Keymex veut faire disparaître les agences immobilières

L’immobilier se réinvente et Keymex y est pour quelque chose. Décryptage : Key comme « clé », « m » pour mandataires et « ex », comprenez experts. Le réseau créé par l’ex-tennisman professionnel Frédéric Simon compte déjà douze centres franchisés sur le territoire. Ambition : ouvrir 100 à 120 centres, chacun de 100 négociateurs. Faites le calcul !

«Keymex, le futur de l’immobilier commence ici. » Que voilà une baseline pleine de promesses et d’ambition ! Depuis mars 2016 et l’ouverture du premier centre à Taverny, il est vrai que les affaires vont bon train. Frédéric Simon, fondateur et PDG de Keymex après dix ans au sein du réseau Avis tient son concept d’agence immobilière pour le modèle du proche avenir. On s’immerge dans son idée.

Un modèle « innovant et disruptif », dixit Simon. Il s’agit de rompre avec le paradigme de l’agence immobilière traditionnelle et se positionner comme un leader du nouveau marché en train de se dessiner. Frédéric Simon en est persuadé : « D’ici à dix ans, les agences immobilières telles qu’elles existent aujourd’hui n’auront plus aucune valorisation de leur fonds de commerce et seront amenées à disparaître les unes après les autres. » Aïe, aïe, aïe. Il veut créer « un modèle hybride entre le réseau de mandataires indépendants et l’agence traditionnelle ».

Un modèle hybride, entre réseau de mandataires indépendants et agence traditionnelle.

Rassemblement, formation et confort

Quel est le ressort Keymex, selon son fondateur ? Rassembler négociateurs, formateurs, experts immobiliers et professionnels en tout genre (avocats, assureurs, courtiers en prêts…), au sein d’un même bureau pensé en trois pôles : le centre de formation, le centre d’affaires et le centre de transaction. Oubliée la règle de l’emplacement commercial en centre-ville, Keymex mise sur des centres spacieux (500 m² en moyenne), équipés, en périphérie des grandes villes et sur une vitrine entièrement numérique. « Nous ne sommes plus sur le modèle des agences locales. On passe à l’échelle régionale, capable d’intégrer une centaine de négociateurs. » Pour le franchisé, trois mois de formation initiale couplés à une immersion au sein du centre pilote. Pour le négociateur, six semaines de formation à son recrutement puis des parcours de formation dispensés par son franchisé tous les deux mois et la possibilité d’un coaching suivi et personnalisé quotidien : un mot d’ordre pour Frédéric Simon qui dénonce un manque de formation dans l’immobilier. Il affirme : « Nous sommes très fiers de pouvoir dire que nous connaissons un turnover quasi nul. » Pour lui, le choix du confort et de la qualité de travail s’explique de lui-même : « C’est un peu l’ambiance start-up, le centre est un lieu de vie et de travail. C’est important de pouvoir se détendre et profiter d’un espace agréable et accessible. »

Frédéric Simon. Il a “inventé” un modèle de mandataire immobilier qui remplacera à terme, croit-il, l’agence traditionnelle.

Entre mandataire et agent

Reprenons. Un centre Keymex constitue avant tout un espace de travail et de transactions. Frédéric Simon l’assure, son modèle double la rémunération des négociateurs. Lesquels gèrent la quasi-totalité de leurs expertises et transactions en mandats exclusifs, bien plus avantageux que les simples. Des mandats exclusifs couplés à un taux de transformation élevé, près de 70 % aboutissent à une vente. D’où le nom savamment forgé : « Keymex ou la clé des mandataires experts. » Un « expert » Keymex réalise 70 000 euros de CA annuel moyen (contre 30 000 pour un mansdataire indépendant et 85 000 pour un agent traditionnel, affirme Simon). « Ils font plus de chiffre que nos négociateurs, mais sont payés deux fois moins et travaillent plus », relativise le patron.

Les ambitions affichées par le PDG sont claires : ouvrir plus d’une centaine de centres sur tout le territoire. Le centre pilote lancé en 2016 rassemble aujourd’hui plus de 80 personnes et réalise entre 300 000 et 400 000 euros de CA mensuel (hors taxes). Une réussite qui génère un levier de 1,7 million d’euros de levée de fonds pour le lancement de la franchise dans laquelle il faut engager selon nos informations entre 300 000 et 400 000 euros, selon Le Journal de l’Agence, dédié à l’immobilier. Beaucoup ? Un centre Keymex doit générer à cinq ans un résultat net d’un million d’euros. L’enseigne a, depuis 2016, signé douze contrats de franchise (Paris, Senlis, Rennes, Nantes, Rochefort…) et a même ouvert une master franchise à Buenos Aires (franchiseur pour l’Argentine). Frédéric Simon veut ouvrir « entre 20 et 30 centres par an ». Pour lui, « c’est évident, les agences traditionnelles vont s’effondrer et laisser la place aux modèles émergents comme le mien ». Jeu, set et match.

Adam Belghiti Alaoui

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