La coopérative Passion beauté

L’aspect humain avant tout

Unique groupement de parfumeurs indépendants, le réseau brasse aujourd’hui 160 boutiques en France et dans les DOM-TOM.

Avec des Sephora, Nocibé et Marionnaud, qui représentent près de 80 % du marché, pas facile pour les indépendants d’exister dans le concert des enseignes de parfums. Dans cet univers concurrentiel, Passion beauté, qui a soufflé ses vingt-cinq bougies en 2017, a su se faire une place et un nom. Sa marque de fabrique : concilier la compétence d’hommes de métiers avec la dynamique de la distribution moderne. Mais ce qui fait aussi sa force repose sur l’alliance de deux espaces liés à la beauté : d’un côté, la parfumerie, un lieu de conseils et de vente de parfums, soins et maquillages et de l’autre, l’institut de beauté, un espace de bien-être animé par des professionnelles de l’esthétique.

Troisième voie

« Tous les ans, nous avons de nouveaux adhérents. Nous sommes une alternative aux succursalistes, avec une vision différente du commerce où l’humain est très important », insiste Jean-Pierre Dry, président de l’entreprise lancée en 1992 et dont le chiffre d’affaires s’est élevé en 2017 à 115 millions d’euros. Passion Beauté est passé maître dans l’art de se singulariser. En témoigne son mode d’organisation qui s’appuie sur le concept de coopérative. Un système qui permet d’associer l’ensemble des commerces indépendants aux prises de décision du réseau. Chacun est donc acteur de l’avenir de l’enseigne. Chaque associé est à la fois franchisé lorsqu’il anime sa boutique et franchiseur lorsqu’il participe à la vie de la coopérative. Et, contrairement à un contexte traditionnel ne fonctionnant pas sur une telle base, le contrat de franchise évolue dans le temps.A chaque nouvelle résolution votée lors du conseil d’administration, celle-ci s’applique directement à chaque associé Autrement dit, « chacun détient une part de l’enseigne », résume Jean-Pierre Dry. C’est notamment le cas de Charles Desmoulins qui a démarré l’aventure chez Passion Beauté depuis 2007. Après avoir suivi des études d’expert-comptable, il rejoint assez naturellement l’entreprise familiale basée à Grenoble et qui est affiliée au groupement depuis 1993. Aujourd’hui, il gère 135 salariés répartis sur 18 points de vente dans la région Rhône-Alpes.

La priorité de l’omnicanalité

« Face aux trois grands acteurs du marché qui ont de moyens bien plus considérables que les nôtres avec notamment une communication nationale très prégnantes, nos atouts reposent sur le travail de l’institut. L’objectif est de fidéliser la clientèle. Etant plus petits que nos concurrents, nous exerçons un métier de proximité et de contact. Ce qui est de nature à motiver les troupes et à être davantage sur le terrain, plaide Charles Desmoulins. Avec notre taille qui est la nôtre, nous arrivons à motiver nos équipes et à bien se positionner sur le terrain ». Coopérative oblige, lui comme d’autres s’impliquent dans le fonctionnement du réseau au quotidien. « Il existe une vraie entraide au sein du réseau et j’ai d’ailleurs pu m’appuyer sur l’expérience des adhérents pour appréhender mon futur métier. Enfin, avec Passion Beauté, je pouvais me projeter sur le long terme avec de bonnes perspectives d’évolution. Etre adossé à un groupement permet aussi de bénéficier d’un certain nombre de services et de besoins. Un contexte favorable au fait de rester compétitifs par rapport aux autres enseignes ». Pour faire face aux mastodontes du secteur, Passion Beauté, à l’instar des spécialistes de la parfumerie sélective, doit travailler sa stratégie de marque et absolument miser sur l’omnicanalité. La digitalisation des points de vente reste une priorité du groupe comme en témoigne la levée de fonds de 5 millions d’euros opérée début 2017. « Cette opération doit permettre au réseau doit se consolider sur son marché en lançant un site de vente en ligne, de continuer sa croissance en propre et de développer son centre logistique », rappelait Jean-Pierre Dry lors du salon Franchise Expo Paris 2017. Monter dans le haut de gamme et le luxe tout en atteignant la barre des 200 points de vente d’ici trois ans sur le territoire national, voilà les objectifs parmi tant d’autres que s’est fixé Passion Beauté, précisant au passage que pour intégrer le réseau, « nul besoin de connaître le métier ou de disposer de sa propre parfumerie ». Les profils commerçants et gestionnaires sont en outre appréciés par la tête de réseau.

Jonathan Nahmany

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