Du confinement à la réouverture

La quasi-totalité des franchises se sont retrouvées sans chiffre d’affaires et ont subi de plein fouet les effets économiques dévastateurs de l’épidémie du coronavirus. À l’image du secteur de la restauration, durement éprouvé.

Dimanche 14 juin 2020. Fernand, la cinquantaine, qui gère une franchise d’une enseigne de restauration, figure parmi les 24 millions de téléspectateurs qui écoutent l’allocution du Président de la République. Réouverture maintenant ou le 22 juin ? Maintenant. Soulagement. Ses confrères.soeurs et lui entrevoient la sortie d’un tunnel angoissant de presque trois mois.

Selon une récente enquête sur la reprise post-confinement menée par la Fédération française de la franchise, 68,5 % des personnes interrogées pensent survivre à la crise, 29,6 %, non.

L’électrochoc, mi-mars, a engendré une bonne semaine de « sidération ». Objectif des réseaux : passer la vague du tsunami pandémique.

« Dans une certaine urgence, le franchiseur a mis en œuvre les outils d’accompagnement spécifiques pour les membres de son réseau », confirme Laurent Delafontaine, cofondateur du cabinet conseil spécialisé en franchises, Axe Réseaux, et chroniqueur de Franchise & Concept(s). Dispositifs d’organisation de la structure humaine, les demandes de chômage partiel, la relation avec les fournisseurs (mise en stand-by de certaines commandes) ou encore la réduction immédiate des charges variables (logiciels de caisses…).

Des dispositifs d’accompagnement multiples

Les franchiseurs n’ont pour la plupart pas été en reste pour l’obtention du PGE (prêt de garanti par l’État) en ouvrant à la disposition du franchisé une cellule dédiée. « Un dispositif très apprécié », relève l’expert. « En définitive, le franchiseur a répercuté de façon optimale le mode d’emploi des mesures gouvernementales sans jamais placer le franchisé dans une situation à risques. »

S’ouvre alors une période longue et incertaine. « Les restaurants “assis” avaient obligation de fermer. Mais le décret stipulait que les établissements capables de vendre à l’emporté pouvaient ouvrir. Ce qui n’a pas convaincu certains, soucieux de ne pas exposer leurs personnels. »

En ces temps de covid-19, un franchisé est-il davantage enclin à souffrir économiquement qu’un indépendant ? « Non je n’y crois pas, répond spontanément Laurent Delafontaine. Malgré la baisse vertigineuse des chiffres d’affaires enregistrée pendant près de trois mois, un franchisé comme Fernand dispose d’un avantage de taille : l’aura de l’enseigne apposée au-dessus de son restaurant. Ce dont ne bénéficie pas un restaurateur indépendant. Ni des moyens publicitaires d’un grand groupe. L’indépendant, contrairement au franchisé, aura beaucoup plus de mal à redémarrer. »

Notoriété, savoir-faire, accompagnement tous azimuts : le franchisé est de fait moins fragilisé. « Nombre d’indépendants n’ont pas su, osé ou souhaité entreprendre les démarches du PGE ». Le réseau jouit donc de son effet. « Mais il est certain que bon nombre de restaurateurs vont réaliser une année blanche sur le plan financier, sans réaliser de bénéfices. il s’agit d’un perte comptable. Le PGE est destiné à absorber le trou de trésorerie. Ceux qui étaient purement en restauration “assis” devraient perdre en 30 à 50 % de leur CA annuel. On assiste et on va assister à des campagnes publicitaires incitant le consommateur à retourner au restaurant. le déplafonnement par l’État des tickets-restaurants (à 38 euros) participe également à cet effort », résume Laurent Delafontaine. La franchise a encore une fois prouvé son efficacité.

Jonathan Nahmany

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