5 « rebondisseurs/euses » entrepreneur/es analysent la crise

Chacun/e y va de ses conseils positifs.

Notre partenaire Les Rebondisseurs français www.lesrebondisseursfrancais.fr a demandé à cinq de ses membres de s’exprimer sur la situation et de
« rebondir » sur le devenir de leur activité et du pays. Les Rebondisseurs français réunit plus de 900 personnes (indépendants, start-up, PME, grands groupes), compte 7 représentations en région et ses bénévoles se sont donné pour mission d’agir comme une véritable locomotive et d’accélérer le changement de mentalité.

  • Isabelle Saladin, présidente de l’association et président d’I&S Adviser (levées de fonds, acquisitions, cessions, introductions en Bourse), partage trois recommandations, déjà exposées en avant-première dans ÉcoRéseau Business n° 69 :
    > Préserver sa trésorerie pour tenir et pouvoir se relancer. Ne pas hésiter à activer les dispositifs mis en place par le gouvernement, même si tous le ne sont pas encore opérationnels. L’important est d’être prêt pour quand ils le seront.
    > Être solidaire entre entrepreneurs par des gestes apparemment anodins mais ne le sont pas : par exemple, ne pas annuler mais faire un avenant pour reporter, demander des avoirs plutôt que des remboursements, etc. On est tous le prestataire de quelqu’un.
    > Ne pas s’oublier soi-même, même si on a la tête dans le guidon et que l’on panique en voyant son chiffre d’affaires baisser. Préserver ses ressources personnelles pour pouvoir tenir sur la durée.
  • Albert Szulman, fondateur de ScaleUp Booster et ambassadeur des Rebondisseurs français, insiste sur l’importance de voir la crise par le prisme des opportunités. Il fait passer trois messages :
    > L’originalité de la crise que nous vivons en 2020 est le principe du confinement. Lors des précédentes crises économiques les relations sociales avaient pu continuer. Aujourd’hui, elles sont empêchées. Cette absence impose donc de penser son entreprise et son business autrement. C’est finalement une opportunité d’apprendre à vivre et à travailler différemment. Saisissons-la !
    > Penser « opportunité ». Dans toute crise, il y en a à saisir. En se saisissant des mesures mises en place par le gouvernement ou encore en pensant autrement sa société pour agir différemment et faire (encore) mieux.
    > Un entrepreneur est un « rebondisseur », autrement dit quelqu’un qui est en permanence en mouvement. Ce mouvement est une ressource qui va être très utile aux uns et aux autres pour saisir les opportunités à venir. Plus que jamais, misez dessus !
  • Denis Fayolleserial entrepreneur et ambassadeur des Rebondisseurs français, recommande deux actions :
    > À court terme : il faut acheter sa survie en sollicitant les dispositifs de l’État, de Bpifrance, des régions, des banques, etc.
    > À moyen terme : l’important est de préparer « l’après » : par exemple, faute de savoir dans quelle proportion son activité sera réduite, il est intéressant de dresser des plans pour des situations multiples, selon quelle baisse, -10 %, -30 % et -50 %. Ainsi, selon ce qui se passera, vous saurez quoi faire et vous pourrez agir plus rapidement et plus sereinement.
  • Nash Hugues, cofondateur de Light Me Up et membre des Rebondisseurs, souligne l’importance du bon sens dans les prises de décision.
    > Nash intervient régulièrement auprès d’étudiants en entrepreneuriat. Ce qui pour lui est important en ce moment, c’est d’apprendre : apprendre à anticiper et à ne pas attendre que le pire arrive, apprendre à se réinventer, apprendre à utiliser de nouveaux outils et à travailler autrement, apprendre à faire face aux problèmes. Quelles que soient la crise et l’adversité, il ne fait pas de sens de changer son fusil d’épaule. En tant qu’entrepreneur, on accepte le risque.
    > De son expérience américaine où il est parti monter une start-up – qui s’est planté – il a appris à avoir de la méthode et à toujours faire preuve de « bon sens paysan » : interroger les sources d’information fiables (qui, pour un entrepreneur, sont souvent ses clients), travailler en équipe, utiliser des techniques pour accélérer comme le design thinking, etc.
    > Surtout, en tant que « rebondisseur », il estime essentiel de continuer à clamer haut et fort qu’après l’échec et la crise, il y a toujours le rebond. Plus que jamais, et alors que les perspectives économiques sont alarmantes, ce message doit être rappelé. Rien ne peut atteindre fondamentalement un entrepreneur car il est intrinsèquement un rebondisseur. Ce qu’il faut, c’est qu’il aille chercher en lui cette force de rebondir pour passer la tempête et se relever après.
  • Céline Santini, entrepreneure membre des Rebondisseurs français, s’appuie sur le kintsugi pour rebondir face à la crise. L’autrice de Kintsugi, l’art de la résilience (First) partage plusieurs idées.
    > Tout d’abord, elle invite chaque rebondisseur à se reconnecter à sa force intérieure d’entrepreneur car tout entrepreneur est à la fois battant et résilient, des aptitudes au lancement de ses projets et à même d’assumer les risques.
    > Le kintsugi suit un processus en 6 étapes intéressantes à respecter dans la crise actuelle :
  1. récupérer les morceaux qui restent de soi après l’épreuve de la crise et choisir ceux que l’on garde
  2. assembler et recoller les morceaux conservés
  3. laisser sécher, donc patienter, même si cette attente donne le sentiment d’être démuni
  4. ajouter une laque rouge qui va finir de réparer, métaphore du nouveau souffle – la question à se poser à cette étape est « que veut-on changer ? »
  5. saupoudrer de l’or sur les cicatrices pour sublimer les failles, ce qui va conduire à s’assumer tel que l’on est, avec ses qualités et ses défauts
  6. s’exposer, ce que l’on assume à 100 % car à ce moment-là, on n’a plus la tête dans le guidon !

Ces vidéos sont toutes en ligne sur la chaîne YouTube et le site de l’association.

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