Ne touchez pas à l’hydroxychloroquine, mais…

… le laboratoire Sanofi se prépare à en produire des tonnes pour les hôpitaux d’Europe et des États-Unis !

Décidément, même si l’antipaludéen anti-viral qu’est hydroxychloroquine sous la marque Plaquénil reste pour la plupart des virologues, infectiologues et bobologues le médicament maudit prôné par ce foldingo de professeur Raoult, il n’empêche que Sanofi se prépare à en produire des millions de doses si… les résultats des essais cliniques en cours confirment l’efficacité de ce médicament contre la covid-19. Ce n’est pas une rumeur. C’est le directeur général du laboratoire pharmaceutique français, le Britannique Paul Hudson venu de Novartis en septembre 2019, qui l’a confirmé.
Et il parle en connaissance de cause : Sanofi est le seul laboratoire à détenir une AMMF – autorisation de mise sur le marché français – de cette molécule tirée de la chloroquine.

Le Dr Véran se serait-il trompé de posologie ?
Cette transnationale française est un labo pharmaceutique (ses spécialités médicamenteuses, où entrent des génériques, se prescrivent pour le diabète, les maladies rares, la sclérose en plaques, l’oncologie – cancer) et un producteur de vaccins. Le groupe occupe le troisième rang mondial par son chiffre d’affaires (34,46 milliards d’euros en 2018), réalisé à hauteur de 72,6 % hors d’Europe. Il emploie quelque 100 000 personnes dans une centaine de pays (dont 25 400 en France). La marque constitue la troisième capitalisation boursière de Paris, derrière Total et le groupe LVMH, L’Oréal détient moins de 10 % d’actions.

Quand, le 23 mars, Oliver Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, autorise l’utilisation de l’hydroxychloroquine à l’hôpital, pour des patients souffrant de formes graves de covid-19, il valide, certes, la suspicion d’efficacité de la molécule. Mais celui qui a mis en avant cette hydroxychloroquine, le Dr Raoult, répète à l’envi que c’est aux prémices de la maladie que l’antiviral agit. Au-delà, c’est trop tard. Où est l’erreur ? On le saura peut-être au terme de l’essai clinique de l’Inserm… dans trop tard.

Mais employé ou pas à bon escient, le Plaquénil, d’ordinaire prescrit pour des maladies articulaires d’origine inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou les lucites (allergies aux UVA), devient un actif sans prix pour Sanofi.

La chloroquine pourrait-elle être écartée in fine ?
En confirmant que Sanofi travaille à 93 % de ses capacités de production pour produire le comprimé que d’aucuns qualifient de « miracle », Paul Hudson n’a pas caché le périmètre de sa distribution, toute l’Europe et les États-Unis. La distribution ne sera pas même entravée par les distances : Sanofi possède 73 sites industriels dans 32 pays.

De deux choses l’une : ou bien le programme de test Discovery valide l’efficacité du Plaquénil – aux prémices ou au pic de la maladie – et l’ensemble des sceptiques qui ont tant critiqué le pragmatisme jugé désinvolte du professeur Raoult n’auront plus qu’à trouver de scientifiques raisons pour se justifier de leur méfiance, ou bien l’antipaludéen sera disqualifié et Sanofi ne pourra justifier sa surpoduction et l’écouler.

Les paris sont ouverts. Ceux et celles qui misent sur une reconnaissance de la molécule en achetant de l’action Sanofi pourraient bien empocher le pactole, car l’on voit mal Sanofi annoncer avec une si grande assurance sa stratégie sans raison solide de le faire.

Quant au gouvernement français, il devra rendre des comptes auprès d’une opinion largement acquise à la thèse du « on ne perd rien à essayer ».

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