Pour un plan de relance de l’économie

Les pistes concrètes des conseils financiers.

Créée en 2004, l’Anacofi – Association nationale des conseils financiers – est la plus importante association professionnelle des entreprises de courtage et conseil en banque, finance et assurance. Aujourd’hui, la Confédération de l’Anacofi représente plus de 15 milliards de crédits intermédiés par an, entre 55 et 62 milliards d’encours en assurance vie, plus de 10 milliards et 10 % des nouvelles affaires en finance, un peu plus de 5 % des ventes et intermédiations immobilières annuelles. Cette vision, cette force de frappe et d’engagements justifient que ces financiers identifient les pistes de la relance. Autant de conseils, suggestions et idées qui devront atteindre et inspirer les décideurs. Attention, informations de spécialistes.

Ce que les conseillers financiers… conseillent

1 Permettre de réaliser des rachats de contrats retraite Madelin/PER dans la limite de 12 000 euros pris sur les fonds sécuritaires sans taxes ni impôts.
Pourquoi ces limites ? Tout d’abord car il s’agit avec ces contrats de préparer la retraite via une gestion longue. Justesse ou non du timing et gestion de la liquidité par l’offreur sont de plus à considérer. En outre, nous amènerions des compagnies qui sont en engagement long à subir les effets d’une demande à court terme.

Le niveau moyen d’encours par tête était avant la crise de 27 000 euros pour les contrats Madelin. De sorte qu’il faut permettre un avantage puissant en une fois sans anéantir complètement les effets positifs à terme de ces contrats.

2 Plus généralement permettre de piocher dans toutes les réserves (contrats d’épargne, retraite, sortie de prises de participation sans taxes).

 3 Lisser les années fiscales 2019-2020 des entreprises pour réaliser une sorte d’exercice exceptionnel « si besoin » mais sur simple demande.

4 Permettre la création de fondations gérées par les organisations professionnelles, qui seraient alimentées par les entreprises qui le voudraient et permettraient une aide directe à d’autres, en difficulté (sans s’intéresser à la règle des fondations traditionnelles, trop restrictive). À défaut, autoriser de plein droit des cagnottes à la main des organisations professionnelles sans avantage fiscal à l’entrée et considérer le versement des sommes comme un chiffre d’affaire exceptionnel non « TVAble ».

5 Il faut cesser/geler tout projet de texte qui ne serait pas en accord avec les métiers/entreprises et qui fragiliserait les entreprises de tel ou tel métier (modèles économiques, nouvelles normes…). Autant que possible, éliminer des normes bloquantes.

6 Maintenir des crédits aidés et veiller à ce que nos IOBSP (intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement, CGP (conseillers en gestion de patrimoine) et CFE (Centres de formalité des entreprises) puissent intervenir mais aussi en bénéficier (ce qui leur est apparemment souvent refusé pour « non-éligibilité » alors même que la DGT nous a confirmé qu’ils le sont).

6 bis Veiller à la bonne application de l’aide PGE – prêts garantis par l’État – ce qui ne semble pas être le cas, malgré les déclarations gouvernementales, d’après les remontées de nos membres dont l’accompagnement dans ce domaine est l’un des métiers. Le taux d’obtention ne semble pas tenir compte des refus dès la demande et donc sans instruction du dossier.

7 Spécifiquement pour nos métiers, il faut cesser de mettre en risque nos modèles économiques en rediscutant le système de rémunération de la prestation (débat honoraires versus commissions/rétrocessions).

8 Desserrer les contraintes de Bâle et de la BCE.

9 Garder un niveau de contrôle des activités, mais en réduire la charge sur les petites entités afin qu’elles puissent se concentrer sur la production.

10 Faciliter encore l’accès au financement participatif. Nous avons bâti des contrats types entre nos professionnels et les plates-formes qui devrait grandement aider, mais il faut communiquer et favoriser des solutions de liquidité qui seront maintenant encore plus attendues par les investisseurs.

11 Avancer sur l’affacturage inversé.

12 Sanctionner durement les impayés de grandes entreprises, de l’État ou des collectivités.

13 Faire attention aux effets des notations qui vont mécaniquement se dégrader et risquent d’amener à une rupture de financements classiques et de dégradation forte des fonds d’investissement.

14 Repenser la logique d’analyse et approche du risque des produits d’investissement et des clients/investisseurs.

15 Permettre des donations intergénérationnelles plus importantes afin de transférer de la capacité de consommation, mais également d’investissement ou tout simplement de soutien d’une activité (éventuellement différencier les niveaux selon la finalité).

16 Aider à relocaliser le maximum d’activités utiles au bon fonctionnement des autres (au-delà donc de l’autonomie sanitaire).

17 Réfléchir à réformer le TAEG (taux annuel effectif global) et à revenir sur la recommandation de plafonnement de décembre du HCSF (Haut conseil de stabilité financière, plafond ferme à 33 %).

18 Faciliter le traitement des dossiers de crédits (tous) par les banques. Le blocage actuel limite le volume de crédit, ce qui freine les financements en général et immobiliers en particulier, ce qui pourrait avoir des effets catastrophiques tant sur la construction que sur les valorisations ou pour toute la chaîne des acteurs de la mutation/intermédiation.

Pistes complémentaires

1 Permettre à l’hôtellerie de redémarrer plutôt vite pour faciliter toutes les activités productives qui en ont besoin (directement ou pas).

2 Décaler mais aussi annuler des charges.

3 Dans le cadre du déconfinement : maintenir une aide pour la gestion des enfants.

4 Faciliter les déplacements en sécurité par tous les moyens y compris individuels, afin de limiter la promiscuité dans les transports en commun. Il faut assez de transports en commun sur des plages horaires larges pour assurer la venue à des horaires de travail normaux ou décalés. Pour la voiture, afin d’inciter au covoiturage, permettre aux entreprises, comme c’est le cas dans le cas d’usage des transports en commun, de prendre en charge les frais. Il serait possible de payer des indemnités kilométriques bonifiées aux employés si trois personnes utilisent le même véhicule. Pour les vélos et autres solutions à deux roues.

5 Autoriser des heures supplémentaires exonérées de charges.

6 Mettre en place des task forces locales de surveillance de la bonne application des mesures.

7 Rédiger un ou des guides de comportement mais aussi de solutions concrètes et qu’il sera possible de mettre en œuvre dans les entreprises, avec des chapitres spécifiques par activités.

8 Aider à relocaliser le maximum d’activités utiles au bon fonctionnement des autres (au-delà donc de l’autonomie sanitaire).

Une logique générale

Bien évidemment, il faudrait pouvoir baisser toutes les taxes et impôts, condition difficilement envisageable. Dans ces conditions, il faut pouvoir faciliter la constitution du chiffre d’affaires, comme embaucher ou licencier plus facilement.

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