Meilleur ciblage local et relation client, métiers qui plaisent aux cadres en reconversion, activités inédites. Les services aux entreprises se réveillent…

Un nouveau réseau BtoB en gestation…
Un nouveau réseau BtoB en gestation…

Le rapport de l’INSEE publié en 2015 qui analyse les chiffres de 2013 recense 24 000 entreprises qui concentreraient deux tiers de la valeur ajoutée de l’économie en France. Les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers comptent 3,4 millions d’entreprises. Ajoutez à ce chiffre les 4 200 entreprises de 250 salariés ou plus et les 3,3 millions d’entreprises de moins de 10 salariés – dont un million de micro-entrepreneurs et micro-entreprises au sens fiscal. Un marché juteux pour la franchise. Analyse.

La franchise B to B reste dynamique

Plantons le décor. En 2008, la FFF (Fédération française de la franchise) recensait dans sa photographie annuelle 59 réseaux dont le cœur d’activité était spécialisé dans le service aux entreprises. En 2015, l’étude nationale en comptait 114. « C’est presque un doublement en 10 ans. Cela dénote d’une vraie progression, même si en matière de réseaux et de franchisés, la proportion reste modeste. Cela représente 3% des franchisés, 6% du total des réseaux et 112 millions sur 54 milliards de CA en 2015 », analyse Rose-Marie Moins, formatrice et experte à la FFF. Le service aux entreprises n’est donc pas nouveau. Les secteurs clés, qui regroupent un maximum d’enseignes et de franchisés, sont également des secteurs historiques. L’essentiel des forces se concentre dans les activités de recrutement, d’emploi temporaire, de communication, de vente de consommables (Cartridge World) et de fournitures, de multi services (Mail Boxes…) et de services financiers tels que ceux de courtage ou de financement en BFR (Access Crédits Pro, ACE Crédit, Albatre Courtage, AS du Grand Lyon…). Par exemple, en 2015, les six réseaux de travail temporaire ont enregistré 11 % de croissance en franchise (de 177 à 197 agences). Historique franchise de l’intérim, Temporis, en activité depuis 2000, est passée de 106 à 117 unités franchisées et poursuit son développement. Lancés en 2014, Vitalis Médical (groupe Alphyr), Aquila RH (généraliste) et Lynx RH ont toutes enregistrées de nombreuses ouvertures en 2015. « C’est un secteur qui a vu se développer 15 nouveaux réseaux en trois ans. Par rapport aux autres secteurs d’activité, c’est l’un des rares à progresser autant. Presque autant que la restauration assise, qui enregistre les plus fortes progressions », note à titre comparatif Laurent Delafontaine, fondateur et dirigent du cabinet conseil Axe Réseaux. Viennent ensuite avec une moindre importance, les créneaux de la formation, de l’informatique, de l’immobilier d’entreprise.

« Nous observons également de nouvelles tendances : d’une part une montée en puissance du numérique avec de nouveaux réseaux proposant leurs services dans le marketing digital et les solutions web. Et d’autre part, des réseaux qui se développent dans des activités d’ultra niche, comme la maintenance de haillon hydro-élévateur ou encore le remplacement de gardiens d’immeuble (Planète Gardiens) », complète l’experte de la FFF. Entre-autres activités de niche, le réseau Hydrotech s’est spécialisé dans la recherche de fuite d’eau non destructive en franchise et propose ses service aux PME, ETI et grands groupes qui possèdent des parcs immobiliers ; Ankaa Engineering se développe dans l’expertise IT ou encore Hygis propose le nettoyage des hottes et des VMC ; A4 Traduction, comme son nom l’indique, vend des solutions de recours aux interprètes.

« L’histoire de la franchise en France est très axée retail et restauration. Le service aux entreprises qui représente 80% de notre activité nous vient des pays anglo-saxons où le phénomène en franchise est bien plus fort », explique Lionel Dindjian, DG France de Mail Boxes Etc. dont le maillage reste modeste mais dynamique en France en comparaison de son réseau global comptant 1500 centres dans le monde.

Retour aux fondamentaux et proximité avec la clientèle

Dans ce secteur la « recette » de la franchise fait son petit effet et rencontre un succès grâce à ses points forts et ses fondamentaux : structuration du service, modèle éprouvé, technique, approche, cohérence identique… Une manière de rassurer les entreprises sur un savoir-faire et sur une marque dans un contexte où ces dernières cherchent à se concentrer à nouveau sur leur métier de base en externalisant certaines fonctions ou services. Coté recrutement de franchisés, la conjoncture met sur le marché de l’emploi davantage de cadres. Et ces derniers, nombreux à songer à ce modèle d’après le portrait-robot du franchisé, sont bien plus intéressés à investir la franchise en B to B qu’en B to C – leur background leur conférant de fait des prédispositions pour dialoguer avec TPE et PME. Caractéristique appréciée des têtes de réseaux.

Cela dit, la franchise ne plait pas seulement pour son modèle d’affaires. Elle se développe aussi dans le service aux entreprises parce qu’elle permet à une enseigne de répondre à un maillage serré et à une exigence de proximité avec la clientèle d’entreprise. La franchise permet à ces cadres en reconversion et aux réseaux de prospecter le tissu local de TPE et PME sur un territoire défini. « Le modèle de la franchise apporte de la proximité directe avec les acteurs économiques dans lequel le franchisé exerce. Le client professionnel sera non seulement rassuré par la marque, sa visibilité et la puissance du réseau, mais aussi par la proximité du franchisé. A ce titre, l’entreprise LDLC, historiquement sur Internet, a prolongé son système de développement via la franchise pour être au plus proche des consommateurs », illustre Laurent Delafontaine.

Geoffroy Framery

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