Réponse : surtout pas !

Essor considérable en France depuis vingt ans, occasion, pour des salarié.es, de devenir leur propre patron, le commerce associé reste une dynamique exceptionnelle. Une tendance confirmée en 2019, avec 45 nouvelles enseignes (réseaux) et 3 025 nouvelles entreprises franchisées (points de vente). La franchise est devenue au fil des ans le principal secteur en termes de création d’emplois dans l’hexagone, puisque qu’il représentait l’an passé près de 758 000 emplois (directs et indirects), selon une croissance de 8,7 %. La crise sanitaire a-t-elle, va-t-elle briser cet élan ? Pas du tout. Voici pourquoi.

Essor considérable en France depuis vingt ans, occasion, pour des salarié.es, de devenir leur propre patron, le commerce associé reste une dynamique exceptionnelle. Une tendance confirmée en 2019, avec 45 nouvelles enseignes (réseaux) et 3 025 nouvelles entreprises franchisées (points de vente). La franchise est devenue au fil des ans le principal secteur en termes de création d’emplois dans l’hexagone, puisque qu’il représentait l’an passé près de 758 000 emplois (directs et indirects), selon une croissance de 8,7 %. La crise sanitaire a-t-elle, va-t-elle briser cet élan ? Pas du tout. Voici pourquoi.

Le succès commercial des franchises repose sur la consommation. Forte chez les Français.es. La crise économique provoquée par la covid pourra-t-elle changer la donne et mettre à mal un modèle basé sur la croissance ? À l’évidence, les entreprises les plus fragiles, dites « zombies », vont disparaître. Raison première pour occuper le terrain ! Un.e candidat.e à la franchise, qui a muri depuis plusieurs mois son projet, ne doit en aucun cas attendre le retour des « jours heureux » tant espéré par Emmanuel Macron ! Loin de mettre en sous-régime l’un des principaux moteurs de l’économie française, la pandémie pourrait, au contraire, lui redonner de la puissance.

La force de la marque, bouclier contre la crise

« Aujourd’hui, le client est rassuré par une marque qui symbolise un ensemble de promesses pour le client. Chez McDo par exemple, vous êtes certain de trouver un parking, un jouet pour enfant, accessoirement un burger ! Cette attirance pour la marque se renforce par le jeu des réseaux sociaux à travers lesquels les consommateurs.trices échangent leurs expériences tandis que les enseignes y multiplient les actions promotionnelles. Or, la marque est une composante principale de la franchise avec le savoir-faire et l’assistance », rappelle Laurent Delafontaine, associé-fondateur d’Axe Réseaux. Dans cette perspective, la crise a peu entamé la détermination du candidat en cours de création. « Étonnamment, depuis quelques semaines, les candidatures ont progressé de 20 % et beaucoup se tournent géographiquement vers les littoraux français. Le confinement leur a donné l’envie de changer de vie. La franchise représente pour eux une nouvelle aventure. Certain.es ont en outre mal vécu le télétravail et la perspective d’une pérennisation du télétravail dans les années à venir ne leur convient pas. Ils ne conçoivent pas la vie professionnelle chez eux.elles, entouré.es de leurs conjoints et enfants. Ils.elles cherchent le contact humain, les rencontres, etc. Pour certain.es, la crise a plutôt été un déclencheur. Il est d’ailleurs singulier d’observer que les candidatures dans le secteur de la restauration à emporter n’ont guère reculé malgré la situation actuelle », constate Laurent Delafontaine. Notre expert a observé que les banques n’avaient pas abandonné les candidats en rase campagne dès lors que le projet tenait la route.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Autre point majeur, la crise apparaît source d’opportunités pour les candidats qui peuvent tester in vivo la qualité de la tête de réseau. « Je pense que cette situation exceptionnelle est l’occasion pour le candidat à la franchise de vérifier auprès du franchiseur ce qu’il a mis en place pour soutenir ses franchisés », remarque Magali de Bienassis, fondatrice d’Esprit-Réseau, une société de conseil spécialisée dans la franchise. « Avec la pandémie et ses conséquences, les candidats à la franchise ont tout intérêt à interroger directement les autres franchisés du réseau pour connaître la réactivité de leurs franchiseurs. » C’est essentiel. Le choc a mis en lumière les têtes de réseau efficaces et les autres, défaites ou peu réactives. « Quel que soit le type de franchise, je conseille en tout état de cause, de bien connaître le niveau de soutien proposé par les têtes de réseaux. Il s’agit de vérifier, dans le détail les outils d’accompagnement : en matière d’animation réseau, d’accompagnement juridique, d’aide à l’installation, de formation », insiste Magali de Bienassis. Cet aspect est capital dans la mesure où un tel appui constitue un avantage de poids par rapport aux indépendants, sans l’appui marketing des marques qu’ils commercialisent, sans la mutualisation des bonnes pratiques, sans l’économie d’échelle qui caractérisent le modèle de la franchise. L’appui de la tête de réseau pour sécuriser l’obtention de son financement bancaire est également un point déterminant. « L’enjeu est de taille. Dans la tempête, le franchisé doit voir que le franchiseur tient la barre comme un bon capitaine. Si ce n’est pas le cas, le risque est que les franchisés prennent le pouvoir, ne respectent plus le concept ou quittent le navire. Des situations qui risquent de déstabiliser la marque, voire la faire disparaître », rappelle l’animatrice d’Esprit-Réseau. La crise agit comme un révélateur.

Dernière « révélation » née du confinement : l’apparition de nouveaux concepts et leur pertinence sur le marché. « Par exemple, une franchise d’optique qui fonctionne uniquement par des visites à domicile s’est montrée particulièrement adaptée aux besoins des clients dans le contexte du confinement », illustre la coach. Sortir de son cabinet, de son pas-de-porte, livrer ont été des réflexes qui perdureront. Merci la crise !

Pierre-Jean Lepagnot

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