Zone de relooking extrême...
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Coiffeurs décoiffants

Mod’s Hair a réinventé le métier des coiffeurs traditionnels. La preuve avec Patrick Chartier à Bordeaux, dans un des 250 salons…

Peu de gens savent que les salons de coiffure de la franchise Mod’s Hair ont été créés par les premiers « coiffeurs studio ». En effet, dans les années 60, deux frères, Frédéric et Guillaume Bérard ont fait bouger les codes de la coiffure en étant les premiers à coiffer en live les plus belles filles : Helmut Newton, Guy Bourdin, Sarah Moon, pour les plus grands photographes. Vogue, Marie-Claire, Elle, L’Officiel, Harper’s Bazaar… Les presses féminines française et étrangère se disputent le talent de ces jeunes génies. Un nouveau métier est né : coiffeur studio ! Un art qui marie l’image, les créateurs de mode et les grands couturiers. « De nombreuses lectrices de ces magazines de mode ont commencé à appeler les rédactions afin de savoir : où peuvent-elles trouver le salon Mod’s Hair ? », se souvient le co-fondateur de l’enseigne, Frédéric Bérard. « C’est alors que les journalistes, fatigués de ces coups de fils téléphoniques, nous ont demandé d’ouvrir un salon », continue le couturier de la coiffure. Ainsi, en 1974, pour attirer la gente féminine Frédéric et Guillaume Bérard ouvrent-ils leur premier salon Mod’s Hair, à Paris. A cette époque, ils ont à peine 25 ans !

Aventure qui dépasse les frontières

Leur style coiffé-décoiffé, technique de coupe libérant les cheveux, l’élégance naturelle et glamour déclinés à chaque nouvelle collection, deviennent la référence de la mode. Un nouveau souffle va ainsi essaimer à travers le monde. En 1981, Frédéric et Guillaume Bérard lancent leur première franchise au Japon. Architecture intérieure et mobilier épuré, accueil personnalisé, lignes de produits spécifiques, équipes formées aux techniques de la maison… Mod’s Hair devient un concept en soi. Cinq ans plus tard, pour présenter leurs collections, les deux créateurs décident également de créer leur journal. Edité en anglais, en allemand, en japonais et en italien, il est distribué aux clientes dans tous les salons de la franchise. Les lecteurs y trouvent les tendances et les événements, la mode et la culture. Aujourd’hui, l’enseigne a développé un réseau de 250 salons (40 en France) présents dans 15 pays sur les cinq continents qui développent un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros. La clientèle est mixte, femmes et hommes appréciant le service impeccable et les produits Mod’s Hair. De plus, la franchise a cinq centres de formation.

Ecrin bordelais

Une formation qu’à suivi Patrick Chartier. Cela fait près de 30 ans que ce passionné a rejoint les rangs de l’enseigne. « On peut dire que j’ai grandi avec eux », sourit-t-il. Son côté familial où la qualité est privilégiée à la quantité, lui plaisait. L’enseigne venait tout juste de se lancer dans la franchise et recherchait beaucoup de franchisés. « Je ne voulais pas quitter Bordeaux », explique-t-il. « A cet époque, il n’y avait pas encore de salon Mod’s Hair ici, on m’a donc proposé d’en ouvrir un. ». Depuis, il a migré d’un coin de la ville à l’autre et aujourd’hui, son salon est la perle rare du quartier aisé, Triangle d’Or de Bordeaux. Situé sur la Cours Georges Clemenceau, dans un bâtiment classé monument historique, le salon, contrairement aux autres franchisés, a pu garder son propre style rustique. Le mobilier noble, les lustres majestueux, le parquet en bois marron… Il en est de même pour les tenues vestimentaires des coiffeurs qui se doivent d’être très élégants pour leur clientèle souvent haute-gamme. Dès le matin, les trois employés s’activent. « Les samedis, nous sommes toujours pleins à craquer », prévient Patrick Chartier. Un café rapide et on jette le regard sur le planning. Chacun a sa place et sait ce qu’il doit faire. Coloration pour Madame Dubois* à 9h30. Aurore, la spécialiste de la coloration s’occupe de préparer la couleur avec les meilleurs produits de l’Oréal et Wella. Il est hors de question que la cliente patiente en arrivant. Monsieur Laffite vient vers 10h pour couper sa barbe. Damien l’attend déjà, ses instruments sont prêts et son nouveau catalogue de choix, aussi. Très vite le salon se remplit. « Contrairement aux autres coiffeurs, nous passons des petits entretiens avec nos clients. Il est très important de savoir ce qu’ils souhaitent. Ils doivent se sentir privilégiés », explique Damien, le gérant du salon. La clientèle apprécie ce geste, et la renommée de la franchise la pousse à revenir assez souvent.

L’apport du réseau au quotidien

Pour les déjeuner importants ou les soirées mondaines, seul Mod’s Hair peut proposer et conseiller la coiffure du mois ou de la saison. « Auparavant, je ne savais pas que les salons de coiffure changeaient leurs catalogues de coupes et de colorations aussi souvent. », raconte Madame Costes, une habituée. En effet, c’est une particularité de la franchise. « Chaque année, tous les professionnels doivent suivre une formation à Paris afin de ne pas rester en marge. Mod’s Hair développe toujours de nouvelles techniques qui nous permettent de gagner du temps et en même temps d’épater le client  », précise Damien. Ce développement constant a fait de Mod’s Hair le meilleur ambassadeur du style « mode in France ». Ici, chaque femme se sent unique. Hormis les compliments sur sa tenue, on lui conseille et explique pas à pas sa coiffure afin qu’elle puisse la refaire chez elle. « Nous avons toujours des coupes qui tiennent à conserver le volume des cheveux et les couleurs qui suivent de jolies mouvements et ajoutent de la brillance », explique Damien. Cependant, comme dans tout salon de coiffure, les professionnels n’ont pas une minute de répit. Jusqu’à 18 heures, ils vont s’activer, courir dans tous les sens, répondre au téléphone qui n’arrêtera pas de sonner, faire des coupes carrées, des dégradés, des colorations, des balayages, des brushings…. La douce odeur des colorants et la chaleur des sèche-cheveux flotteront encore longtemps dans l’air. Ce soir, une vingtaine de femmes pourront briller et se faire complimenter. « C’est un plaisir de les rendre heureuse. En fin de compte, même si nous passons beaucoup de temps avec une cliente, cela ne nous fait pas perdre notre chiffre d’affaires car nous savons qu’elle reviendra très vite pour de nouvelles aventures « décoiffantes » », conclut Damien..

* Tous les noms de clients ont été modifiés.

Anna Ashkova

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