En général, choisir sa franchise coule de source : prolongation de votre activité, affinité élective, opportunité… Mais pour certain/es, tout reste ouvert. Auquel cas, un seul conseil : l’intérêt pour le secteur doit rester le premier critère de sélection d’une franchise. Mais même si vous êtes un fondu de saut à la perche, il n’est pas certain qu’une franchise de perches garantisse la réussite. Ce qui est essentiel, c’est l’énergie du saut…

Lassé/e d’être instituteur/trice, aide-soignant/e ou… journaliste ? Vous disposez des fonds, aimez la vente et le contact client ? La franchise s’ouvre à vos perspectives. Les 78 218 franchisés qui ont généré un chiffre d’affaires total de 67,8 milliards d’euros en 2019 ont de quoi rassurer les indécis. Indécision qui pourrait porter aussi sur le secteur, le service, le produit. Quelques repères psycho-réalistes pour limiter les pistes.

Miser sur la simplicité…

Une chaîne de restaurants, un fleuriste, un marchand de vins, du service à la personne, automobile, téléphonie… le choix est vaste, parfois trop, pour qui ne vient pas de ces métiers. Alors, quitte à se lancer dans une franchise, choisir la plus rentable possible ? « Je ne pense pas qu’il faille poser cette question en ces termes. Ce qui semble évident, c’est que se lancer par exemple dans le chocolat ou le prêt-à-porter est plus simple que de s’aventurer dans la réparation automobile si l’on ne sait pas ouvrir le capot d’une voiture. En choisissant la vente de produits très “marquetés”, simples, si l’on est encadré/e par un réseau très bien organisé, on se facilite la vie », conseille la sage Rose-Marie Moins, directrice Développement, Animation et Promotion pour la Fédération française de la franchise. Mais comment distingue-t-on une franchise simple d’une franchise compliquée ? « Il existe un très bon indicateur du degré de difficulté d’une franchise, c’est la durée de la formation », répond notre développeuse. Une formation de 7 ou 8 mois sous-tend que le franchisé à beaucoup à apprendre et à maîtriser. Une formation de trois jours suppose un apprentissage simple et rapide. Trop, sans doute. « Au franchisé de s’interroger sur l’intérêt d’investir 25 000 euros dans une franchise qui s’apprend en trois jours. Peut-être vaut-il mieux alors qu’il se lance seul », souligne à juste titre la spécialiste.

… mais surtout, s’écouter

« Au-delà de toute question de mode, de gains potentiels, etc., le candidat doit choisir un thème qui lui plaît, où il est susceptible de s’épanouir, sans quoi, l’échec est inéluctable », milite Michel Kahn, consultant et président de l’Iref (Fédération européenne des réseaux de franchise et de partenariat). Les candidats, dit-il, doivent choisir leur domaine en fonction de leurs affinités et s’assurer que la tête de réseau est bien là pour les faire réussir. « Chaque domaine de la franchise est différent et rentable si l’on travaille efficacement. Actuellement, parmi les grandes tendances, figurent les services à la personne, la restauration à thème et/ou rapide et les services aux entreprises. Je suis plus réservé sur le “retail” où les emplacements dans les centres des grandes villes sont très chers », analyse Michel Kahn. « J’attire également l’attention sur les concepts novateurs, comme les services numériques. Dans la franchise, la capacité de se différencier de la concurrence constitue un atout majeur. Bien sûr, les domaines classiques comme l’optique ou la coiffure continuent à bien fonctionner, mais les bons emplacements sont rares et chers, et la concurrence, vive. » Réussir est enfin une question d’argent. « Le candidat doit prévoir en plus de son financement global un montant BFR qui devrait couvrir en moyenne ses 3-6 premiers mois de fonctionnement, selon les secteurs, les concepts et les projets. Les réseaux bien organisés savent donner ces informations avec précision à leurs candidats. »

La « silver économie », un potentiel en or

Les deux experts recommandent des franchises dynamiques avec une tête de réseau bien organisée, qui correspondent aux centres d’intérêt du candidat et à ses compétences. « Il est impossible d’ouvrir une boutique dans l’optique si l’on n’est pas opticien. De même, tenir un restaurant ne s’improvise pas », rappelle au nom du bon sens Nicolas Balaÿ, propriétaire de plusieurs franchises Alain Afflelou Opticiens et Acousticiens dans la région Rhône-Alpes : « Quel que soit le secteur, des compétences en commerce et finance sont indispensables pour commencer à faire à tourner une affaire. » Parmi les domaines cités par Michel Kahn, celui des services à la personne garde clairement le vent en poupe. Pour des « franchisables » sans idée préconçue, le secteur rassemble plusieurs atouts : pas de métier préalable requis, une grosse demande, un intérêt humain, une rentabilité plus que probable si les nouveaux créateurs de services travaillent avec rigueur et méthode. Les économistes reconnaissent d’ailleurs que l’expansion de la silver économie est partie pour durer. En France, plus d’une personne sur trois aura plus de 60 ans en 2050 selon l’Insee, soit plus de 23 millions de personnes contre 15 millions aujourd’hui. Une population qui aura l’avantage de se montrer plus agile que ses prédécesseurs aux technologies et plus habituée à dépenser pour se distraire. Conseil absolu de Rose-Marie Moins : « La franchise miracle n’existe pas. S’il est vrai que des franchises demandent plus de travail que d’autres, la réussite d’un projet ne tombe pas du ciel. Quelle que soit la franchise, il faut s’y impliquer à fond. » C’est sans doute le plus précieux conseil…

Pierre-Jean Lepagnot

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