Le boom des services à la personne n’est pas près de s’arrêter

Un secteur porteur, dans lequel toujours plus d’emplois sont à pourvoir et vont être créés… Le moment de sélectionner la « bonne » franchise ?

Un présent et un avenir radieux…

C’est un secret de polichinelle, les franchises du secteur des services à la personne se portent toujours aussi bien. Et la tendance n’est pas à l’inversion, tant il est vrai que les enseignes phares du secteur se développent encore et créent toujours davantage d’emplois. D’où un afflux continu de candidats à la franchise alors qu’il reste de nombreuses opportunités à pourvoir dans ce secteur à fort potentiel.

Raison de plus pour se montrer vigilant. Les franchiseurs auront la tentation de signer à tout-va en négligeant la rigueur à appliquer au profil des futurs franchisés. Réciproquement, le candidat franchisé sélectionnera avec la même attention l’enseigne prête à l’accueillir… On y revient plus loin dans l’analyse.

Conjoncture porteuse

Ce secteur des services à la personne est devenu depuis 2010 l’un des plus importants créateurs d’entreprises en France. D’après les estimations 2017 des experts de Xerfi Precepta, il représente 1 % du PIB français. Énorme. Un chiffre parle : de 2010 à 2016, il est d’ailleurs passé de 12 200 à 36 000 structures agréées. Les organismes historiques du secteur, des associations très bien implantées, laissent peu à peu des entreprises franchisées ou non gagner des parts de marché. Les entreprises privées prestataires sont passées de 34 % en 2015 à 35,2 % en 2016, avec 138 millions d’heures rémunérées. Pour Sylvain Bartholomeu, dirigeant associé au sein du cabinet Franchise Management, cette évolution n’est pas due au hasard. Rappel de sa part : « Le secteur des services à la personne est porteur pour plusieurs raisons, à commencer par une tendance de consommation très importante de ces services avec le vieillissement de la population. Puis ce secteur est appuyé par l’État. Les crédits d’impôts, notamment, en ont boosté le développement ces dernières années. » Pour Alain Bosetti, fondateur du Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile, le chèque Cesu a lui aussi coïncidé avec de grandes avancées dans le développement du secteur : « Ce chèque a rendu simple et fluide l’acte d’employer quelqu’un.

Il a mis en place un cadre juridique et un cadre de paiement facilités. » Et les avantages fiscaux concédés aux ménages qui font appel à des aides à domicile vont se maintenir. La réforme de janvier 2017 a changé les lois relatives aux crédits d’impôts et les a ouverts à de nouveaux publics. Désormais, tous les retraités ­ – qu’ils soient ou non imposables – bénéficient d’un crédit d’impôt à hauteur de 50 % à partir du moment où ils ont recours à une aide ou à un service à domicile, avec un plafond variable entre 12 000 et 20 000 euros – plafond maximal en cas de détention d’une carte d’invalidité.

Seniors en bonne santé, fragiles et dépendants

La mise en place du prélèvement à la source ne va rien changer à ces nouveaux avantages, a promis le gouvernement. De quoi rassurer à la fois les demandeurs de services et les futurs acteurs du secteur. D’autant qu’en 2040, 18,2 % de Français dépasseront les 65 ans alors qu’ils ne sont aujourd’hui que 12,8 % à avoir atteint cet âge. Cette évolution de la pyramide des âges sera encore plus marquée en 2050 quand 4,8 millions de Français(e) auront passé la barre des 85 ans. Aujourd’hui, nous sommes déjà 4,3 millions à aider régulièrement l’un de nos aînés (3,41 millions relèvent du statut de particuliers employeurs). Sylvain Bartholomeu précise d’ailleurs que « tout ce qui est lié au médical, au paramédical, et donc en liaison avec les personnes âgées est en train de se développer à grande vitesse. » Alain Bosetti le souligne : « Il existe trois catégories de seniors : ceux et celles qui sont en bonne santé, les seniors fragiles et les dépendants. Plus on monte dans la dépendance, plus on a besoin d’assistance. Cette assistance comprend les aidants familiaux et les intervenants extérieurs. Le nombre d’heures de soin va augmenter car il va falloir des dizaines d’années avant que la France ne rajeunisse. »

De grandes enseignes profitent de cet état de fait en structurant des services qui ne jouissaient pas naguère d’une image professionnelle. Et ça marche, car les droits d’entrée pour ces nouvelles activités sont plutôt faibles et le système mis en place s’apparente davantage à de la microfranchise. Des soins à la personne au bricolage, tout ce qui se faisait en local est en train de s’organiser à un échelon plus national grâce à de grandes enseignes de franchises. La numérisation de l’espace professionnel joue elle aussi un grand rôle dans cette structuration. Sylvain Bartholomeu se veut très enthousiaste : « La franchise est un accélérateur de réussite. Statistiquement, les franchisés vivent mieux que les indépendants dans la majorité des secteurs. Aujourd’hui, l’effet réseau est indispensable. » Une bonne chose à savoir pour ceux et celles qui voudraient rejoindre les 5 815 franchisés ou les 221 réseaux actifs sur le secteur des services à la personne en 2017. Leur chiffre d’affaires en hausse de 12,92 % par rapport à 2016 (2,01 milliards d’euros contre 1,78 milliard en 2016) reste un bon indicateur de l’excellente santé du secteur et pourrait les inciter à se lancer.

Faire le bon choix pour surfer sur la vague

On le sait bien, dans tous les domaines d’activité, quand des secteurs se développent, de nombreuses enseignes fleurissent. Parmi elles, pourtant, seules quelques-unes sont appelées à devenir les leaders d’un marché. La difficulté pour un candidat à la franchise est alors de réussir le bon choix parmi l’offre très vaste qui lui est proposée. Plusieurs critères sont à prendre en compte : le potentiel de développement de la franchise, l’excellence de la formation qu’elle dispense, la qualité de l’accompagnement individualisé qu’elle propose. « De nombreuses enseignes ont disparu ces dix dernières années, rachetées la plupart du temps par les enseignes leaders, devenues plus généralistes », prévient Sylvain Bartholomeu. Les candidats à la franchise doivent donc se méfier des effets de mode et des réseaux trop fragiles qui raisonnent la plupart du temps en termes de « produit » et non de savoir-faire.

Témoins, de nombreuses activités qui ont gardé la cote pendant quelques années ont quasiment disparu : les bars à sourire, des cabines UV (discréditées en outre par les effets délétères dénoncés par les scientifiques) ou plus récemment, les e-cigarettes. D’ailleurs, si le chiffre d’affaires des réseaux augmente et qu’ils se développent, le nombre de réseaux, lui, a tendance à stagner, car les grandes enseignes étendent leur périmètre davantage et mieux que les petites. Parmi les activités qui enregistrent une forte demande et qui se structurent, l’optique à domicile. Le principe est simple : des opticiens agréés se rendent en personne chez des particuliers demandeurs de dispositifs adaptés à leur vue et les leur font fabriquer sur-mesure. Les secteurs de l’éducation et de l’enfance sont eux aussi porteurs. « Les trois grands domaines qui absorbent le plus d’heures de travail dans les services à la personne sont la garde d’enfants, l’aide-ménagère et l’aide aux personnes âgés. Ils représentent 80 % des heures travaillées, à parts à peu près égales. La part d’aide aux personnes âgées va bien entendu augmenter, mais la France conserve un taux de natalité correct. Il existe donc aussi des besoins dans le secteur de l’enfance », rappelle Alain Bosetti.

Bref, toutes les activités de services à domicile sont tendances, donc. Et dans un futur proche, les objets et la santé « connectés » vont révolutionner le quotidien des services à la personne et créer de nombreux emplois. Pour faire fonctionner les plates-formes informatiques et les systèmes liés à la domotique ou au suivi des malades, il faudra former de nombreux techniciens et opérateurs. Les grandes enseignes généralistes de franchise et les grands réseaux l’ont compris, ils se taillent un rôle important à jouer dans cette numérisation annoncée du secteur. Et pour cause, eux seuls détiennent les moyens de diffuser les technologies et de mettre en place les nouveaux systèmes plébiscités par les consommateurs. Mais au-delà des enjeux technologiques qui s’annoncent parfois délicats à négocier, les emplois traditionnels proposés dans le secteur sont toujours en forte hausse. Les chiffres Darés (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail) prévoient que 160 000 nouveaux postes d’aides à domicile seront créés d’ici à 2022, soit une hausse de 2,6 % en moyenne chaque année. Ce secteur sera le plus créateur d’emplois en France. Soit d’excellentes opportunités pour les candidats à la franchise, d’autant que ces emplois ne sont pas délocalisables. Déjà 1,22 million d’intervenants œuvraient au domicile des particuliers en 2016.

160 000 nouveaux postes d’aides à domicile seront créés d’ici à 2022, soit une hausse de 2,6 % en moyenne chaque année

La clé du succès : le savoir-faire et la passion

L’avantage de se franchiser, c’est d’apprendre un métier, accompagné, et parfois même de repartir à zéro. Le savoir-faire et l’expérience de tout un réseau de franchises sont mis à disposition du candidat par la mécanique même de la franchise. Il faut donc à la fois se méfier de la concurrence entre les enseignes, mais en profiter. Ne pas craindre de les démarcher, de comparer leurs droits d’entrée et leur implantation dans la zone géographique où on a choisi d’exercer son activité. Vingt-six activités professionnelles sont répertoriées dans le secteur des services à la personne. De quoi trouver facilement le métier que l’on va exercer avec passion. De là, il n’y a qu’un pas vers la vocation.

Pour Alain Bosetti, d’ailleurs, « en termes de soins, de confort et d’éducation, tout le monde entre dans une logique où le temps libre doit se consacrer le plus possible à autre chose qu’aux tâches domestiques. Pour un futur franchisé, savoir qu’il va travailler dans un réseau qui aide des familles à vivre mieux et plus sereinement est extrêmement gratifiant. » Savoir qu’il a affaire à un professionnel franchisé agréé joue également un rôle non négligeable dans le bien-être et l’expérience de l’utilisateur. « La franchise est une marque connue, elle est en soi rassurante », note Alain Bosetti. La 12e édition du Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile, dont il a lancé la première édition en 2007 se tiendra les 27 et 28 novembre 2018 à Paris, à la Porte de Versailles. Cent cinquante exposants pour quelque 12 000 visiteurs y sont attendus. Les thèmes de certaines des conférences donnent le ton : « Faut-il “réinventer la vieillesse” pour faire face au défi de la longévité ? » (mercredi 28 novembre de 16 h 30 à 17 h 30 Salle Pasteur) ou encore : « Quelle intelligence artificielle pour les services à la personne ? » (même jour de 11 à 12 heures Salle Grenelle). Alain Bosetti l’a bien compris : « De nombreux travailleurs veulent se sentir utiles et donner un sens à leur carrière professionnelle. » Sous cet aspect, le secteur des services à la personne est idéal.

Anna Ashkova

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