise à soutenir les commerces de proximité, un chèque numé- rique de 500 euros épaulera les commerces fermés et les profes- sionnel·les de l’hôtellerie et de la restauration. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, l’a rap- pelé : « En France, seulement 37 % de TPE/PME possèdent un site Internet et 9 % ont un site marchand. » Bien trop peu. Une aide qui paraît cependant inutile pour les librairies pour lesquelles
« ce ne sont pas 500 euros qui les encourageront à se numériser davantage ». En moyenne, une librairie, c’est environ « entre 500 000 et 600 000 euros de chiffre d’affaires par an, ce chèque de 500 euros s’apparente plutôt à un coup de communica- tion », relativise Husson, délégué général du SLF.
Ces commerçant·es, indépen- dant·es ou artisan·es font le dos rond en attendant l’orage, pour combien de temps ? Beaucoup redoutent l’éventuelle politique de va-et-vient, confiné·es, dé-
confiné·es, reconfiné·es, etc. Une politique qui les mettrait de nou- veau à mal car à la tête d’activités jugées « non essentielles ». Reste à définir ce qui relève de l’essen- tiel ou non. L’homme ne vivra pas de pain seulement, disait un Jésus qui lisait dans la parole de son Père, le livre est essentiel. Et « pour un enfant qui vit dans ce contexte anxiogène qu’est la crise covid, un jouet n’est peut- être pas si superflu qu’on vou- drait l’imaginer », interroge Pa- trick Jocteur Monrozier. GeOffreY WeTZeL
en couverture
entreprendre
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
Interview croisée
Michaël Zingraf Real Estate et Ô P’tit Môme
Têtes (de réseau) sur les épaules...
Deux métiers aux antipodes, mais deux têtes réseaux ambitieuses et pragmatiques où le savoir-être et l’humain demeurent primordiaux pour réussir. Focus sur les réseaux Zingraf Real Estate et Ô P’tit Môme.
Quel est votre cœur
de métier ?
Heathcliff Zingraf :
sommes spécialisés dans l’im- mobilier de prestige, sur le marché des biens immobiliers à partir d’un million d’euros et en particulier sur la Côte d’Azur et la Provence. Plus précisément, la marque Michaël Zingraf Real Estate est soutenue par un ré- seau de vingt agences, parmi lesquelles Cannes, Cap d’An- tibes, Saint-Jean Cap Ferrat, Saint-Tropez, Mougins, Opio, Saint-Paul de Vence, Aix-en- Provence, Gordes, Lourmarin et Saint-Rémy de Provence, mais aussi récemment Deauville, Pa- ris, Uzès et prochainement Mo- naco et Gstaad (Suisse).
Jimmy Dacquin : En 2012, à la naissance de mon fils, nous avons été confrontés à la problé- matique de la place en crèche.
On nous parlait à l’époque de liste d’attente de trois ans... dans le public ! Avec Anne, mon épouse, nous avions tous les deux réalisé un cursus en école de commerce. Nous avions les bases pour partir dans l’entre- preneuriat. Nous avons ainsi pris la décision à l’époque de créer la micro-crèche Tambou- rin et Castagnettes à Marcq-en- Barœul tout près de Lille. S’en est suivie en 2015, l’ouverture d’un deuxième Tambourin et Castagnettes.
J’ai rapidement eu l’envie de dé- velopper un réseau en franchise, mais nous avons été prudents et d’abord réalisé des contrats de partenariat en prestation de services en septembre 2016. Il fallait avant tout savoir si le mé- tier d’accompagnement et d’ani- mation nous convenait. Finale- ment, nous nous sommes pris au jeu avec 6 ouvertures, puis 14 en 2018, et 15 en 2019. Fin 2019, nous avons décidé de devenir franchiseur et nous sommes passés par
une restructuration juridique avec la création de la société Les crèches Ô P’tit Môme et de la cen- trale d’achats Appro Bati Crèche.
Quelles mutations du secteur avez-vous observé ?
H.Z. : La transformation numé- rique est la mutation principale qu’a connue le secteur. C’est un virage que nous avons entrepris il y a quelques années et qui est devenu inéluctable pour per- former. Le numérique est au-
jourd’hui une part très impor- tante de notre chiffre d’affaires, même si l’humain et l’excellence de service restent au cœur de notre métier.
Le numérique a également fait évoluer les exigences des clients, en termes d’accès à l’informa- tion, de délai de réponse, d’ex- périence client. Les demandes ont également explosé via notre site Internet. Cette vitrine nu- mérique nous transmet des demandes mondiales de façon instantanée. Mais ce qui exige également de qualifier davan- tage les demandes, car, comme tout le monde le sait, Internet at- tire beaucoup de curieux y com- pris sur notre marché.
J.-D.: C’est un marché concur- rentiel. Cela dit, notre activité suit la tendance globale qui touche l’ensemble du secteur du service à la personne, plus précisément le glissement de l’offre de service du public vers le privé. Il n’est pas rare que certains élus priva- tisent leur offre d’accueil pour les enfants et nous demandent de prendre le relais tout en nous louant leurs locaux dédiés.
Les chiffres sont éloquents sur le sujet. Seules 20 % des demandes sont pourvues par une offre d’accueil collectif et aujourd’hui 95 % des nouvelles ouvertures sont réalisées par les acteurs pri- vés. C’est un marché en tension pour les parents qui va encore le devenir davantage, d’autant que le confinement nous prépare à un mini-baby-boom pour début 2021.
Pourquoi avoir choisi un modèle de développement avec des indépendants ?
H.Z. : Nous avons fait le choix d’un modèle moins contrai- gnant que la franchise en op- tant pour la licence de marque. Nous sommes au début de cette
expérience. Et aujourd’hui, nous amenons à nos licencié·es un nom et donc une notoriété, un réseau et des outils infor- matiques et marketing perfor- mants. Notre site qui œuvre tel un portail pour nos licenciés draine un trafic de plus d’un million de visites uniques an- nuelles.
J.-D. : Nous sommes d’abord partis avec des contrats de par- tenariat en prestation de ser- vices. L’idée était d’assurer un développement mixte avec nos micro-crèches en propre, mais également en partenariat. L’humain est ensuite une va- leur essentielle chez nous. Nous voulions nous inscrire dans une démarche d’échange et d’entraide en nous appuyant sur des profils avec des valeurs communes. Le choix de la fran- chise et de son modèle était donc tout à fait logique. Il faut aussi préciser que notre profession et notre cœur de métier sont ex- trêmement réglementés. Selon les zones géographiques, selon les collectivités... Il faut faire preuve d’adaptabilité, d’agilité, répondre aux besoins des élus et des parents. Et c’est cet aspect qui me plaît aujourd’hui en tant que franchiseur. Je trouve un réel épanouissement à adapter la même recette avec des in- grédients qui changent, mettre en musique tout cela avec des néoentrepreneurs motivés.
Quel est pour vous le profil idéal pour rejoindre votre marque ?
H.Z. : Aujourd’hui, nous avons recruté un professionnel en licence de marque installé à Marseille et nous sommes en train de signer avec deux nou- veaux partenaires à l’heure où nous nous parlons. Nous cher- chons des profils essentiellement
Nous avons fait le choix d’un modèle moins contraignant que la franchise en optant pour la licence de marque. Nous sommes au début de cette expérience – Heathcliff Zingraf
Nous
     22 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[pour le marché français, mais également pour l’étranger. La problématique du recrutement aujourd’hui est de trouver la pépite. Nous avons reçu plus de 200 demandes et nous avons rencontré une cinquantaine de candidats pour finalement n’en retenir qu’une poignée.
Il faut avoir en tête qu’avec le système de la licence de marque, notre capacité d’agir sur un par- tenaire est moins forte qu’en franchise, notamment sur l’ap- plication du savoir-faire. On se doit donc de réussir un recrute- ment optimal pour notre déve- loppement.
Nous recherchons ainsi des profils expérimentés qui ont déjà idéalement une expérience dans le secteur du luxe. Saisir les codes et les savoir-être sont indispensables au bon exercice de notre métier. Plus globale- ment, nous recherchons des profils qui montrent une pre- mière expérience significative dans l’immobilier en tant que chef d’entreprise ou en tant que négociateur. Au regard de notre clientèle, parler anglais est égale- ment incontournable.
J.-D.: La franchise dans le contexte actuel joue le rôle de rempart face à la crise et incarne un mode de reconversion viable. On comprend que notre concept plaît à des femmes actives qui ont eu un premier enfant et qui ont fait face à la problématique de la crèche ou de la micro-crèche. Pour ce type de profil, l’idée est aussi de quitter un métier où elles souffrent d’un manque de reconnaissance ou de l’incapa- cité à progresser et être promues au sein de leur entreprise.
Cela dit, nous n’avons pas de profils idéaux. Nous avons d’an- ciens franchisés qui veulent changer de concept. Nous avons recruté également des franchi- sés qui voulaient diversifier leur activité en devenant plurifran- chisé.
Et nous avons également des néoentrepreneurs. Disons que le point commun entre tous ces profils demeure les valeurs hu- maines et une féroce envie d’en- treprendre et de réussir.
Quelles sont vos perspectives de développement ?
H.Z. : Aujourd’hui, notre straté- gie est de conquérir de nouvelles parts de marché dans zones géo- graphiques dont le potentiel se rapprochedelaCôted’Azuretde la Provence. En d’autres termes, nous visons de nouveaux mar- chés haut de gamme telles que la banlieue parisienne, les Alpes avec Méribel, Courchevel ou encore Annecy. Dans 6 à 8 ans, nous ambitionnons l’ouverture d’une cinquantaine d’implanta- tions en développement mixte, soit l’ouverture d’une trentaine de bureaux en nom propre et en licence de marque.
J.-D. : On réfléchit à des im- plantations à l’étranger dans des pays francophones tels que la Belgique, la Suisse ou encore le Canada. Notre activité n’a pas été impactée par la covid. Nous restons dans une phase de croissance. La multifranchise se développe également. Certains de nos franchisés sont en train d’ouvrir leur deuxième, voire leur troisième micro-crèche. Au- jourd’hui, nous comptons plus de 70 micro-crèches. Nous sui- vons une stratégie d’implanta- tion qui répond à de nombreux besoins : nous sommes présents dans des communes d’au moins 5 000 habitants, dans des inter- communalités qui regroupent des bassins de 20 000 habitants. Mais nous sommes également présents dans le périurbain des villes moyennes et au sein des grandes villes. Je reviens d’ail- leurs d’un rendez-vous pris au cœur de Paris.
Quelle est pour vous la
place de la communication aujourd’hui ?
H.Z. : Le marketing et la com- munication sont essentiels. Ces deux fonctions ont pour mis- sion d’une part de faire rayonner notre image de marque et notre réputation et, d’autre part, de déployer de nouvelles stratégies d’acquisition et de conversion de prospects. Notre service au- jourd’hui se compose d’un pôle de 4 personnes à temps plein. Nos candidats pour la licence
de marque vont ainsi se reposer sur un service performant qui va les aider à démarrer dans les meilleures conditions.
J.-D. : Côté communication locale, l’un des moments clés demeure le démarrage d’une microfranchise. Nos temps forts nationaux sont essentiellement liés à l’événementiel profession- nel tels que les salons spécialisés dans le service à la personne ou encore le Salon de la Franchise. Enfin côté communication et marketing, nous laissons libre cours à nos néoentrepreneurs dans le choix du nom de leur crèche. Par exemple, un de nos franchisés a baptisé sa mi- cro-crèche située à Dunkerque Ô P’tits Corsaires, en clin d’œil à l’histoire de la ville.
Qu’est-ce que le contexte sanitaire a profondément fait changer dans votre métier ? H.Z. : L’impossibilité de réaliser des visites physiques a eu des répercussions sur le numérique. Décrire un bien de façon quali- tative en vidéo ou en photos est devenu incontournable.
Nous réalisons également des ventes 100% à distance. Une première dans notre marché ! L’acquéreur du bien, bien ren- seigné sur le marché, s’est uni- quement basé sur nos vidéos et visites virtuelles pour ache- ter. C’est un vrai changement de mœurs qui est à l’œuvre. J.-D. : Dans notre cœur de mé- tier, finalement peu de choses ont changé. Notre métier exige déjà un protocole sanitaire très exigeant. Nous ne l’avons
qu’adapté au contexte.
Dans notre métier de franchi- seur, le vrai changement a tou- ché nos formations que nous préférions assurer en présentiel. Aujourd’hui, nous les avons nu- mérisées.
Quel est le ticket d’entrée
pour rejoindre l’aventure ?
H.Z. : Pour nous rejoindre, nous avons fixé le montant des droits d’entrée à 43 500 euros HT. La redevance, elle, est fixée à 7 % du CAHT.
J.-D. : Notre contrat dure 5 ans et est basé sur des obligations de ré- sultats comme votre ouverture, votre taux de remplissage... Les droits d’entrée sont de 15 000 eu- ros. Ensuite, nous ne fonction- nons pas en pourcentage du CA mais en forfait annuel qui s’élève 5 000 euros HT pour un CA média de 200 000 euros.
PrOPOS recUeiLLiS Par
jean bacOUeT
Interview croisée
entreprendre
 On réalise que notre concept plaît à des femmes actives qui ont eu un premier enfant et qui ont fait face à la problématique de la crèche ou de
la micro-crèche. Pour ce type de profil, l’idée est aussi de quitter un métier où elles souffrent d’un manque de reconnaissance ou de l’incapacité
à progresser et être promues au sein de leur entreprise – Jimmy Dacquin
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
portrait
Préparer les franchisés pour la reprise
comment avez-vous été impacté par la crise?
Dans la mesure où les visites ne sont plus possibles, si les restrictions duraient au-delà du 1er , les conséquences seraient plus importantes. Nous estimions actuellement laperteàunpeuplusde15% sur le volume de transactions. Elle pourrait se montrer
bien supérieure si les visites étaient toujours interdites en décembre. Le gouvernement
a maintenu l’activité de tout notre écosystème : les notaires peuvent signer des actes, les courtiers et banques permettent de contracter des prêts... L’impossibilité d’organiser
des visites bloque toutes
les transactions. Ce report
des transactions va créer un bouchon et l’activité va exploser dès la reprise. Il faudra alors travailler en surrégime.
Quelles mesures
avez-vous prises ?
Guy Hoquet a adopté un plan
de confinement avec un volet
« aide financière ». Nous avons par exemple gelé les redevances fixes pendant trois mois et étalé leur paiement dans le temps. Nous avons abandonné la redevance de communication. Nous avons créé une caisse pour aider les franchisé·es
plus fragiles, notamment les nouveaux et nouvelles arrivé·es, sous forme de prêts. Dans
les faits, nous n’avons pas eu besoin d’utiliser cette caisse,
ce qui viendra peut-être si le confinement est prolongé... Autre volet de notre plan de
Pour intégrer le réseau, un·e candidat·e doit investir entre 120 000 et 200 000 euros. Cette somme inclut un apport personnel
de 40 000 à 60 000 euros. Un investissement personnel modéré en comparaison avec d’autres secteurs.
L’agence d’Épône, sur pilotis
d’événements à l’échelle du ré- seau ou du siège en tant que tel. Parce que j’ai été en formation chez Guy Hoquet, j’ai déjà noué des relations assez fortes avec d’autres franchisé·es dans toute la France. » En temps de crise, c’est crucial. Pour animer son réseau durant le confinement
« dur » de mars 2020, Stéphane Fritz, président du réseau, n’a pas hésité à organiser des jeux et animations. « L’objectif est de garder tout le monde en éveil pour repartir sur les chapeaux de roues dès la fin du confine- ment. »
marie bernard
 Guy Hoquet
Trois questions à Stéphane Fritz, président du réseau Guy Hoquet
« l’activité va exploser dès la reprise »
 On ne s’improvise pas agence Guy Hoquet : la carte professionnelle
du futur franchisé ne lui sera délivrée qu’au terme d’une formation
de 11 semaines. À l’issue d’une telle formation, il·elle sera habilité·e à accompagner des achats/ventes immobilières dans le neuf ou l’ancien, mettre des biens en location, prendre en charge la gestion locative, accompagner des demandes de financement ou des cessions de fonds de commerce.
confinement,
la formation. Nous avons encouragé les franchisé·es à profiter des circonstances pour travailler aux relances clients, à rassurer les clients en cours de transaction et à étoffer leurs bases de données.
comment avez-vous adapté votre activité ?
Nous avons consacré beaucoup de temps aux clients pour répondre à leurs nombreuses questions. Nous avons décliné tous nos processus dans un contexte d’activité sous covid. Nous avons appris à nos agents à prospecter sous covid. Nous leur avons conseillé de se concentrer sur leur base de données et de rentrer un maximum de mandats afin d’être prêts pour la reprise. Grâce au numérique et aux visites virtuelles immersives que nous réalisons avec le leader
du marché de la captation, des projets ont pu avancer. C’est
la force d’un réseau, savoir s’adapter aux nouveaux outils tout en conservant l’humain qui est notre ADN.
PrOPOS recUeiLLiS Par marie bernard
Un réseau en croissance
En 2019, la marque a enregis- tré 90 ouvertures en franchises, à peine moins en 2020 (70- 80), année marquée par une crise sans précédent. Le réseau compte déjà 580 agences, il reste de la place pour les nouveaux candidats. L’enseigne affiche 200 territoires cibles. Avis aux inté- ressé·es, des agences cherchent leur repreneur, principalement pour cause de départ à la re- traite, en région Paca, Bretagne, Pays de la Loire, Languedoc, Île-de-France, ainsi que dans le nord de Paris. Pour intégrer le réseau, un·e candidat·e doit in- vestir entre 120 000 et 200 000 euros. Cette somme inclut un apport personnel de 40 000 à 60 000 euros. Un investissement
personnel modéré en comparai- son avec d’autres secteurs. Autre point important, l’activité exige une surface minimum de 50 m2 et fort peu d’installations spéci- fiques. L’enseigne perçoit deux redevances distinctes : la rede- vance de franchise et une com- mission « communication » Le droit d’entrée est de 28500 eu- ros, il inclut les frais de forma- tion initiale.
Esprit d’équipe
Ce qui a convaincu Alexan- dra Roussel de choisir le réseau Guy Hoquet, c’est avant tout l’esprit d’équipe. Pour cette franchisée parisienne installée en 2019, la qualité de cet esprit est essentielle. « On le ressent tout le temps, que ce soit lors
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]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
Citibike, une affaire électrique qui roule
Les nouvelles pratiques de mobilité, plus vertes, plus responsables et fortes d’innovations technologiques, séduisent toujours plus. Pour nos ami·es entrepreneur·ses et les aspirant·es à la franchise, l’occasion est trop belle de surfer sur la vague de la tendance et conquérir de nouveaux marchés. Parmi ces enseignes d’un nouveau genre, Citibike se positionne comme le spécialiste présent et futur du vélo à assistance électrique (VAE). Un secteur en plein boom qui allie l’utile à l’agréable.
portrait
Aujourd’hui, le VAE devient de plus en plus un véhicule de fonction à usage professionnel, ce n’est plus seulement un véhicule de loisir – Enguerran Ducrocq, Citibike
Enguerran et Quentin Du- crocq », résume Arnaud Olivier, responsable du développe- ment du réseau de Citibike. Le concept : un point de vente de VAE toutes marques, pour tous les goûts et les besoins et pour des niveaux de budget multiples. Point important, si Citibike ne vend que de l’électrique, chaque magasin dispose d’un atelier de cycles en son sein qui fait de la réparation sur tout type de vé- los. Pour autant, « ce n’est pas la même gamme de vélos que vous trouverez dans les autres enseignes, ce ne sont pas du tout les mêmes produits ni les mêmes clients », résume Ar- naud Olivier. Et pour cause, le VAE n’est pas accessible à toutes les bourses. L’achat moyen chez Citibike est de 2 100 euros, et le modèle le plus onéreux, desti-
ce n’est plus seulement un véhicule de loisir. De quoi cibler dans notre clientèle aussi bien les particuliers que les entreprises susceptibles de commander des vélos par flotte de 10 ou 20 », résume le développeur du ré- seau. En outre, une entreprise ou un particulier qui fait affaire avec Citibike est assuré d’une démarche écologique et res- ponsable. Un enjeu inévitable, à l’heure d’une diffusion toujours plus importante des bonnes pra- tiques écolos et sociales parmi les entreprises, à coup de RSE (Responsabilité sociétale des en- treprises), notamment. Pour Ar- naud Olivier, « la démarche des fondateurs est aussi, et peut-être même avant tout, écologique ». Une démarche incarnée par l’association créée en parallèle de Citibike, et déclinable sur les nouveaux points de vente en franchise, qui fait découvrir la mobilité électrique.
Un marché en plein boom
Les futurs franchisé·es Citibike – 19 partenariats sont en cours de signature et 12 réservations offi- cielles ont été actées – pourront également compter sur le dyna- misme du marché, certainement l’un des « gagnants » de la crise. Entre recherches d’une mobilité plus écolo et active, et impéra- tifs de distanciation physique à l’heure de la covid, le vélo élec- trique... rayonne. Et Citibike avec. Le bilan est simple: « L’im- pact de la covid est quasi nul et 2020 est une très belle année pour l’enseigne », se réjouit le développeur du réseau. La crise sanitaire a boosté la demande, à tel point que les fabricants peinent à suivre le rythme, jusqu’à créer une quasi-pénurie et un manque d’approvisionne- ment pour les nouveaux maga- sins. Qu’importe, les fabricants vont s’adapter et augmenter la production, et Citibike regarde loin devant. L’année 2021 sera celle de l’expansion et du décol- lage du réseau. Le début d’un long et riche Tour de France sur vélo à assistance électrique. adam beLGHiTi aLaOUi
  Plus ça va et plus la mo- bilité électrique in- dividuelle s’impose dans nos quotidiens
comme un moyen de locomo- tion de choix, en particulier en milieu urbain. Qu’il s’agisse de trottinettes, de vélos ou même de scooters, la pratique séduit. L’électrique c’est trendy. Son marché aussi. Le modèle du tout automobile prôné depuis les an- nées 1970 a atteint ses limites. Le vélo, en particulier, devient une alternative prisée pour les déplacements domicile-tra- vail. Les fameux VAE (vélos à assistance électrique), en plein boom, portent un marché du cycle très dynamique. En 2019, il a rondement bondi de 10 %. En 2020, la croissance devrait
atteindre les 15 %. Les seuls VAE devraient voir leurs ventes croître de 19 % par an d’ici à 2023. Pour vendre, et pour conseiller au mieux, encore faut- il des points de vente spécialisés, dédiés au cycle électrique. C’est le pari et l’ambition de la jeune pousse Citibike et de son réseau en franchise naissant. L’enseigne se veut un spécialiste de la vente de VAE, aux particuliers et aux entreprises. Avec responsabilité et écologie à tous les étages.
De l’histoire de famille
à la franchise
L’aventure, commencée en 2014 à Caen, se décline en franchise depuis 2019. « C’est une affaire de famille née en Norman- die et tenue par deux frères,
né à une clientèle très sportive, grimpe les côtes à 10 000 euros ! Petite particularité notable, les client·es sont invité·es à payer en 5, 10 ou... 36 fois.
Forts de leur concept en vogue, et motivés par la réussite de leur magasin caennais, les fondateurs font donc le choix de la franchise en 2019, naturellement. Le ti- ming est idéal. Malgré la crise qui secoue actuellement l’écono- mie, le marché du vélo électrique grimpe, grimpe, grimpe comme Virenque. Et les aspirants fran- chisé·es sont déjà séduit·es par le concept de Citibike, qui mêle des perspectives de résultats très al- léchantes à une conscience éco- logique affirmée.
Électrique et écolo
« Aujourd’hui, le VAE devient de plus en plus aussi un véhicule de fonction à usage professionnel,
    26 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                                                 ENTREPRENEUR ET ACTEUR DE VOTRE SUCCESS STORY
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portrait
 Dietplus
apporter de la sérénité dans la durée. Les success stories sont au rendez-vous, si bien que cer- tains de nos clients sont deve- nus à leur tour des franchisés, convaincus de la méthode et du bien-être apporté. L’amincis- sement n’est plus un tabou. Le bien manger et le bien-être sont dans l’air du temps. Nous nous appuyons également sur une méthode éprouvée scientifique- ment par un comité dirigé par le docteur Jean-Jacques Hou- din. » L’autre force de l’enseigne tient à son fonctionnement col- laboratif. Un comité, qui repré- sente 10 % du réseau, statue sur les nouveautés et sur l’évolu- tion du concept. Aucun fran- chisé n’est dès lors laissé pour compte. Parmi ces innovations, entre autres, le changement de communication et d’alterna- tive alimentaire pour inclure par exemple des phases végéta- riennes et se calquer au mieux sur les attentes des clients.
Le numérique
au service de l’humain Profiter de la force d’un réseau, ce n’est pas seulement bénéfi- cier de l’aura d’une enseigne. Petit journal de crise par Ni- colas Bernard : « Notre logiciel de coaching est interfacé avec un CRM pour un meilleur suivi des personnes, on y tient à jour leur problématique et l’on y répond par les meilleurs ser- vices et produits. Notre tour de France des régions, en termes d’animation du réseau, s’est également numérisé, compte tenu du contexte. Nous allons diffuser une application mobile pour le client final. Côté fran- chisé·e, l’activité s’est égale- ment poursuivie en réalisant le suivi hebdomadaire de chaque personne en visioconférence. » Et comme bon nombre d’en- treprises, Dietplus ne déroge pas à la règle de l’obligation de l’e-commerce en pratiquant la livraison de produit en drive. Bref un beau modèle de rési- lience et de résistance face à la morosité entrepreneuriale. jean bacOUeT
Des kilos d’atouts
On a bien stabilisé le réseau. Le retard s’explique par des délais bancaires plus longs en termes de traitement. Tout comme l’immobilier professionnel qui fonctionne plus lentement. Il faut se réjouir qu’aucun de nos franchisé·es n’ait connu de fermeture pendant le premier confinement. Et les démar- rages, malgré le contexte, sont bons. Notre objectif 2025 reste donc le même. Nous voulons nous imposer comme leader de la minceur en France et ambi- tionnons 700 points de ventes à cette échéance. » Voilà qui est dit.
Concept à la croisée de la médecine et du bien-être Le concept Dietplus, que la marque conserve en minus- cules, dietplus, est simple : une petite structure individuelle qui demande un local de 40 m2 où le·la franchisé·e joue le rôle de coach sur des zones de cha- landises localisées à partir de 7 000 habitants. « 80 % de nos franchisé·es ont monté des structures individuelles, mais il existe parfois des embauches pour des multifranchisés, ne s’interdit pas Nicolas Bernard. Le·la franchisé·e reçoit une formation pour devenir coach de rééquilibrage alimentaire. Le but est de faire monter en compétence les clients sur leur autonomie alimentaire et leur
pour l’ambitieux
de l’amincissement
Un concept simple et éprouvé. Une structure légère mais rapidement rentable. Bienvenue dans le monde de l’amincissement vu par Nicolas Bernard, responsable développement réseau chez Dietplus.
Le concept a été créé en 2011 en France, il a émigré vers la Belgique et l’Espagne et compte
230 points de vente actifs dont 20 en Belgique, 11 en Espagne. Les implantations outre-Quié- vrain ont doublé cette année. Si l’on ajoute 40 à 45 nouveaux franchisés « signés » sur le mar- ché français d’ici à janvier 2021, pas de doute, la petite entre- prise ne connaît pas la crise. De quoi réjouir son directeur du développement, Nicolas Ber- nard, qui n’est pas pour rien dans la performance : « Depuis
notre création, nous connais- sons une croissance forte à deux chiffres avec un coup d’accélérateur depuis trois ans. Dietplus est un concept acces- sible tant financièrement qu’en termes de profils : ni diplôme spécifique ni expérience signi- ficative ne sont exigés. La seule attente de notre part est celle de partager les valeurs du réseau. Le contexte actuel n’impacte pas trop notre développement, nous connaissons au plus un léger retard. On va connaître moins de fermetures cette an- née que l’année précédente.
Nicolas Bernard
 Dietplus est un concept accessible tant financièrement qu’en termes de profils : ni diplôme spécifique ni expérience significative ne sont exigées. La seule attente de notre part est celle de partager les valeurs du réseau.
     28 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                 DE LA MENUISERIE EN FRANCE
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La menuiserie est un marché qui a prouvé sa stabilité quelle que soit la conjoncture
     ]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
portrait
La Compagnie du lit
moyenne une fois tous les 14 ans. La plupart du temps, il ne sait pas sur quelle marque de literie il dort ! »
A priori ça ne l’intéresse pas. L’impact du conseil prodigué par le vendeur est par consé- quent bien plus fort dans ce métier que dans d’autres. Si le dirigeant satisfait à ce critère, la partie est presque gagnée. « Un bon vendeur verra que les produits sont simples à vendre », constate le directeur du développement. Lorsqu’on ne vient pas d’un métier de la vente, rien de tel qu’une mise en situation pour évaluer ses capacités. « Quand une per- sonne vient nous voir en vue d’ouvrir une franchise, nous l’envoyons 15 jours ou trois semaines en immersion dans un magasin », explique le di- recteur. « Il prend la place du vendeur et on voit comment ça se passe. Une personne qui
lorsque le franchisé envisage d’ouvrir plusieurs franchises, ce qui est le cas de la plupart de nos partenaires. Le second point essentiel que doit satis- faire l’entrepreneur consiste à trouver des locaux bien pla- cés. Enfin, il doit bien maîtri- ser sa masse salariale. »
Une exclusivité territoriale pour favoriser la multifranchise
Le concept du spécialiste de la literie est idéal pour les entrepreneurs qui visent la multifranchise. Règle : « Nous leur réservons l’exclusivité sur leur territoire pendant deux ou trois ans. Durant cette période, nous n’implantons pas d’autre franchise sur sa zone d’exclusivité. » Le montant de l’investissement initial reste modéré : le franchisé doit compter entre 120 000 et 200 000 euros pour une surface de 350 m2. Le chiffre d’affaires n’est pas toujours proportionnel à la taille de la ville d’implanta- tion. Certains magasins de petites villes font un CA im- portant, c’est le cas à Vitré (35) où la boutique La Com- pagnie du lit réalise un CA de 800 000 euros ! « Nous accompagnons les franchisés de A à Z : recherche des locaux, formation, marketing, visite d’usines, sourcing... », explique Dominique Char- trou. L’enseigne travaille avec un réseau de partenaires et négoce avec les fournisseurs. Le franchisé n’a plus qu’à pas- ser ses commandes et accueil- lir les clients. La Compagnie du Lit souhaite aujourd’hui se développer dans la région Centre (Bourges, Limoges ou Châteauroux), dans l’Est (Be- sançon, Colmar, Mulhouse) et en Bretagne (Quimper et Brest). La marque reste op- portuniste et ne ferme aucune porte. La demande existe et la marque ne couvre à ce jour que 39 % de la population. De quoi faire de beaux rêves sur une belle literie.
marie bernard
Du ressort pour
la multifranchise...
L’enseigne poursuit son développement malgré la crise. Pas de tout repos ! Le concept se révèle idéal pour les entrepreneurs qui aiment le contact client et souhaitent se développer en multifranchise. On lève la couverture...
  La Compagnie du lit est bien cette fran- chise élue Meilleure chaîne de magasins
de l’année et Meilleure fran- chise en 2019, excusez du peu ! Parmi ses 85 points de vente, dont 54 succursales et 31 franchises, aucune ferme- ture n’a été signalée. Face à la crise covid, le réseau a prouvé sa solidité. L’enseigne réalise un CA consolidé de 85 mil- lions d’euros, soit en moyenne 1 million par magasin. La fer- meture de tous ses points de vente n’a pas eu raison des objectifs financiers. « Nous avons largement rattrapé le retard dû à la fermeture des boutiques. En règle générale, les points de vente ont enre- gistré en moyenne 20 à 30 % de croissance suite au premier confinement. Nous avons fait en sorte de nous remettre très vite au travail. Nous avons très vite mis en place un parcours consommateur : housses jetables pour es- sayer les matelas, masques et
gants... Aujourd’hui encore, l’incertitude économique ne freine pas son dévelop- pement. Nous devrions at- teindre les 100 points de vente d’ici à la fin de l’année 2021 », prévoit Dominique Chartrou, un directeur du développe- ment décidément digne de sa fonction. « Notre réseau se développe en succursale et en franchises. ». De quoi offrir de belles opportunités aux candidats.
Wanted
un très bon vendeur...
Pour réussir en franchise sous enseigne La Compagnie du Lit, l’entrepreneur doit avant tout se montrer un très bon vendeur. « Parmi les cri- tères de recrutement, c’est le plus important », insiste Dominique Chartrou. « Un Français change de literie en
aime le contact aime ce mé- tier. En revanche, les hyperac- tifs nés doivent bien réfléchir avant de choisir de vendre de la literie. Dans ce métier, il faut être prêt à attendre... Moralement, ça peut se révé- ler compliqué. Parfois, il ne verra qu’un ou deux clients dans la journée », explique Dominique Chartrou. « En revanche, quand un client entre, c’est pour acheter. Cette épreuve de solitude ne sera que provisoire, notamment
La demande existe et la marque ne couvre à ce jour que 39 % de la population
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      ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
portrait
 Débarras,
À Saint-Lô, on a reconstitué des intérieurs...
prix varie en fonction de la dif- ficulté de l’opération, elle vide la totalité de la maison ou du bien, réalise un inventaire complet et détaillé des meubles et des ob- jets récupérés, alors valorisés et revendus grâce à une appli- cation sur smartphones et aux points de dépôt-vente. « Ce qui est récupérable et valorisable sera revendu, en dépôt-vente ou via Internet, le reste est entière- ment recyclé », résume Arnaud Olivier. De manière classique, Trokeur s’assure un pourcentage sur la revente. Outre la promesse d’une opération réalisée par des professionnels, les client·es pourront aussi compter sur une démarche écologique assumée et proclamée. L’enseigne se veut un « acteur de l’économie cir- culaire, elle garantit aux com- manditaires une prestation nor- mée qui utilise des techniques respectueuses de l’environne- ment ». Au menu, entre autres prestations: recyclage de l’entiè- reté des matériaux non vendus et opérations réalisées au quotidien
et sa rentabilité, le fondateur a lancé sa franchise sous conces- sion en licence de marque il y a tout juste trois mois », explique le développeur du réseau. À ce jour, et malgré une ouverture à la franchise en pleine crise sanitaire, ce sont déjà quatre franchisés qui ont adopté le concept Trokeur et ont rejoint le réseau (à Saint-Lô, Rennes et Paris). Pour séduire ses futur·es partenaires, l’enseigne compte sur des moyens d’entrée et des zones de chalandise attractives. Deux offres sont accessibles aux aspirant·es franchisé·es : des droits d’entrée de 12 000 eu- ros, pour une zone de chalan- dise de 100 000 habitants ou de 25 000 euros pour l’exploitation exclusive de l’ensemble d’un dé- partement. Une donnée non né- gligeable et qui a de quoi attirer le regard et la convoitise, quand on connaît les enjeux de concur- rence interne aux réseaux. Ar- naud Olivier résume : « Trokeur constitue véritablement le pre- mier et quasi seul réseau de dé- barras structuré, professionnel et écologique. Les perspectives de développement sont ambi- tieuses. Dans les trois ans, nous espérons atteindre la cinquan- taine de franchisé·es et être réfé- rencé dans toute la France. »
Crise ou pas, ça débarrasse
Certes, l’enseigne a entamé sa vie de franchiseur dans un contexte de crise sanitaire sans précédent, mais le réseau n’a pas subi le premier confinement puisqu’il n’était pas encore ouvert à la franchise. Durant le second confinement, les professionnels du débarras et du déménagement ont été autorisés à poursuivre leur activité. Pas de frein ou de coup d’arrêt pour l’ambition de Trokeur, donc. « Le réseau a été lancé il y a trois mois et est bien lancé malgré la crise, la situa- tion n’a pas impacté le plan de développement », se réjouit le développeur de la franchise qui insiste sur « l’opportunité rare pour les aspirant·es franchisé·s » que constitue l’enseigne, bien dé- cidé à bousculer le marché. adam beLGHiTi aLaOUi
valorisation et
recyclage de proximité
Si le marché du déménagement dispose de son lot de réseaux
de prestataires, son petit frère le marché du débarras se révèle bien plus atomisé. Entre dépôts-ventes, autoentrepreneurs et déménageurs du dimanche, difficile pour les client·es de faire confiance à un acteur unique. En proposant une offre de débarras complète et écologique, l’enseigne Trokeur Débarras, qui a entamé son aventure en franchise en 2020, entend répondre à ces enjeux.
«T
 rokeur est le premier réseau national de
ce constat: le débarras et le troc méritent bien une enseigne au goût du jour. Et le bonhomme connaît son monde. Dans le milieu du troc depuis plus de 30 ans, il a notamment été directeur de Troc de l’Île, leader européen de l’occasion et du dépôt-vente. En 2009, Trokeur est créé. Dans un premier temps, l’enseigne se décline sous forme de magasins de dépôt-vente. Il y a trois ans, Trokeur lance le concept de dé- barras responsable qui fonde au- jourd’hui sa stratégie.
LedébarrasdeAàZ
La demande d’offres de débar- ras augmente de manière signi- ficative ces dernières années. Attention, il s’agit bien de dé- barras et non de déménagement, Trokeur y tient. Le concept est simple: l’entreprise propose un devis sur le débarras, dont le
débarras de proximité et de valorisation de biens, des maisons, appartements, commerces et entreprises », affirme Arnaud Olivier, responsable du développement du réseau. Il faut dire qu’il existe de belles places à prendre, sur un marché qui compte beaucoup d’acteurs di- vers, mais peu ou pas de struc- tures organisées capables de dé- livrer une prestation complète, de la levée des meubles jusqu’à leur valorisation, en passant par la case recyclage. Encore au- jourd’hui, le marché, très explo- sé, voit beaucoup de prestataires indépendants non profession- nels offrir leurs services. Le créa- teur de Trokeur Débarras, Pierre Marzin, a fondé son concept sur
en partenariat avec les acteurs publics et privés du recyclage. En somme, un concept mul- titâche et complet. Qui fait confiance au modèle de la fran- chise pour son développement.
Pour des droits d’entrée de 25 000 euros HT, les franchisé·es peuvent s’assurer une zone de chalandise exclusive étendue sur tout un département.
Trokeur en franchise,
année 1
« C’est un réseau très
Après avoir validé le concept
jeune.
   32 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre
créer aujourdhui
L’entreprenariat à la portée de tous
Microfranchises solidaires
de l’Adie : se passer des banques ?
Pour se franchiser, il faut investir. Un ticket d’entrée élevé. À moins... Le concept de la microfranchise, créé par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), rebat les cartes pour des travailleurs indépendants et des microentrepreneurs. À même de se lancer dans l’aventure sans apport financier important, précieux conseils à l’appui. Plongée dans une réelle aubaine.
n’ont pas toujours le moyen d’ac- céder aux concepts multiples de la franchise », détaille Basile Albert. Sur la base de ce constat, l’Adie a lancé le concept de la microfranchise solidaire qui re- pose sur le principe général de la franchise (le code de déon- tologie européen sur le sujet n’opère aucune distinction entre les formes de franchise en fonc- tion de la taille des entreprises ou du montant d’investissement nécessaire pour y accéder). L’as- sociation s’est retrouvée à l’ini- tiative et à l’émergence d’un système consistant à bâtir des réseaux que les microfranchisés pourraient intégrer en s’acquit- tant d’un droit d’entrée modique et dans lesquels ils pourraient exercer leur activité avec un sta- tut de travailleur indépendant ou même d’autoentrepreneur.
L’Adie n’est
pas le franchiseur
« Nous intervenons à trois niveaux, explique Basile Albert. Nous accompagnons des por- teurs de projets qui veulent lan- cer un réseau de microfranchise. Une fois le réseau sur pied, nous proposons une solution de fi- nancement aux microfranchisés grâce au microcrédit. Puis nous participons à la gouvernance de ces réseaux à travers une socié- té d’investissement, l’Amsi – Adie microfranchise solidaire investissement. L’Amsi a pour vocation d’entrer au capital des microfranchiseurs que sont les têtes de réseaux partenaires. » L’Adie a créé avec ses partenaires deux réseaux de microfran- chise autour de deux métiers très accessibles : Mon assistant numérique, spécialisé dans l’as- sistance informatique. Et la mi- crofranchise jardinage avec le groupe Oui Care (ex-O2).
Ce n’est pas tout. À côté de cet accompagnement de créa- teur·trices de microfranchise, l’Adie aide et finance aussi des candidat·es qui veulent intégrer une franchise déjà existante, partenaire ou non de l’associa- tion.
anna GUibOraT
 Un mot avant tout sur l’Adie, reconnue d’utilité publique, fondée par Maria
Nowak, l’économiste qui a in- troduit en France le système du microcrédit. Depuis plus de 30 ans, l’association défend l’idée que chacun peut devenir entre- preneur. Sur tout le territoire français, l’Adie compte environ 1 500 bénévoles et 600 collabo- rateurs, dont 400 conseillers, qui travaillent pour rendre la plus accessible possible la création d’une activité indépendante. « En France, certaines personnes sont exclues de la création d’ac- tivité à cause de l’impossibilité d’obtenir un financement clas- sique auprès des banques. L’Adie leur propose des microcrédits
plafonnés à 10 000 euros. Ils sont destinés aussi bien à des créa- teurs d’entreprises qu’à des per- sonnes qui veulent développer une activité déjà existante », ex- plique Basile Albert, responsable du développement au sein de l’Adie. « La seconde barrière qui existe pour certaines catégories de population qui souhaitent en- treprendre, dit-elle, est la com- plexité de la formalisation du projet : les démarches adminis- tratives, les choix du statut juri- dique, et bien d’autres étapes. Ce n’est pas simple, et certain·es se retrouvent démuni·es devant ces sujets. À l’Adie, nous proposons une offre de services 100 % gra- tuits autour de l’accompagne- ment et du conseil, des services accessibles via les 150 agences de notre association ainsi que sur notre site Internet ».
La microfranchise
pour démarrer avec peu
En 2011, l’Adie s’est rendu compte qu’il n’existait pas de concept de franchise adapté à ses clients. « Les concepts de franchise existants sont souvent inaccessibles, économiquement hors de portée car ils demandent des investissements bien au-delà de ce que peuvent rassembler de petits entrepreneurs. Et puis, les personnes éloignées du marché de l’emploi, avec peu ou pas de qualification professionnelle,
Les concepts de franchise existants sont souvent inaccessibles, économiquement hors de portée car ils demandent des investissements bien au-delà de ce que peuvent rassembler
de petits entrepreneurs – Basile Albert, Adie
     34 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[stratégie
têtes de réseaux
Les têtes de réseau accompagnent leurs associé·es
lors du reconfinement, tout le monde s’y est mis, l’offre s’est retrouvée du coup très diluée – et les chiffres réalisés aussi. » D’autant que les indicateurs de consommation, pour le mois de novembre, vont se ré- véler désastreux. Mais dans la perspective d’une réouverture, il va falloir être prêt à maximi- ser ses opportunités. Et passer au numérique – avec tout ce que cela implique – en fait partie.
Indispensable
sur le long terme
Car l’enjeu de court terme – la mise en place rapide d’outils pour aider ses franchisés – recouvre aussi des enjeux de long terme. « On peut dire, en un sens, que ce passage au numérique, au sens large, est un bien nécessaire », estime Laurent Delafontaine, associé fondateur d’Axes Réseaux. Le déploiement d’outils numé- riques aura des conséquences fortes sur le savoir-faire, sur la façon dont le réseau va faire du commerce... Et ceux qui ont su s’adapter seront ceux qui, dans le futur, attireront des candidats.
« De toute façon, il va de- venir quasiment impossible de maintenir une activité uniquement physique, estime Sylvain Bartolomeu. L’expé- rience client, en amont et aval, est de plus en plus numéri- sée, parfois même dans les magasins. » L’acte d’achat, ou le retrait, est encore un acte physique. Mais tout l’avant et l’après – la recherche, les pro- motions, le SAV... – est dé- sormais numérique. De quoi ouvrir des portes : la multipli- cation des points de contact entre la marque et ses clients est aussi l’opportunité de faire évoluer ses offres – aussi bien principales que connexes. C’est bon pour une enseigne, quelle que soit son activité. Par exemple, beaucoup de salles de sport, aujourd’hui, offrent du coaching en ligne. L’offre restera intéressante, même après une réouverture des
salles – sous forme, pourquoi pas, de débriefings personna- lisés. Mais là encore, pour être menée correctement, l’opé- ration demande des moyens : un son correct, un bon éclai- rage, des caméras HD... « Il faut, en fait, reprendre tout le processus consommateur, le confronter à ce que l’on ap- prend de ses relations clients et voir quelles briques seront impactées, par exemple, l’acte de paiement », décrit Sylvain Bartolomeu.
Un projet d’envergure
Mais attention, ne devient pas un pro du Web qui veut – encore faut-il s’en donner des moyens. Il ne suffit pas de « simplement » s’équiper des outils ad hoc. « Pour le faire, il faut le faire bien – et il faut une offre adaptée », souligne Bartolomeu. Et sur- tout, compter sur une bonne structure de départ aide, ce qui donne aux franchises un avantage: elles savent mu- tualiser leurs moyens. Il sera beaucoup plus facile à une enseigne qu’à un magasin indépendant, d’être visible, de construire une plate- forme adaptée et attirante, et de la faire connaître. Un site global sera mieux référen- cé et visité qu’une multitude de petits sites. Et, là encore, pour augmenter son impact, le site doit pouvoir présenter en livraison ou cliqué-retiré des produits phares, dispo- nibles dans tous les magasins, ou des offres promotionnelles communes, ou encore une communication commune. Car le cliqué-retiré devient, en quelque sorte, la face émergée de l’iceberg. Derrière, en sou- tien indispensable, doivent se mettre en place les probléma- tiques de référencement, de prolongation de l’expérience client, de travail de ses bases clients (emailings, sms...), d’élaboration de contenus nu- mériques pour promouvoir l’offre et engager les clients (si Google est le premier moteur
L’indispensable passage
au numérique, un
bienfait de la crise...
S’équiper d’outils d’e-commerce, sous la forme d’un site marchand avec livraison, click and collect (cliqué-retiré) ou encore e-réservation sont aujourd’hui pour beaucoup d’enseignes une façon de survivre. Mais cette numérisation – partielle – de l’activité est cruciale pour l’avenir d’un réseau, et doit être menée avec le soin nécessaire, même dans l’urgence.
 En ces jours de re- confinement et de fermeture des com- merces réputés « non
essentiels », de
d’enseignes se tournent vers le numérique. Les services de cliqué-retiré, l’e-réservation ou encore la livraison se mul- tiplient, comme chez Mon- ceau Fleurs. D’autres réseaux, déjà largement équipés de sites de vente en ligne se re- posent intégralement dessus, comme Fnac-Darty, LDLC... « Pour un certain nombre d’activités, le click and collect ou la livraison vont se muer en une activité durable, souligne
Sylvain Bartolomeu, dirigeant associé chez Franchise Mana- gement. Dans ce cas, l’intérêt de se doter de ce genre d’ou- tils est patent. Pour d’autres réseaux, le chiffre qu’ils vont tirer de ces pis-aller se révèle infinitésimal. Pour- tant, il permet de continuer à faire tourner le magasin. » Le contexte, également, pèse dans la décision. «Lors du premier confinement, les res- taurants qui s’étaient adaptés rapidement avaient pu réaliser des chiffres intéressants, entre autres parce qu’ils n’étaient pas très nombreux, continue Sylvain Bartolomeu. Mais
plus en
plus
 36 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[stratégie
Il va devenir quasiment impossible de maintenir une activité uniquement physique. L’expérience client, en amont et aval, est de plus en plus numérisée, parfois même dans les magasins – Sylvain Bartolomeu, Franchise Management
têtes de réseaux
        de recherche, YouTube est le deuxième)... Bref, pour que le click and collect ne soit pas un gadget, il faut investir du temps et de l’argent.
Un premier aspect impor- tant est le juridique. « L’ar- rivée d’un site Internet va impacter le contrat, sou- ligne Laurent Delafontaine. Éventuellement influer sur la clause d’exclusivité, sur le pé- rimètre de la redevance – le CA réalisé sur le site Internet va-t-il rentrer dans la base de calcul de la redevance des
franchisés ou être considéré comme un CA additionnel... Il faut aussi penser aux ques- tions de coût d’usage, de durée d’utilisation... » Bref, autant de questions de fond qu’il va falloir prévoir dans le contrat, pour ne pas s’en mordre les doigts plus tard. Par exemple, aujourd’hui, les services type Uber Eats génèrent des discussions de fond : les fran- chisés signalent que lorsqu’ils passent par ces plates-formes, ils touchent 72 % de leur CA normal (Uber Eats prend 28 % de commission), mais la rede- vance reste calculée sur 100 %
Autre exemple : pour l’expé- rience client, il ne suffit plus aujourd’hui sur le Web de pro- poser un catalogue – même très joli. Le Web suit la même évolution qui s’est produite dans les magasins physiques il y a quelques années, lorsque l’on est passé d’une philoso- phie de stockage de produits – le magasin est l’endroit où l’on vient le chercher – au storytel- ling, à la mise en scène du pro- duit et de l’expérience client. Il faut aujourd’hui une vraie expérience consommateur en ligne, ce qui demande du contenu et des services, corol- laires à l’acte de commande. Prenons l’achat d’un meuble en ligne : il va s’accompagner de vidéos sur l’installation, le montage... Ou l’achat d’outils de cuisine, de recettes, tuto- riaux, vidéos de démonstra- tion... Les exemples abondent.
L’utilisation des réseaux so- ciaux, notamment, réclame un vrai travail de fond pour que tout soit coordonné. Il faut produire du contenu de marque, du contenu sur les produits pour valoriser l’offre, du contenu pour engager ses clients, mais aussi mettre en avant les franchisé·es... C’est une refonte importante qui
génère peu de chiffre à court terme, mais qui est essentiel à moyen-long terme. Surtout pour les magasins ou en- seignes qui se reposaient pour beaucoup sur les achats d’im- pulsion et qui souffrent par- ticulièrement en ce moment : ce travail de fidélisation sur le fichier client est crucial.
Enfin, « en plus de tous ces aspects techniques, pour que toute cette infrastructure nu- mérique fonctionne correcte- ment, il faut l’infrastructure humaine adéquate », souligne Ludivine Bertrand, consul- tante marketing et communi- cation chez Progressium. Des équipes dédiées pour le pilo- tage de l’activité qui suivent des indicateurs précis, en lien avec le marketing et le réseau. Il faut établir une supply chain spécifique, des équipes for- mées pour la relation client... chez le franchiseur. « Mais le·la franchisé·e doit aussi compter sur un responsable local pour les nouveaux services, qui doit être formé », remarque Laurent Delafontaine.
Réussir son passage
au phygityal
En un sens, la crise a poussé beaucoup de franchisé·es à se
 38 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[était moins claire, où le lien de confiance était un peu faible, la crise a plutôt eu tendance à faire rejaillir les intérêts indi- viduels, et le réseau se trouve bloqué. En fait, l’état d’esprit d’avant-crise dans le réseau compte plus pour la réussite du projet que le secteur d’ac- tivité de l’enseigne... « Impli- quer le réseau dans la réflexion a été, dans les projets précon- finements, la clé du succès », souligne Ludivine Bertrand.
Les réseaux où les franchi- sé·es sont impliqué·es tôt dans le projet, sont écouté·es et où il existe déjà des moyens – typiquement grâce à une redevance communication – partent du bon pied. En temps normal, un tel projet – d’envergure – serait l’objet d’une commission, et la feuille de route serait élaborée conjointement avec les fran- chisé·es. Mais aujourd’hui, « compte tenu de l’état d’ur-
gence, il peut être efficace pour une tête de réseau d’arri- ver avec une proposition déjà plutôt détaillée tout en res- tant, bien sûr, ouvert à la dis- cussion, ce qui, en plus, a de quoi rassurer les franchisé·es en montrant que leur réseau prend des initiatives et est proactif », suggère Ludivine Bertrand. Et cette proactivité, en ce moment, est essentielle. jean-marie benOiST
têtes de réseaux
stratégie
  poser les bonnes questions et fait rentrer – un peu de force – nombre de réseaux dans les nouvelles façons de faire du commerce. « Le phygital n’est pas tout récent. On en parle déjà depuis un certain temps, sans vraiment s’y mettre, continue Sylvain Bartolomeu. Mais là, on est obligé d’y al- ler. » Cet aspect « obligé » risque de produire deux effets diamétralement opposés sur un réseau. Ainsi, dans beau- coup de franchises où le sujet était déjà sur la table, les projets n’avançaient pas souvent par manque d’urgence. La crise a levé ces réticences. «Pour beaucoup de franchisé·es, un site marchand générait la crainte d’une concurrence supplémentaire, renchérit Ludivine Bertrand. Mais au- jourd’hui, tout le monde s’ac- corde sur le fait que les deux types de commerce sont com- patibles et indispensables. » Les opérations telles que le cliqué-retiré, l’e-réservation ou même la livraison vont ser- vir la vente en magasin, par exemple en glissant un bon cadeau uniquement valable dans le point de vente dans le colis. Mais dans d’autres réseaux, où la gouvernance
décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr |39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[stratégie
membres de réseaux
 Les vrais coûts d’une franchise
rencontré par les aspirants franchisés. Pour éviter les mau- vaises surprises, il faut vraiment échanger avec la tête de réseau qui connaît le montant des dé- penses à prévoir », recommande Benoit Fougerais, fondateur de pretpro.fr.
Ne pas sous-estimer
les coûts d’ouverture
Ces coûts, dits d’installation et d’agencement, constituent la mise de fonds majeure d’une création de franchise. Les autres ne sont pas à négliger, met en garde Laurent Delafontaine : « Le futur franchisé doit esti- mer les coûts d’ouverture. En premier lieu, le recrutement et les formations. En règle géné- rale, un manager est embauché un mois avant l’ouverture et le personnel une semaine avant. Il faut souvent compter un mois de formation pour le manager. Durant ce laps de temps, le nou- veau franchisé doit payer le loyer de son local, les taxes, les charges et les salaires. » Le·la candidat·e à la franchise doit également régler les droits d’entrée, en une fois, au moment de la signature du contrat avec son franchiseur. « Il doit aussi financer le logiciel d’exploitation parfois imposé par le franchiseur et le plan mé- dias de lancement de son com- merce », liste Laurent Delafon- taine. Dans ce cadre, le candidat a tout intérêt à estimer au plus juste son besoin en fonds de rou- lement s’il ne veut pas cesser son activité prématurément. « La tâche est plus complexe qu’il n’y paraît selon les activités. Dans l’immobilier par exemple, le dé- lai est très long avant d’atteindre le point mort. Il faut le temps de trouver des biens, des acheteurs
sement, les mauvaises surprises s’annoncent multiples : les coûts d’installation mal évalués en sont un exemple récurent. Si le vrai coût de création d’une franchise est faussé, l’opération risque vite de s’avérer catastro- phique. « Plus d’un tiers, voire 40 % des échecs enregistrés au cours des derniers 12 à 18 mois s’expliquent par l’insuffisance de la prise en compte des besoins financiers liés au BFR. Il s’agit véritablement du maillon faible dans le processus de création d’une franchise. Parfois, cette faiblesse est liée au banquier, qui n’a pas une connaissance assez fine de l’activité et qui sous-fi- nance. Entre deux enseignes de boulangerie par exemple, certes le concept demeure identique, mais leur fonctionnement va s’avérer très différent. La tête de réseau, qu’il soit le franchiseur, une coopérative ou un par- tenaire, doit impérativement orienter le candidat à la fran- chise et l’accompagner dans la réalisation de son plan de fi- nancement», souligne Michel Kahn, consultant en franchise et président de la Fédération des réseaux européens de partena- riat et de franchise (Iref).
Le franchiseur,
un soutien nécessaire Donnée essentielle : le franchi- seur se doit de se montrer le plus transparent possible sur ces coûts. « Un groupe hôtelier doit, par exemple, communiquer le coût de réfection d’une chambre, son taux d’occupation, etc. La loi Doubin liste les dépenses initiales à la mise en œuvre du concept, mais n’oblige pas le franchiseur à dévoiler l’ensemble des informations qui aboutissent à une estimation précise du plan de financement dans le temps », alerte Laurent Delafontaine. Un point de vue partagé par Michel Kahn: « La loi Doubin est trop restrictive, et je l’admets même si j’ai participé à son élaboration. Elle n’évoque pas la nécessité de provisionner trois mois d’avance de BFR, de prévoir des fonds pour enregistrer légalement sa
Comment établir son plan de financement
pour savoir combien emprunter
Le phénomène est criant : la covid-19 ne freine pas les appétits des Français·es pour une aventure entrepreneuriale de type franchise ! On le comprend à travers tous les articles de ce numéro, le collectif joue à fond avec l’appui de la tête de réseau : le·la franchisé·e est bien mieux armé·e qu’un commerçant indépendant, « essentiel » ou non, pour affronter la crise sanitaire. Reste... à lever des fonds. Donc mettre au point un business plan net et précis. Où va figurer notamment un volet consacré aux aspects financiers avec un bilan et un compte de résultat prévisionnel sur une période déterminée (en général cinq ans). Ce
volet est bien sûr primordial : il reflète les vrais coûts de création d’une franchise. Partant, le capital à emprunter.
«O
chises, celles avec local commercial et celles sans, comme le courtage. La franchise avec local représente environ 52 % du total du coût », rappelle Laurent Delafontaine, associé fondateur d’Axe-Ré- seaux. Quels sont les autres in- vestissements à entrer dans un plan de financement ? En pre- mier, le local lui-même, quand il en faut un. Il s’agit soit d’un droit au bail, soit du rachat d’un fonds de commerce. Il existe des lo- caux sans frais initiaux, mais les loyers sont plus importants. Puis viennent l’ensemble des frais
et respecter les délais souligne l’expert.
légaux »,
n distingue deux types de fran-
d’aménagement et les travaux nécessaires du local pour dupli- quer le concept. Avant la prise en compte des frais de consti- tution des stocks, de l’informa- tique, du mobilier, du matériel, de la signalétique extérieure Les voilà, les principaux coûts d’une création de franchise. « Pour optimiser ses chances de succès, le futur franchiseur doit se faire accompagner par un expert-comptable, un juriste mais aussi, idéalement, par une agence spécialisée qui trouvera le bon emplacement en fonction de l’activité. La mauvaise esti- mation du coût réel des travaux de remise du local aux normes du concept sera l’écueil souvent
Le BFR, l’évaluation
de tous les risques
Le point fondamental reste la bonne estimation du BFR, c’est-à-dire la somme que devra débourser chaque mois le nou- veau franchisé jusqu’à ce que son chiffre d’affaires lui assure une rentabilité. Et malheureu-
 40 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                    TERRITOIRE DE SOLUTION POUR RÉPONDRE AUX ENJEUX DU FUTUR
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 ]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[stratégie
Plus d’un tiers, voire 40 % des échecs enregistrés au cours des derniers 12 à 18 mois s’expliquent par l’insuffisance de la prise en compte des besoins financiers liés au BFR – Michel Kahn
membres de réseaux
banques sont bien sûr réticentes à porter seules le risque et voient donc toujours d’un bon œil la participation d’un autre acteur dans le financement », explique le professionnel. Selon lui, la mise en place d’un financement est rapide. « Une fois le dossier complet, nous le mettons en ligne sur notre plate-forme pour 15 jours. En pratique, les orga- nismes de financement partici- patifs comme les spécialistes du leasing se positionnent très rapi- dement, en quelques jours. En- suite, les banques ont également 15 jours pour formuler une offre et négocier avec nous des condi- tions : taux d’intérêt bien sûr, durée du prêt, autorisation de découvert, coût des moyens de paiement, location du terminal de carte bancaire, etc. »
Ce processus suivi par un pro de l’accompagnement rappelle à quel point s’adjoindre les ser- vices d’un courtier dans la créa- tion de franchise, à l’image d’un particulier à la recherche d’un crédit immobilier, offre un gain de temps et d’argent souvent considérable. Faites-vous ac- compagner. Mais ne pensez pas vous en remettre entièrement à la clairvoyance d’un tel accom- pagnateur : un vrai professionnel exigera votre implication totale dans l’élaboration du business plan. Il y va de votre crédibilité. Pierre-jean LePaGnOT
DFranchise et crise sanitaire : quels impacts sur le contrat de franchise ?
     société, les dépenses de maté- riels, etc. » En somme, si la tête de réseau n’a pas conscience de son rôle, si elle n’a pas été pro- grammée dans ce but, si ce n’est qu’une « chasseuse de droits d’entrée », alors elle court à la catastrophe et ses franchisé·es avec elle. « Les performances d’une tête de réseau sont exclu- sivement dépendantes de celles de ses franchisé·es. Finalement, le vrai métier d’une tête de ré- seau, ce n’est pas de bien faire, mais de savoir bien faire réus- sir son partenaire », exprime avec conviction Michel Kahn. En clair, la tête de réseau doit proposer une vraie méthode d’apprentissage et prodiguer à son futur partenaire une mul- titude de conseils de savoirs, dont l’élaboration d’un budget d’investissement fait partie.
Prévoir une marge
Pour éviter les déconvenues, il reste vivement recommandé de prévoir des budgets pour des dépenses qui ne sont pas obligatoirement répertoriées
dans le DIP (Document d’in- formation préalable), comme le financement de campagnes de communication. Pour Michel Kahn, « dans le partenariat, la question ne se pose pas puisque le budget de lancement est pré- payé par le futur partenaire. En général, forte de son expé- rience, la tête de réseau va dé- penser de façon pertinente pour faire connaître son nouveau partenaire ». Benoit Fougerais, pretpro.fr, préconise de prévoir une marge de 10 % sur le coût estimé du projet. Quand il doit évaluer un BFR, il s’efforce de repérer la sous-estimation et recommande alors au candi- dat de se remettre à l’ouvrage. Une fois le BFR correctement estimé, le·la candidat·e à la franchise va enfin pouvoir se tourner vers les banques. En règle générale, un projet est fi- nancé avec 30 % d’apport. De plus en plus d’entrepreneurs font appels au financement participatif. Les fonds ainsi ré- coltés, considérés comme des quasi-fonds propres, viennent
en complément de l’apport, ce qui est apprécié par les établis- sements financiers.
Le rôle majeur du courtier
veille juridique
« Nous utilisons beaucoup financement participatif grâce notre plate-forme à laquelle sont reliés tous les prêteurs potentiels du futur franchisé : les sociétés spécialisées dans le financement participatif, les régions, les or- ganismes publics spécialisés comme le réseau France Active, les spécialistes du leasing et bien sûr, les banques. Notre métier est d’offrir la meilleure solution de financement au futur franchi- sé », indique Benoit Fougerais. L’objectif est d’optimiser le fi- nancement entre les acteurs. « Par exemple, nous pouvons préconiser pour un dossier 5 % de leasing, 20 % de financement participatif, 25 % d’apport et 50 % de crédits bancaires. Bien sûr, le scénario idéal serait que la banque supporte l’ensemble du projet : le crédit est actuelle- ment bon marché en raison de la faiblesse des taux. Mais les
le
  emmanuelle
jardin-Lillo
Avocate associée -TGS avocats, Responsable du département Contrat, concurrence
& distribution
ans le contexte de comme un événement exté- à une partie de suspendre l’exé- ter les règlements de compte la crise sanitaire, rieur aux parties, imprévisible cution de son obligation dès entre franchiseur et franchisé, les franchises ont lors de la conclusion du contrat lors que l’autre partie n’exécute le contrat de franchise devrait subi des perturba- et irrésistible qui empêche pas son obligation (article 1219 également prévoir de déroger à
tions sans précédent ce qui a l’exécution du contrat (ar- du Code civil). Il convient de certaines dispositions du Code
contraint les franchiseurs et les franchisés à réfléchir à de nouveaux modèles et à propo- ser des mesures d’allègement de leurs obligations contrac- tuelles. Mais, dans la mesure où l’incidence de cette crise durera probablement plusieurs mois, il convient de réfléchir aux impacts sur le contrat de franchise à plus long terme.
La force majeure, qui se définit
ticle 1218 du Code civil), peut être encadrée par le contrat. Il faut éviter d’admettre la force majeure de façon générique mais plutôt de définir les cas de force majeure, limiter les effets à la seule obligation pa- ralysée, encadrer la durée de la suspension des obligations avant la résolution.
Il en est de même pour l’excep- tion d’inexécution qui permet
réfléchir à une adaptation des clauses contractuelles pour ne pas s’exposer à un blocage. Par exemple, ne pas encadrer l’obligation d’assistance du franchiseur par des modalités précises permettrait une meil- leure agilité en fonction des circonstances (on découvre aujourd’hui que l’assistance numérique est plus adaptée). Pour plus de sécurité et évi-
civil comme l’article 1223 sur l’inexécution partielle qui au- torise une réduction propor- tionnelle du prix et à l’article 1195 sur l’imprévision qui en- traîne une renégociation aléa- toire.
L’enjeu est important pour conserver la relation ga- gnant-gagnant entre franchi- seur et franchisés ! n
42 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[                    VU À LA
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            ]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[stratégie
briefing juridique réuni par Jean-Marie Benoist
Dette du franchisé
Soutien du franchiseur et aspect abusif
Après le contrat
Liberté commerciale du franchisé
La Cour d’appel de Paris a donné raison, dans un conflit opposant un franchiseur et un franchisé sur les conditions et conséquence de leur rupture, au franchisé. Après la signature, en 2005, d’un nouveau contrat à durée déterminée de trois ans, excluant toute reconduction tacite (et sans que ce soit
lié), les relations se
détériorent. Début 2008,
le franchiseur demande
à son partenaire de
procéder sur son point
de vente aux travaux
permettant sa remise
aux normes du concept,
expliquant clairement
qu’il conditionnera le renouvellement du contrat à cette mise en conformité. Le franchisé n’obtempère pas, le contrat est rompu par lettre du franchiseur. Mais le franchisé, qui continue son activité (ce qui n’est pas remis en question) continue d’afficher le logo et les couleurs de
son ex-réseau. Il se fait condamner pour ce motif. Mais en revanche, une clause du contrat prévoyant l’interdiction d’utiliser les couleurs
du réseau est annulée, car non limitée dans
le temps. De plus, les couleurs en question, considérées comme symboliques du secteur, et utilisée par d’autres réseaux pratiquant la même activité, ne pouvaient être l’apanage d’un seul franchiseur. Et donc, l’interdiction d’utilisation de ces couleurs revenait à interdire à l’ex-franchisé de rejoindre un réseau concurrent, et restreignait donc sa liberté commerciale.
Assistance du franchiseur
faute et résiliation du contrat
Un franchisé avait demandé la nullité du contrat le liant avec son franchiseur pour « vice du consentement, absence de cause et erreur
substantielle sur
la rentabilité du
projet ». Débouté, il fait appel en détaillant ses plaintes. Mais
la Cour d’appel de Paris confirme ces décisions.
En revanche, elle a accordé au franchisé la résiliation du contrat aux torts exclusifs du franchiseur, en considérant que le franchiseur
« n’a pas assuré l’animation du réseau ainsi qu’il lui incombait » : s’il a organisé en juillet 2014 une réunion nationale « regroupant les directeurs de succursales, les licenciés et franchisés », il n’a pas permis une convention du réseau réunissant l’ensemble des franchisés et les équipes du franchiseur, tel que prévu au contrat – ce même alors que le réseau ne comptait plus qu’un seul franchisé, le plaignant.
 Le Cour d’appel de Paris a débouté de toutes
ses demandes un franchisé, en redressement judiciaire, qui accusait son franchiseur d’avoir accru ses difficultés par un cumul financier abusif et la prise de garanties disproportionnées. À trois reprises (en 2005, 2006 et 2011), le franchiseur a accordé des moratoires avec, argue le franchisé, « une charge de remboursement annuel en capital et intérêts importants », excédant largement ses facultés de paiement, ce dans le but de poursuivre le contrat de franchise. Le franchisé estimait également que les garanties demandées étaient excessives.
Le franchisé a été placé en redressement judiciaire en 2017. La cour a d’abord rappelé
Non-concurrence
que « lorsqu’une
procédure de
sauvegarde, de
redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire est ouverte, les créanciers ne peuvent être tenus pour responsables des préjudices subis du fait des concours consentis », sauf en cas de fraude, d’immixtion caractérisée dans
la gestion du débiteur ou si les garanties prises sont disproportionnées. Or la cour a également estimé que le franchisé n’avait pas démontré l’aspect disproportionné des garanties prises, soulignant qu’un cumul, en soi, ne caractérise pas une disproportion.
  Pendant et après le contrat
Malgré des clauses lui interdisant spécifiquement d’exercer une activité
similaire à celle de son franchiseur et toute création de réseau concurrent pendant deux ans post-contrat, un franchisé encore sous contrat avait créé un réseau sous sa propre enseigne. La Cour d’appel de Lyon vient de le condamner pour concurrence déloyale. Le franchisé, après plusieurs années de bons résultats, voulait ouvrir un deuxième point de vente (et créer à cet effet une nouvelle société), mais en imposant ses prix à son franchiseur, ce qui n’est pas légal. Il réoriente alors, comme l’autorise son contrat, son activité vers un domaine voisin. Mais le franchiseur découvre, plus tard, que son franchisé a créé une activité directement concurrente à la sienne (également avec une troisième société domiciliée hors de France), et que, même si elle est au nom de la compagne de franchisé, celui-ci en est de facto le gérant. De plus, des collaborateurs du franchisé utilisaient, dans leurs communications, la nouvelle marque et démarchaient activement la clientèle en dehors du territoire réservé par le contrat.
  jean-baptiste
Gouache
Avocat associé – Gouache Avocats, membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise.
La franchise maîtrisée
Subway condamné pour le déséquilibre
significatif de son contrat de franchise
Les effets sur la franchise en général sont à venir
O
pour débusquer le déséquilibre si- gnificatif des contrats de franchise en 2018. Le ministre de l’économie et des finances avait décidé dans ce cadre d’assigner Subway devant le tri- bunal de commerce de Paris. Celui-ci a condamné l’enseigne par jugement du 13 octobre 2020 à 500 000 euros d’amende civile (3,5 % de son CA en France), a prononcé la nullité des contrats des franchisés partie à l’ins- tance, et a enjoint Subway à supprimer les clauses pour lesquelles le déséqui- libre significatif de l’article L. 442-1 du Code de commerce a été admis. Le tribunal procède à une appréciation ri-
gide, clause à clause. Pour opérer son contrôle, il a écarté le fait que les fran- chisés avaient le choix, compte tenu de la faible part de marché de Subway et du nombre important d’enseignes, de choisir un autre contractant et a rete- nu que certaines clauses ne pouvaient faire l’objet d’une négociation effective, en exigeant que Subway rapporte la preuve d’une négociation caractérisée par des concessions réciproques. Cette position risque de soumettre tous les contrats de franchise au contrôle du juge sur le fondement de l’article L. 442-1. Elle est critiquable. La cour d’appel de Paris devrait être appelée à se prononcer sur ce dossier et son arrêt sera à suivre avec attention. Les enjeux sont de taille pour la franchise en gé- néral. n
n se souvient que la DGC- CRF avait mené une en- quête sectorielle dans le
 secteur de la restauration
44 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                  BSM Avocats met son expérience et son savoir-faire à votre service
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[histoire des réseaux
saga
  Emova Group
septembre, l’ancien président de Naturalia et de monop’, Franck Poncet, prend la tête du pre- mier réseau de vente de fleurs en France et en Europe avec pour mission d’accélérer son déve- loppement. Il se voit confier la mission d’accélérer le dévelop- pement omnicanal du groupe et de ses partenaires franchisés qui constituent le premier ré- seau de vente de fleurs en France et en Europe sous les marques Monceau Fleurs, Au Nom de la Rose, Happy, Cœur de Fleurs et Bloom’s. Les nouveaux concepts que Franck Poncet a introduits chez monop’ et monop’daily ont permis d’accélérer la crois- sance de ces réseaux – ouver- tures de franchises et de mar- chés. De son côté, Naturalia a pu tripler son parc de magasins et son chiffre d’affaires grâce aux évolutions stratégiques en- treprises par Franck Poncet. Le nouveau président du directoire d’Emova Group est aussi spé- cialiste de l’évolution des ventes physiques vers l’omnicanalité. Un changement de gouvernance qui intervient dans un contexte qui a poussé le groupe à faire preuve d’une grande agilité dans l’adaptation de l’offre, les ser- vices et le travail des équipes sur le terrain. Merchandising des vitrines et parcours clients ont été revisités. L’expérience client est maintenant concentrée sur l’e-réservation, le call & collect
(appelé-retiré) le click & collect (cliqué-retiré) et la livraison à domicile.
Un modèle
qui résiste à la crise
Malgré le mouvement des gilets jaunes, les grèves des transports publics et désormais la crise sanitaire, le volume d’affaires d’Emova Group a bien résis- té et s’établit à 102,4 millions d’euros (contre 116,5 à fin sep- tembre 2019), soutenu par la nette reprise d’activité à partir de la sortie du confinement mi- mai 2020. La fête des mères a performé d’un gai de 20 % par rapport à l’année 2019. Le vo- lume d’affaires du 4e trimestre se clôt en croissance (+ 1,7 million d’euros), une croissance portée par l’activité des succursales et des franchises en France avec un parc de magasins diminué de cinq points de vente par rapport à fin septembre 2019.
En dépit du contexte, le dévelop- pement en franchise se poursuit notamment avec les dernières ouvertures en octobre à Vitry- sur-Seine (94), Amboise (37) mais également à Sartrouville (78). On y retrouve la reprise enregistrée entre juillet et sep- tembre sur l’ensemble du terri- toire et sur toutes les marques, particulièrement chez Monceau Fleurs. Au 30 septembre 2020, le parc de magasins se compose de 361 points de vente. jb
À l’ombre
des franchises en fleurs
Un groupe multi-enseigne qui incarne à la fois l’élégance à la française, l’innovation et un modèle refuge en temps de crise sanitaire. C’est la
Esaga Emova...
mova Group, premier réseau de vente de fleurs au détail. Il suffit d’aligner ses marques
pour s’en convaincre : Monceau Fleurs, Happy, Au Nom de la Rose, Cœur de Fleurs, sans oublier sa marque exclusive- ment numérique, Bloom’s. Son modèle s’appuie à la fois sur le développement de succursales détenues en propre et sur un réseau de franchisé·es entre- preneur·euses qu’Emova Group accompagne au quotidien dans l’approvisionnement en fleurs, plantes et accessoires. Retour sur la genèse du groupe Emova et fo- cus sur ses perspectives de déve- loppement alors que le premier confinement a vu plus de 2 000 fleuristes fermer boutiques.
Des concepts bien rodés
Monceau Fleur existe depuis 1965. Il s’agit de la marque pre- mière et premium. L’enseigne se développe dans les grandes ag- glomérations et incarne ce qu’elle nomme l’élégance à la française
en proposant choix, profusion de fleurs et qualité pour un prix qu’Emova juge juste. Puis appa- raît Rapid’Flore qui va évoluer pour devenir Cœur de fleurs. Le créneau commercial est différent, il s’agit d’un réseau de proximité qui se veut convivial et accessible où l’achat se veut « simple et ra- pide ». Certains Rapid’Flore vont monter en gamme en devenant des Monceau Fleurs. Happy, lui, est un concept précurseur, ur- bain, branché et décalé. Emova a acheté Au nom de la Rose, spé- cialiste de cette variété dans tous ses états.
Changement
de gouvernance
Les actualités se bousculent en cet automne 2020. Au mois de
1965 : ouverture du premier magasin Monceau
Fleurs à côté du parc
Monceau à Paris.
Les dates marquantes de 50 années fleuries
1965 : ouverture du premier magasin Monceau Fleurs à côté du parc Monceau à Paris.
1998 : lancement de la franchise Monceau Fleurs
et duplication du concept en régions
2006 : lancement de l’enseigne Happy et développement à l’international de l’enseigne Monceau Fleurs.
2008 : rachat de l’enseigne de proximité Rapid’Flore.
2009 : développement à l’international de l’enseigne Happy.
2012 : lancement d’un nouveau concept Rapid’Flore et d’un
nouveau concept Monceau Fleurs.
2015 : le groupe Monceau Fleurs devient Emova Group : une marque corporate qui acte le changement en inventant un modèle « ouvert » de business fondé sur l’entrepreneuriat et la confiance.
2016 : rachat de l’enseigne spécialiste Au nom de la rose présente en France et à l’international.
2017 : Rapid’Flore évolue et devient Cœur de Fleurs 2018 : rachat de la marque 100 % numérique Bloom’s, fleurs de saison.
    46 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[histoire des réseaux
la parole aux réseaux
 Leonidas, un roi du chocolat qui s’adapte
L’enseigne leader du chocolat dans le monde compose
avec la crise. Et le confinement en France. Pour maintenir une partie de son activité et accueillir au mieux les consommateur·rices, la marque belge a créé son site et son dispositif de click & collect. Dans chaque point de vente, un stand extérieur, une signalétique adaptée et des salarié·es et des client·es protégé·es. Autre motif de satisfaction,
8 magasins Leonidas ont ouvert depuis le 1er juillet en France. Le chocolat de Noël pourra bien être sur nos tables. www.leonidas.com
Pylônes solidaire du commerce local
La marque française de pop design, qui fête cette année ses
35 ans, est contrainte à la fermeture de ses magasins durant le confinement. Pour soutenir les commerces dans cette situation et participer à l’élan de solidarité, l’enseigne a lancé
le 13 novembre une campagne de communication en vitrine, autour du hashtag #Sauvonsnoscommerces. Pour maintenir une partie de l’activité, la marque accueille ses client·es en ligne et offre la livraison avec le code gardonslesourire. www.pylones.com/fr/
Cash Converters : deuxième ouverture Carrefour Occasion à Liévin !
 Grandeur Nature, franchiseur cherche franchisé·es
Le réseau de vérandalistes concessionnaires, spécialisé dans la vente et la pose de vérandas en aluminium, fort de plus de 70 unités sur le territoire, espère attirer de nouveaux franchisé·es. Grandeur Nature mise sur une relation franchiseur/franchisé·e attractive : retour sur investissement rapide,
apport de 50 000 euros et droits d’entrée de 5 000 euros, exclusivité géographique pour l’exploitation. En outre, Grandeur Nature propose aux fabricants-installeurs ou aux revendeurs-installeurs déjà en exercice de rejoindre son réseau. www.veranda-grandeurnature.com
  Des franchisé·es dorlotées chez Repar’stores
L’enseigne leader de la réparation et de la modernisation de stores et de volets roulants toutes marques soignent ses services et
ses innovations apportés à ses franchisé·es. Entre formation sur le bonheur et la gestion du temps, aménagement personnalisé des véhicules utilitaires et évolution des moyens de paiement, Repar’Stores entend « améliorer la vie des franchisé·es ». La dernière nouveauté : un système de paiement par carte bancaire proposé en direct chez le·la client·e.
www.reparstores.com
  Et si les Français·es consommaient plus responsables ? En tout cas, l’ouverture d’un deuxième magasin pilote Carrefour Occasion à Liévin (Pas-de-Calais) devrait y participer ! Car la force de ce réseau, c’est bien le fait de proposer des produits de seconde main dans les hypermarchés : ce qui permet d’ailleurs une rotation de produits entrants/sortants permanente. Parmi les produits vendus, un panel large comme certes des produits haut de gamme en téléphonie et en informatique, puis d’autres plus accessibles, à savoir jeux vidéo, livres, électroménagers etc. Ainsi, Carrefour et Cash Converters entendent bien développer le concept sur tout le territoire d’ici à début 2021.
www.cashconverters.fr
Réauté Chocolat s’offre un nouveau site d’e-commerce
La marque de chocolat française et ses 59 magasins sur le territoire cultivent les réservations et les achats en ligne depuis le premier confinement. Face
à la forte demande des derniers mois, Réauté Chocolat lance son nouveau site e-commerce, adapté et renforcé, par lequel les client·es choisissent le click & collect pour 80 références ou de se faire livrer pour 40 références. Considérés comme commerces alimentaires de détail, les magasins de l’enseigne restent ouverts durant le second confinement.
https ://reaute-chocolat.com
Amorino vise 400 points de vente pour 2025 !
Des glaces au parfum d’ambition. Sa première boutique remonte en 2002 quand Amorino décide de s’implanter
à Paris, sur l’île Saint-Louis. Depuis, la réputation des glaces préparées dans
la pure tradition italienne ne cesse de croître. Résultat, d’ici à 2025, Amorino entend bien doubler son nombre de points de vente en France et à l’international, pour passer ainsi à 400 boutiques. Pour l’heure, leur nombre s’élève à 80 dans l’hexagone. Malgré la crise sanitaire, l’entreprise n’a pas revu à la baisse ses envies de grandir encore un peu plus. Sans doute une bonne nouvelle pour les plus gourmand·es d’entre nous ! www.amorino.com
 48 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[histoire des réseaux
la parole aux réseaux
  Reconversion dans l’immobilier,
la petite histoire de Mouloud Bouziane
Diplômé d’un BTS en commerce, Mouloud Bouziane a d’abord créé à
24 ans une société dans l’électronique avant de faire naître une entreprise dans la téléphonie mobile et parvenir à 25 points de vente en France.
Mais Mouloud Bouziane, entrepreneur et passionné d’immobilier, s’est tourné vers la création d’une agence immobilière à Massy, Era Agence
de la Gare. Une décision bien aidée par l’accompagnement du réseau
Era Immobilier, à l’origine de formations en présentiel et à distance pour préparer au mieux Mouloud Bouziane à sa nouvelle vie. Encore une... www.erafrance.com
L’atelier Papilles lance le concept de baguettes solidaires
Bureau Vallée renforce sa présence en Belgique
Nouveau magasin Bureau Vallée dans la ville de Liège ! Avec une surface de vente qui atteint les 590 m2 dédiée à la papeterie et aux beaux-arts, environ 5 000 références seront proposées aux client·es, en lien notamment avec le respect de l’environnement. À la tête
de ce nouveau magasin Bureau Vallée Liège, Aurore Hennebiq qui
n’a pas hésité à se lancer, elle qui est issue d’études de secrétariat :
« J’ai immédiatement accepté la proposition de Bureau Vallée, c’était au-delà de ce que j’espérais. Avec Bureau Vallée, je suis intégrée à un réseau, accompagnée, je ne suis pas seule. »
www.bureau-vallee.fr
L’enseigne France Hygiène Ventilation débarque à Annecy
Après Thonon-les-Bains, place à Annecy pour marquer encore un peu plus sa présence en Haute-Savoie. Une manière d’intensifier le combat contre une meilleure qualité de l’air intérieur. Voilà déjà 13 ans que FHV œuvre pour la surveillance de la qualité de l’air, l’entretien
et la maintenance de la ventilation, la désinfection de climatisation ou encore le dégraissage de hottes professionnelles. À la tête de la nouvelle agence d’Annecy : Pascal Hanriot, ancien chef d’entreprise. www.france-hygiene-service.com
Bleu Libellule ouvre une nouvelle boutique à Marseille
  Car la solidarité n’a pas de
prix. D’autant plus en temps
de crise ! Le réseau de l’atelier Papilles, plus de 30 magasins, a lancé le concept de baguettes solidaires. Le principe est simple: les client·es viennent acheter une baguette de pain... mais ne repartent pas avec. Elle sera ensuite distribuée aux
plus démunie·es d’entre nous via une association caritative ou banque alimentaire. Bonus, le magasin doublera le don de chaque client·e, une baguette achetée, deux suspendues
et réservées pour les plus modestes.
https ://latelier-papilles.com
 Aquilus Piscines
et Spas passe au drive
Le réseau spécialisé dans la vente et l’installation de piscines et matériels a été contraint à la fermeture de ses points de vente, deuxième confinement oblige. Pour s’adapter, conserver un semblant d’activité et continuer à fournir les client·es, nombre de magasins Aquilis Piscines et Spas du réseau cultivent un service de drive, type click & collect et/ou de livraison. À l’approche de
la période hivernale, il est temps pour beaucoup de mettre leur bassin en hivernage. Les techniciens Aquilis savent également intervenir au domicile, en cas de dysfonctionnement technique urgent.
www.aquilus-piscines.com
Depuis début octobre, Bleu
Libellule a de nouveau agrandi son réseau, via notamment l’ouverture d’une nouvelle boutique dans la
cité phocéenne, dans le centre commercial Auchan Saint Loup. Une avancée qui donne au réseau un total
de 204 boutiques. Pour rappel, Bleu Libellule œuvre pour la distribution de marques professionnelles de haircare, hairstyling, électrobeauté, beauté des ongles et maquillage. De quoi se pou(m)ponner ! www.bleulibellule.com
 50 | décembre/janvier/février 2021 franchise-concepts.ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[                 c’est maintenant
qu’il faut savoir
s’entourer.
Devenir franchisé Guy Hoquet, c’est bénéficier d’une formation de 11 semaines dès votre arrivée, d’un accompagnement quotidien tout au long de l’année et être soutenu par un réseau à forte notoriété, implanté partout en France.
  #BIENENSEMBLE
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 ]]></page></pages></Search>