Petite franchise, grand potentiel, grosse pression

Zone de chalandise restreinte, pôles urbains de petite taille… Peut-on vraiment s’épanouir en franchise dans les territoires considérés comme moins dynamiques ou enclavés ? Oui, à condition parfois de… tuer toute concurrence de proximité !

Une franchise dans une petite ville, ça marche ? Outre la transmission du savoir-faire, la franchise repose sur l’exploitation d’une zone de chalandise, exclusive entre membres d’un même réseau. Cette zone ne doit pas être inférieure à 20 000 habitants sous peine de ne pas être rentable pour l’enseigne. Focus sur les concepts qui fonctionnent même avec un petit braquet.

Le développement d’un réseau devient vite un casse-tête pour les petites et moyennes villes : taille des surfaces disponible, taille de la zone de chalandise, coût d’installation, paupérisation commerciale et appauvrissement de l’offre de service dans certains centres-villes… Pour de nombreux réseaux matures, les petites villes ne sont donc pas un terrain fertile à l’implantation en raison d’un potentiel économique jugé trop faible. Bien sûr, des exceptions demeurent.

Comme les zones de transit que sont les gares : le moyen, parfois, de redynamiser le tissu économique bien qu’une gare, par nature, soit plutôt enclavée. Ou les territoires touristiques en montagne ou proches de la mer qui vont devoir faire face à une montée en charge saisonnière des besoins touristiques quotidiens. Certaines petites villes se taillent une situation de pôle économique dynamique en raison d’un tissu économique très étalé dans des territoires ruraux sans agglomérations majeures qui tirent la couverture économique.

Les centres des petites villes cachent du potentiel

Les enseignes qui s’implantent dans les petites zones de chalandise doivent prendre en compte la spécificité des enjeux économiques et sociaux qui se jouent à l’échelle de ces territoires.

D’abord, la notion de service de proximité demeure importante. Quel que soit le mode de déplacement, les Français aiment faire leurs courses quotidiennes près de chez eux. Les habitants des petites villes sont toujours attachés aux commerces de proximité. En centre-ville de ces petites agglomérations, les franchises les plus répandues sont les commerces de détails à l’image des Spar, Vival, Carrefour City, 8 à Huit… Autant de franchises constamment à la recherche de candidats franchisés, notamment en raison des départs à la retraite ou par le potentiel de la localisation de tels points de vente. De plus, les formules de location-gérance ou de crédit-bail facilitent l’aventure de l’entrepreneuriat avec peu d’apport pour ce type de concept. Dans le même esprit, les pas-de-porte se révèlent beaucoup moins chers par rapport aux loyers pratiqués dans les grandes agglomérations. Une charge en moins pour le candidat à la franchise.

Dans les territoires plus enclavés, d’autres services ont également le vent en poupe que la petitesse de la zone ne handicape pas. Tel est le cas par exemple des agences de service à la personne : aide au ménage, à la garde d’enfants ou assistance aux personnes dépendantes à l’image des Family Sphere, O2 ou Adhap Services. Quel bourg n’en aurait pas besoin ?

Varier les plaisirs pour concurrencer le commerce en ligne

La numérisation du commerce redistribue les cartes, quels que soient les territoires. L’internaute achète ce qu’il veut où il veut quand il veut. Pour s’adapter à ce nouveau rapport à l’acte d’achat, certains réseaux s’appliquent à développer le shopping loisir et l’expérience client. C’est notamment ce qui explique que certains métiers débarquent dans de petites villes à l’image de l’épicier premium Comtesse du Barry, le caviste Nicolas ou les chocolats de Neuville installés à Vichy – 25 000 habitants ! Les trois enseignes ont choisi de se fédérer dans un même point de vente. Le regroupement des marques via l’installation de corners ou une ouverture décalée (comme les cafés présents en corner dans certaines enseignes de restauration rapide) de plusieurs marques au même endroit sont autant de méthodes propices à l’ouverture de nouvelles implantations malgré une zone de chalandise restreinte.

La périphérie à ne pas négliger pour certains concepts

Les zones commerciales à leur tour ne sont pas toujours désertées. Surtout lorsqu’elles proposent une offre de services recherchés. Qui dit petites villes dit déplacement en voiture. Les centres autos, magasins d’ameublement ou de décoration sont ainsi les bienvenus pour les périphéries de villes de 20 000 habitants. Pourtant, la règle qui semble faire force de loi pour ce type d’implantations est… d’arriver le premier pour tuer la concurrence ! Ce type de territoire ne supporte pas plusieurs magasins de même activité. à part peut-être les métiers de bouche…

Geoffroy Framery

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here