CrediPro et Beauty Success : Marché du prêt et marché plaisir, le pro et le perso…

Quel est le cœur de métier de votre réseau ?

Véronique Gentilhomme : Nous sommes un réseau de courtiers spécialisé dans l’accompagnement des professionnels. Rappelons que les TPE constituent 97 % de notre économie. Nos services s’adressent en particulier aux TPE-PME, PMI, artisans et professions libérales. Disons que généralement notre offre couvre toutes les entreprises qui génèrent jusqu’à 30 millions d’euros de chiffres d’affaires. Mais notre portefeuille client se compose en grande majorité de commerces, de professions indépendantes et libérales. Nous sommes aussi un réseau de franchisés au service des autres enseignes en franchise. Nous accompagnons les réseaux et leurs candidats dans leur demande de financement, d’implantation, de reprise…

Dominique Munier : Notre cœur de métier, c’est le monde de la beauté et de l’esthétique. Nous avons historiquement développé des enseignes spécialisées dans la parfumerie, le maquillage. Puis nous nous sommes diversifiés vers le soin, la beauté plaisir et la beauté bien-être avec, entre autres, nos instituts minceur. Aujourd’hui le groupe se compose d’enseignes complémentaires dans le domaine de la beauté.

Le métier de franchiseur évolue avec la maturité du réseau. Comment définir votre rôle aujourd’hui ?

VG : Dans ce contexte inhabituel, il nous a tenu à cœur d’être encore plus proches de nos franchisés.

Aujourd’hui, nos outils numériques nous permettent de garder le lien, de les accompagner et de les soutenir moralement pour mieux passer cette période difficile. Ce fut possible car nous avons la force et l’expérience d’un réseau de 10 ans qui a su garder ses franchisés de la première heure.

Notre rôle de franchiseur est de créer et de développer pour nos franchisés de nouveaux outils et supports de communication pour les accompagner dans leur développement avec pour objectif que chaque franchisé puisse bénéficier des expériences réalisées par le réseau et nos deux agences pilote.

Nous nous considérons comme des « quasi-associés » de nos franchisés, leurs problèmes et leurs réussites sont également les nôtres.

DM : Nous avons des réseaux matures et plus jeunes. Nous devons continuer le développement tout en confortant nos acquis et faire évoluer nos savoir faire. En d’autres termes, il faut continuer à ouvrir avec de nouveaux partenaires et assurer en parallèle la pérennité  de notre parc de franchisés existant. Nous avons engagé un changement de cap stratégique en allant vers la prestation de service par l’institut de beauté avec l’intégration d’Esthetic Center..

Bien évidemment, nous travaillons également à l’évolution du concept et du savoir-faire pour coller aux nouveaux comportements et attente de nos clients. Ce fut fait pour l’enseigne Esthetic Center avec une transformation, d’un  point de vue visuel et architectural, de son concept, mais aussi sur les sujets du parcours clients. Ce sont des transformations longues. Nous nous devons en tant que tête de réseau d’être à l’écoute des évolutions de nos  métiers et de nos  marchés et c’est cet aspect qui est plaisant : le réseau nous pousse à évoluer. Cela dit, ces évolutions sont réussies qu’à la condition que le réseau adhère  et soit  enclin à les mettre en œuvre. Cette adhésion n’est possible que si les partenaires ont confiance en vous.

Quelle est votre vision du marché ?

VG : Le retour terrain des franchisés est encourageant. On note déjà quelques signes d’un redémarrage qui s’amorce. Reste, cela dit, la problématique des réseaux bancaire, très sollicités en cette période. Mais les relations que nous entretenons avec nos partenaires financiers depuis de nombreuses années et la confiance accordé aux membres de notre réseau va nous permettre de redémarrer sur de bonnes bases. Ce que nous constatons déjà depuis quelques semaines.

DM : Le marché de la parfumerie est un marché plaisir, de nombreux achats se produisent sous forme de cadeaux. Rappelons que 25 % de notre CA se réalisent pendant les fêtes de fin d’année Le marché accuse une légère régression depuis quelques années. Le parfum est un produit de luxe sur un marché fortement concurrentiel. Le marché est également plus concurrentiel avec l’e-commerce. Sur le marché de l’institut de beauté et de la minceur, nous sommes sur de la prestation de services. Le numérique ici est un moyen et non une concurrence. Sur ce segment, nous ne sommes pas inquiets. Le point de vente physique et le numérique ne font plus qu’un. L’omnicanalité est devenu une évidence et nous devons encore accélérer dans ce sens et  développer toutes les possibilités d’acheter un produit ou un service à distance via le click and collect, le call and collect, l’achat en ligne…

Nous avons fait le choix d’une stratégie de diversification qui a commencé par la parfumerie pour aller vers la prestation de service avec nos instituts de beauté, pour sécurisés notre activité.

Chez nous, chaque partenaire associe nos concepts selon son projet et ses capacités financière : parfumerie, parfumerie-institut de beauté, centre de minceur et institut de beauté… L’idée est d’être multi-enseigne mais avec un esprit de proximité.

Quelles valeurs animent votre réseau ?

VG : Le réseau se compose de gens loyaux, experts et motivés qui croient vraiment en notre métier. Encore plus maintenant ! Le réseau a été créé dans l’après crise de 2008. On sait que chaque crise crée des difficultés dans le financement. Nous sommes fiers de pouvoir compter sur un réseau d’agences dans lesquelles nos franchisés sont agiles, s’adaptent avec beaucoup de dynamisme. La transparence et la confiance sont également très importantes.

Notre rôle à présent est d’entretenir la flamme malgré le contexte actuel.

Dominique Munier,
Directeur des enseignes Beauty Success

DM : Confiance et bienveillance, partage… Et l’humain avant tout. Telles sont nos valeurs centrales. Elles se traduisent dans notre relation avec nos partenaires. Nous sommes dans un dialogue très participatif. Nos partenaires via des commissions et groupes de travail valident et discutent les nouveaux projets qui vont s’appliquer à tout le réseau. Notre objectif est d’obtenir 80 % d’adhésion au projet. Et généralement les 20 % restants voient le bénéfice rapidement.

Quelle est la place de la formation au sein de votre réseau ?

VG : Le réseau CrediPro s’est doté de clubs professionnels pour assurer la formation continue et initiale. Tous les trois mois, un club régional réunit ses franchisés. Et l’on a bien évidemment poursuivi sous la forme de visio-conférences durant le confinement.

Ces réunions donnent le moyen aux franchisés de s’acculturer sur des sujets financiers et techniques. Dernièrement, nous faisions intervenir des experts sur le thème du LBO [Leverage buy-out, rachat de l’entreprise parv ses salarié.es avec effet de levier]. Le but de ces formations est double : former et faire monter en compétences chaque franchisé, mais également les fidéliser et établir un lien régulier et de confiance en leur montrant que nous les accompagnons au plus proche de leur problématiques métiers.

DM : C’est un pilier de notre enseigne. Ce qui va nous distinguer, c’est le sens du service qui va être apporté par de l’humain. La formation des équipes y tient donc une place prépondérante. Nos partenaires bénéficient d’un catalogue d’une trentaine de formations. Et nous avons également des conventions où nous invitons les responsables de magasins – sans les franchisés mais avec leur accord, conscients que ce sont ces personnes qui portent le business. Le contexte nous a aussi fait évolué vers une offre de formation 100 % numérique.

Qu’espérer en termes de développement ? Quelle stratégie appliquer ?

VG : Nos objectifs 2020 étaient ambitieux au regard de l’année 2019 qui a été une bonne année.

Avec la pandémie, nos objectifs de développement restent identiques mais ils seront peut-être plus difficiles à atteindre. On peut, cela dit, se réjouir des nouveaux contrats entamés il y a quelques semaines qui viennent de se concrétiser. La crise aura certainement un effet d’aubaine pour nous. L’accompagnement et le conseil joueront un rôle crucial pour les projets de financement d’entreprises dans les années à venir. Et il nous faudra renforcer cet accompagnement

DM : Malgré cette crise et l’évolution  de l’e-commerce nous restons persuadés que le monde physique a encore sa place. Nous visons pour l’heure 30 à 40 ouvertures d’ici à la fin de l’année.

Le profil type de vos franchisés ?

VG : Idéalement, des banquiers du monde de l’entreprise dotés d’une fibre commerciale. Dans notre réseau, certains franchisés viennent de la finance par leurs études ou leur expérience, d’autres ont une fibre commerciale développée ce qui est un atout également.

Notre rôle est de les faire monter en compétence et de leur apporter un soutien technique régulier. Aujourd’hui certains de ces profils performent plus que des profils issus de la banque.

DM : C’est très variable. Ce qui importe, c’est la motivation de la personne. Nous avons des profils variés au sein de notre réseau issus de  la grande distribution, de la chimie, de l’ingénierie.

PROPOS RECUEILLIS PAR GEOFFROY FRAMERY

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