Choisir le bon réseau et monter un projet solide, deux montagnes à gravir pour l’entrepreneur, qui ne doit pas se sentir protégé parce qu’il est franchisé. Se faire accompagner par moments est presque devenu incontournable.

"J'ai l'impression que je ne dois pas faire d'erreur en rédigeant ce contrat"
“J’ai l’impression que je ne dois pas faire d’erreur en rédigeant ce contrat”

Les avantages de la franchise commencent à être connus des entrepreneurs. Tout en restant juridiquement indépendants, ceux-ci bénéficient de la notoriété et des bonnes pratiques de l’enseigne. Ces dernières sont nombreuses, allant de la gestion commerciale à la formation en passant par la mutualisation des ressources entre franchisés pour la R&D. Tous ces avantages ne vont pas sans contreparties et contraintes, ce qui a tendance à moins être connu. Pour éviter les mauvaises surprises, quelques passages obligés existent.

1. Sélectionner le bon réseau

Etape fondamentale, choisir le bon réseau. Le qualificatif est subjectif : un bon nombre de facteur dépendent de votre personnalité. Le choix doit se faire en fonction de votre profil et de vos motivations, pour permettre de valoriser au mieux possible vos compétences d’entrepreneur. L’introspection est dès lors de rigueur : quelles sont vos qualités en tant qu’entrepreneur ? Êtes-vous bon gestionnaire, bon commerçant ? Certains secteurs d’activité vous attirent-ils plus que d’autres ? Quels sont vos objectifs ?

Ceci fait, vous pourrez vous consacrer au choix de votre future enseigne. Avec plus de 1500 franchises dans l’Hexagone, les offres ne manquent pas ! Pour y voir plus clair, vous pouvez visiter les différents salons dédiés (Franchise Expo Paris, Top Franchise Méditerranée…), et explorer les sites web des diverses associations (Fédération Française de la Franchise, Observatoire de la Franchise…), qui contiennent toutes des annuaires. Ne soyez pas restrictifs trop tôt dans vos sélections !

Outre les critères subjectifs préalablement cités, un bon réseau doit vous satisfaire sur les points suivants : la qualité des produits et des services vendus, la rentabilité des franchisés, la différenciation et l’originalité du concept, la qualité de la formation initiale et de la formation continue, le contrôle du respect du savoir-faire, l’innovation régulière du franchiseur, la communication interne/externe dans le réseau, l’animation des franchisés, et le leadership du franchiseur. La liste semble longue, mais au final, vous aurez une bonne idée de ce qui vous attend si vous vous engagez.

Pour obtenir tous ces renseignements, plusieurs sources sont disponibles : les associations précitées, les franchises elle-même, à travers le DIP (Document d’Information Précontractuelle) qu’elle doit fournir à ses futurs franchisés au moins 20 jours avant la signature du contrat, et surtout les franchisés mêmes, qui restent votre meilleure option. Choisissez, tant qu’à faire, des interlocuteurs présentant le plus de similarités avec votre projet, la rencontre n’en sera que plus informative. Après tout cela, et votre choix fait – et si vous êtes sélectionnés -, il vous reste une dernière précaution à prendre avec votre enseigne : étudiez, au besoin avec l’aide d’un expert, le contrat. Des points comme l’exclusivité territoriale, le règlement des litiges, la durée, les clauses de sorties ont un impact majeur sur l’avenir de votre projet.

2. Monter un dossier solide

Tout ceci ne constitue que la moitié du chemin. En un sens, le plus dur reste à faire : créer votre commerce. Et cela commence, comme toujours, par la localisation. Certains franchiseurs peuvent vous aider : ils disposent d’équipes qui identifient et préemptent les emplacements appropriés à leur activité. Mais une étude de marché est indispensable – et les éléments fournis par le franchiseur ne sont pas toujours suffisants pour avoir l’information nécessaire : zone de chalandise, population, pouvoir d’achat, présence de concurrents, état du marché immobilier – un facteur important car les loyers sont en forte augmentation ces dernières années… Les chambres de commerce et d’industrie pourront fournir une bonne partie de ces renseignements. Mais là encore, recourir à des professionnels peut s’avérer nécessaire.

Dernier élément indispensable, qui va de pair avec la démarche précédente : avoir un financement solide. Les dépenses sont nombreuses, au premier rang desquelles sont l’investissement immobilier, l’aménagement, le budget de départ, et les droits d’entrées et royalties dus au franchiseur pour les services rendus (droit d’usage de la marque, formation, communication…) Avoir une idée réaliste de son retour sur investissement, ainsi que des ressources que vous y consacrerez, vous évitera les mauvaises surprises. Réalisez vous-même l’étude, là encore avec l’aide d’un expert, et demandez au franchiseur de vous fournir les renseignements nécessaires. La plupart sont dans le DIF.

Enfin, dernier écueil à éviter après tout ce chemin parcouru : l’éloignement du concept. Être franchisé, c’est faire partie d’une enseigne, qui a une stratégie et un développement propre. Cela signifie appliquer les méthodes, en un mot garder l’identité de l’enseigne à travers ses évolutions. Il est très facile de se laisser emporter par le quotidien et de s’égarer petit à petit. Il appartient au franchiseur comme au franchisé de garder le contact et une certaine communauté d’esprit.

Article réalisé par Jean-Marie Benoist

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here