Les règlements de comptes vont commencer

L’après-déconfinement va déchaîner les passions politiques et les démonstrations savantes de l’inutilité du confinement et de sa durée. Même de la part de ceux et celles qui conservent leur masque dans la rue…

C’est déjà l’heure des règlements de comptes. Déjà l’heure de l’unique question « politique » qui suivra l’annonce officielle de la fin de l’état de crise sanitaire :

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Mais bientôt, ce même président devra justifier le confinement fondé sur une peur initiale, celle de voir s’emballer une contamination sans limite en un holocauste hexagonal insupportable. Aurait-il eu lieu ? Pas sûr, à voir la Suède de 10 millions d’habitants, où les mesures gouvernementales ont surtout pris la forme de recommandations. Le bilan épidémiologique se révèle sensiblement équivalent à celui de la France, mais sans que son économie ait été paralysée. Comparaison n’est pas raison : les Suédois.es, beaucoup plus discipliné.es que les Français.es, se sont, selon un épidémiologiste, « autoconfiné.es ». Leurs restaurants, leurs musées, leurs commerces, leurs entreprises, avec ou sans télétravail, n’en ont pas moins continué à réaliser leur chiffre d’affaires*. Alors, qui a raison ? On ne le saura virtuellement jamais, d’autant plus que les Français.es, assigné.es à résidence, ont tellement peur du virus qu’ils.elles, aujourd’hui, n’arrivent pas à se dire que le danger est écarté. Or, il l’est, au global. Au point que certains médecins estiment que les nouveaux contaminé.es – toujours la même population de personnes âgées ou à co-morbidités lourdes – seraient de toute façon mortes d’une affection pulmonaire telle que la grippe (dont on n’a plus entendu parler pendant la période).

Ce sera un débat « domestique », une « scène de ménage » à échelle de territoire, surtout si l’indiscrétion de Philippe de Villiers, qui tutoie le président, se confirme : « J’ai eu une conversation le 17 mai avec Emmanuel Macron, révèle-t-il sur BFM TV. Je lui ai demandé pourquoi Édouard Philippe fait ça, pourquoi il ne déconfine pas plus vite ? Pourquoi les mêmes qui interdisaient les masques nous obligent quand ce n’est plus nécessaire ? Il m’a dit “Il gère son risque pénal”. » Risque coûteux. Reste à savoir s’il fut le grand ordonnateur du confinement initial, ce qui n’est pas sûr.

L’ennui, c’est que ce peuple a toujours peur alors que le risque est devenu infime. « Que faisiez-vous au printemps ? Je confinais, ne vous déplaise. Vous confiniez, j’en suis fort aise. Eh bien payez maintenant. » La fable a assez duré.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

* Quoique Christina Nyman, ancienne directrice adjointe de la politique monétaire à la Banque de Suède, pense qu’« il est trop tôt pour dire que nous ferons mieux que les autres. En fin de compte, nous pensons que la Suède finira plus ou moins au même niveau (de baisse) ».

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