Rentabilité d’un projet : un calcul indispensable

Éléments de réponses avec Pascal H. Lambert, directeur de Franchise Expert.

Les chiffres publiés par la Fédération française de la franchise sont au beau fixe. Le nombre de réseaux et de points de vente a encore progressé en 2019 (2,2 et 4 %) et le chiffre d’affaires a connu une hausse de 9,3 %. Mais alors quid de la rentabilité de votre franchise actuelle ou future ? Une question à élucider très vite. Car en matière de rentabilité de leur concept pour leurs franchisé.es, peu de franchiseurs affichent une vraie transparence. Bon nombre de réseaux ne communique pas à ce sujet.

Connaître les standards du réseau

Le but recherché, en franchise comme partout, est de générer une rentabilité dès lors que l’affaire génère des bénéfices. Ils doivent suffire a minima à rembourser les crédits en cours. Évaluer la rentabilité d’un placement dans le cadre d’un projet d’entreprise en franchise se calcule en prenant en compte le revenu du capital investi (les dividendes) et la variation du capital en lui-même (soit la valorisation de l’affaire). La première composante (les dividendes) définit le rendement. La seconde (la valorisation du fonds de commerce) repose sur la plus-value. L’ensemble définit la rentabilité.

Dit autrement, afin que l’entreprise franchisée soit rentable, il faut qu’elle engendre à la fois du bénéfice et de la plus-value. Pascal H. Lambert, directeur de Franchise Expert, l’exprime en ces termes : « Les perspectives de rentabilité s’articulent autour des standards dudit réseau. Le réseau, disons une enseigne de restauration, fonctionne avec un taux de marge brut, lequel taux doit absorber un certain nombre de charges. Celles-ci sont calées sur des standards. » Schématiquement, dans les franchises de restauration, 30 % du CA doivent payer les achats de produits, 30 % les salaires et les charges du personnel et 30 % les frais généraux (loyers, emprunts, électricité…). Bénéfice dégagé : 10 %. Dans d’autres secteurs d’activité, l’accent portera davantage sur les frais de personnel (50 % du CA dans la coiffure ou l’esthétique).

Le diable est dans les variations

« En règle générale, estime notre expert, avec un bon franchiseur, tout est formaté. Si le franchisé se livre lui-même à des calculs, c’est qu’il peut connaître des variations de niveau d’activité, des variations de coûts ou qu’il dispose d’un emplacement particulièrement coûteux. Il lui faut voir dans quelle mesure cet élément non-standard vient remettre en cause l’ensemble des standards. »

D’un côté, des coûts. De l’autre, du chiffre d’affaires. « Il est important de savoir dans quelle mesure le CA couvre l’ensemble de ces coûts. Quel excédent de CA le dirigeant est-il en mesure de générer pour couvrir les investissements, se rémunérer lui-même et in fine dégager du profit ? » Le.la franchisé.e devra maîtriser une cascade de ratios (valeur ajoutée sur chiffres d’affaires, valeur ajoutée par personne employée, valeur ajoutée par mètre carré…).

La franchise comme une mécanique

Selon plusieurs spécialistes, le principal ratio à prendre en compte est le résultat réalisé par l’entreprise franchisée une fois toutes les charges payées (marchandises, personnels, loyers, emprunts, redevances). Mais la réponse à une autre question centrale s’impose : « Est-ce que dans mon projet, je suis en mesure de dupliquer les standards du réseau ou pas ? Ai-je un potentiel de marché standard ? Est-ce que la mise en œuvre du concept relève du “standard” pour produire des résultats “standards” ? » Si je suis bien formé.e et que j’ai bien compris que je suis investi.e en tant que franchisé.e, je vais reproduire strictement un modèle. Tout cela s’inscrit dans une mécanique de la franchise. « Si la personne considère que son avenir est incertain, il est alors fort conseillé qu’elle change de projet et de réseau », conseille Pascal Lambert.

Jonathan Nahmany

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