Par Anaïs Georgelin, CEO de somanyWays.

Anaïs Georgelin a créé en 2016 somanyWays, après un Master en Management à l’IESEG (2012) et 3 années passées à endosser 3 métiers dans 3 sociétés avant la création de somanyWaysstart-up incubée par Darwin, un espace innovant, à Bordeaux.

Quelques écueils à éviter, basés sur des histoires vraies.

Chez somanyWays, nous accompagnons des particuliers en questionnement professionnel. Chaque jour, nos participants nous racontent leurs histoires. Sur ce point comme sur les suivants, nous ne pouvons résister à l’envie de vous partager des pratiques… à éviter. Dans la plupart des grandes organisations saluées pour leur avant-gardisme, le télétravail dépasse rarement quelques jours par mois. L’unité de lieu et de temps restent le ciment de la culture d’entreprise. D’un côté, des prestataires qui peuvent bien travailler loin des yeux, du moment que les livrables sont fournis. De l’autre, des collaborateurs qui doivent officier sous le même toit. Deux poids, deux mesures dans l’entreprise étendue.

Pourtant, le télétravail est un enjeu clé. Les attentes des collaborateurs du xxie siècle ont bien changé, et les rapports au « bureau » et au management doivent être revisités. Le contrôle permanent et le présentéisme sont dépassés. La confiance et l’autonomie sont plébiscitées. Et le télétravail incarne ces changements attendus par une part croissante des salariés, toutes générations confondues.

Avec le confinement, les collaborateurs et leurs managers ont l’opportunité d’expérimenter de nouveaux modes de travail. Plus numériques, certes. Mais pas nécessairement moins colorés par le lien et l’esprit d’équipe, si précieux par les temps qui courent. Pourtant, si l’entreprise est un lieu de partage, de réalisations communes et de collaboration, c’est aussi parfois un lieu de tensions, qui risquent de s’amplifier avec la distance.

Le climat d’incertitude généralisé, le quotidien des familles en confinement et le manque d’expérience des managers sur le sujet pourraient bien faire du télétravail une expérience génératrice de désengagement.
Tentons de l’éviter… Et faisons de ce moment l’opportunité de (re)trouver du sens et du plaisir au travail !

1 Trop parler à ses équipes

Il était une fois, par temps de confinement, un manager qui imposa à son équipe trois réunions par jour : à 9 heures, 14 heures et 19 heures. Histoire de s’assurer que personne ne se tournait les pouces. Logique.

Le télétravail repose sur un postulat : la confiance. A priori, et non a posteriori. C’est-à-dire la confiance qui n’a pas besoin de se gagner, mais qui peut évidemment se perdre. Pourtant, pour nombre de managers, ce n’est pas la posture de base. Et le télétravail a de quoi amplifier le besoin de contrôle. Ils vont alors parler à leurs équipes. Plus que jamais.

Et si vous choisissiez plutôt un rythme de trois rendez-vous visio par semaine ? Lundi 14 heures, réunion d’équipe hebdomadaire : une heure pour échanger sur les priorités du moment. Mercredi 14 heures, escale : 30 minutes de pause-café pour partager les informations clés. Vendredi 17 h 30, temps informel : pour célébrer des réalisations, rire, et se souhaiter un bon week-end.

2 Ne plus parler à ses équipes

Il était une fois, une collaboratrice confinée depuis 10 jours. Elle ne compte plus le nombre de mails reçus de son manager. Mais pas une seule fois, elle n’entendit sa voix. Alors, petit à petit, elle se mit à l’oublier.

Dans la vie, tout est une question de mesure. Si imposer des réunions trois fois par jour à son équipe est peu productif, ne pas se parler du tout n’est pas mieux.

Croire que chacun avance en autonomie et n’a besoin de rien est souvent une douce illusion. À distance, les échanges spontanés du quotidien ne sont plus là. Les collaborateurs vont alors naviguer à vue, sans même en être conscients, ou sans oser le dire. Sous couvert de confiance, nous perdons alors le lien, et l’engagement qui va avec.

Et si en plus des visio collectives, vous utilisiez un outil pour favoriser les échanges spontanés (slack, teams…) ? De quoi éviter d’être submergé de mails et de mieux collaborer. Les points individuels entre manager et collaborateur restent également de mise. Mais pour ceux-là, privilégiez le téléphone. Ce sont souvent des temps de prise de recul, pour redéfinir les priorités ou lever des blocages, durant lesquels on apprécie de pouvoir arpenter nos appartements (ou nos balcons, pour les plus chanceux).

3 Pinailler comme jamais

Il était une fois, un collaborateur reconnu pour son expertise et son professionnalisme. Depuis son poste habituel, son manager pouvait le voir. Depuis qu’il était en télétravail, son manager voulait revoir toutes ses productions. Chaque slide était regardée de près.

Derrière l’anecdote, un cruel constat. Nombreux sont les managers convaincus que leurs collaborateurs en télétravail, ne travaillent pas. Ou moins. Ou moins bien. Dès lors, les comportements changent. Et c’est là une excellente méthode pour pousser vos équipes à se désengager !

Si le télétravail demande de mettre en place de nouveaux outils et de nouveaux « rituels », ça ne signifie pas qu’il faut transformer radicalement la manière d’encadrer vos équipes. Continuez à laisser faire ceux que vous laissiez faire. Et continuez à accompagner ceux qui en avaient besoin !

4 Exclure l’humour

Il était une fois, une collaboratrice qui se réjouissait chaque matin d’aller au travail retrouver ses collègues. Un beau jour, un tiers de la population mondiale fut invité à rester chez elle. Seule derrière son écran, il n’y avait plus de place pour rire. Alors, elle se mit à pleurer.

Ah l’humour ! Les traits d’esprit, le cynisme, les histoires de Toto ou les blagues olé olé. Quelle que soit notre sensibilité, au boulot comme dans la vie, nous avons tous besoin de nous détendre les zygomatiques. Mettre un coup de bourre ou accuser un coup difficile passe toujours mieux lorsque l’on peut en rire.

Chez nous, l’humour est un critère de recrutement. Nous aimons nous esclaffer. Alors avec des équipes en remote, nous n’avons pas attendu le confinement pour nous assurer notre dose quotidienne ! Et si vous aussi, vous mettiez en place un « channel » slack/teams dédié aux blagues entre collègues, qui deviendra un haut lieu à visiter lorsque vous vous serez levé du mauvais pied ? Vous pouvez également créer un groupe What’s app, très utile pour les échanges spontanés, l’humour y fait naturellement son trou, photos à l’appui.

5 Exiger l’immédiateté

Il était une fois, un collaborateur en télétravail, concentré sur un dossier de fond. Son manager avait une question. Alors il lui envoya un mail. Puis le mentionna sur un google doc. Puis lui envoya un message sur slack. Excédé, il finit par l’appeler et l’engueuler.

Lorsque nous sommes au bureau, exigeons-nous de nos collaborateurs qu’ils répondent immédiatement à nos mails ? Si c’est le cas, il faut envisager de reprendre quelques basiques. Si non, il n’y a pas de raison de le faire non plus en télétravail. Le risque est d’ailleurs grand d’entrer dans un cercle vicieux où vos collaborateurs dépensent plus d’énergie à s’assurer qu’ils vous répondent dans les 5 minutes qu’à vraiment travailler…

La règle doit être claire : s’il y a urgence, on décroche son téléphone ! Tout ce qui est envoyé par un autre moyen ne demande pas de réponse immédiate. Passez en mode détox, exercez-vous à ne regarder vos mails que 2 fois par jour : en fin de matinée et en fin de journée. Pour laisser plus de place à la productivité !

Pour les managers non rompus à l’exercice, l’enjeu du télétravail « obligatoire » est de taille. Mais le contexte offre également l’opportunité de questionner les pratiques et de mettre en place des modes de collaboration davantage basés sur la confiance et l’autonomie. Un enjeu clé pour attirer, engager et retenir les talents !

Que vous soyez aguerris ou non, nous vous encourageons à co-construire avec vos équipes une charte du télétravail. Les choses nous semblent parfois aller de soi, mais elles vont toujours mieux en les écrivant !

À noter que certains collaborateurs ne sont pas à l’aise en télétravail (et ce n’est pas une question d’âge, nous connaissons des jeunes qui détestent ça, true story) et demanderont de votre part une vigilance accrue.

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